17/10/2015 Paris : Pour la paix au Moyen-Orient et un avenir humain pour la France

Article  •  Publié sur Souria Houria le 8 octobre 2015

Pascal BEAUDET, maire d’Aubervilliers et la municipalité,

Jack RALITE, maire honoraire,

vous invitent à un grand rendez-vous

pour la paix au Moyen-Orient

et un avenir humain pour la France

le samedi 17 octobre 2015 à 19 heures

à l’Embarcadère, rue Edouard Poisson

avec

LEILA SHAHID, ancienne ambassadrice de Palestine en Europe

EDWY PLENEL, directeur de Médiapart

Réservations : mairie d’Aubervilliers – relations publiques – 01 48 39 52 21

Aujourd’hui que de fois en arrivant au travail ou en allant faire des courses, à la première rencontre avec un collègue ou une ménagère, qu’entendons-nous ? : « Vous avez vu à la télé hier soir c’est terrible au Moyen-Orient, la Syrie martyrisée dans ses citoyens et ses monuments comme à Palmyre, la Palestine oubliée, l’Irak désarticulé. Tous les jours des morts, de la torture, des décapitations. Daech rêve d’un « monument de sang », c’est le chaos.

Mais ici en France, vous avez vu aussi tous ces réfugiés, le chômage qui s’éternise et la pauvreté qui se répand, et tant et tant d’autres choses qui vont mal (entreprises qui ferment, paysans en colère, enseignants revendicatifs).

Comment ne pas comprendre le mécontentement généralisé, l’angoisse, la peur, malheureusement un certain renoncement. On est comme dans une impasse où notre belle histoire s’efface, c’est la catastrophe.

 

Un ébranlement des sociétés

Là-bas comme ici, dans toute l’Europe et au-delà, nous sommes confrontés à un véritable ébranlement des sociétés. Partout, se fissurent, se fracturent les contrats sociaux en usage. La grande question du mode de cohésion de nos sociétés dans leur diversité est à l’ordre du jour. Le monde entier est victime. Les repères simples qui permettaient aux identités collectives de se situer disparaissent. Aragon dans « La Mise à Mort » fait dire à son personnage central : « Quel désordre mon Dieu, quel désordre ! Il n’y a pas que moi qui aie perdu son image. Tout un siècle ne peut plus comparer son âge à ce qu’il voit et nous comptons par millions qui sommes les enfants égarés de l’immense divorce » de la société d’en haut, comme on dit, avec la société d’en bas, comme on dit aussi.

Julien Gracq lui répondait en lui offrant des mots qui sont comme des « coups d’archers sur l’imagination ».

Oui, il y a une accumulation de malheurs, mais il y a aussi apparition de faits nouveaux comme les technologies numériques, la mondialisation, le grand retournement de l’histoire en 1975 dans le monde avec l’avènement de la financiarisation de toutes choses et ses conséquences : Tout s’achète et se vend et produit des déchets matériaux et moraux. Tout cela réclame des mesures nouvelles correspondant avec de nouveaux commencements.

 

En finir avec la « SENSURE » et la « CASTRATION MENTALE »

Comment ne pas comprendre que devant de tels bouleversements les mentalités n’opèrent pas aussi vite que les changements dont elles sont pourtant les auteurs. Souvent, très souvent, les humains utilisent pour aborder le présent-avenir des voies cérébrales d’hier et produisent des décombres qui ne sont pas que des pierres, mais aussi des valeurs humaines et populaires.

Bernard Noël a pu dire que notre pays -c’est valable pour le monde entier- était dorénavant par des chemins invisibles, frappé par la « SENSURE » et la « CASTRATION MENTALE » au point de faire douter certains citoyens de la possibilité d’une alternative. Bref cela conduit à un monde où tout changement serait impossible et qui devrait rester pour cela immobile. Oui c’est un travail inouï qui va jusqu’à l’intime.

Au Moyen-Orient l’accord des américains et de l’Iran est un levier qui peut produire du changement. Le bouger des américains et des russes en Syrie peuvent ouvrir une perspective chassant Bachar el Assad et préparant une solution politique. Les citoyens allemands applaudissant les réfugiés est un pas capital, un marqueur de société. Ces faits commencent à boucher le trou noir de la question sans réponse de la paix au Moyen-Orient.

 

Le travail malade du management mutile tous ses salariés

En Europe qui se délabre, le peuple grec a mis à mal des certitudes. En Espagne Podemos a remporté aux élections les villes de Barcelone et de Madrid. En France la société riche d’un immense mouvement associatif commence à récuser la démocratie du marché. Toujours en France, un paysan vient de remporter pour la première fois le procès qui l’opposait à Monsanto, le mouvement des éleveurs de porcs et des fournisseurs de lait combattent la dérégulation du marché de ces produits en Europe et demandent une régulation. Des salariés créent leurs coopératives comme les anciens de Fralib ou de Pilpa. Le changement du barrage de Sievens pour l’eau. La mise en place d’une banque commune pour le développement par le Brésil, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud. Les mouvements nouveaux autour de J. Corbyn en Angleterre et de B. Sanders aux USA. Le Pape suivi par l’Eglise de France appelant chaque paroisse à recueillir une famille réfugiée. En même temps des recherches apparaissent et gagnent une audience sur le drame du travail qui aujourd’hui est malade du management et mutile ses salariés de l’ouvrier au cadre. Il y a un vrai mouvement contre la corruption. Des artistes de plus en plus nombreux s’élèvent contre la disette financière qui leur est imposée. S’expérimentent ici ou là de nombreux processus favorisant une économie durable et conduisant à ce qu’il faut appeler une dissidence économique.

Ces revendications, ces projets petits ou grands méritent l’attention de la société et montrent qu’il est possible chez nous de refuser l’obéissance et la fatalité. Un grand pas sera fait quand la revendication d’un « singulier-collectif » sera devenue générale.

 

Leïla Shahid et Edwy Plenel viennent rencontrer les albertivillariens

Deux voix bien connues en France et qui malgré les aléas de l’histoire sont restées fidèles à leur élan d’énergie démocratique viennent rencontrer les habitants d’Aubervilliers.

LEILA SHAHID, ancienne ambassadrice de Palestine en Europe après l’avoir été dans notre pays. C’est une femme courageuse, d’une grande intelligence pour analyser les situations les plus complexes, c’est une politique d’envergure qui ne veut ni un mur entre la Palestine et Israël, ni de barbelés autour de la Hongrie nationaliste. Elle est une femme qui entend l’émotion, le tremblement et l’inattendu dans la vie. Elle ajoute toujours à toute revendication la nécessité que sa satisfaction soit équitable.

EDWY PLENEL est un journaliste d’exception. A la tête de l’équipe de Médiapart, il se livre à une investigation profonde de tous les faits, méfaits et forfaits du monde financiarisé. Il a dévoilé les corruptions, les lobbies, l’autocensure et les scandales. Son journal de la parole ouvre des voies nouvelles à la justice sociale face aux mirages du marché total.

L’une et l’autre sont des combattants de la pensée, du droit à l’existence et de la liberté. Ils ont comme morale cette définition de la poésie par Saint-John Perse : C’est « le luxe de l’inaccoutumance, seule l’inertie est menaçante ».

Ils ont le sourire de la véritable espérance. Ce sont des civilisateurs.

 

Un bouquet de pensées constructives

Predrag Matvejevic : « Nous avons tous un héritage et nous devons le défendre, mais dans un même mouvement nous devons nous en défendre, autrement, nous aurions des retards d’avenir, nous serions inaccomplis ».

Georges Balandier : « Nous sommes dans l’obligation de civiliser les nouveaux nouveaux mondes issus de l’œuvre civilisatrice ».

Jean-Pierre Vernant : « Pas d’hommes sans outillage, mais pas d’hommes non plus à côté des outils et techniques sans langage ».

Bruno Trentin : « La question de la liberté dans le travail devient la question de la liberté tout court ».

Ce bouquet de pensées constructives deviendra réalité quand autour de lui les citoyens de ce pays auront su construire un rassemblement durable autour de ce nouvel « en-commun ».