La Dame de Damas est un poème de Jean-Pierre Filiu Mis en musique par Catherine Vincent Merci à tous les participants et vive la Syrie libre !
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La Dame de Damas
Je suis né sous le père, j’ai grandi sous le fils J’ai dû chanter leur gloire, j’ai enduré leurs vices Jamais de jamais je n’aurais cru voir leur fin Jamais de jamais je n’aurais cru vivre enfin Ce fut une longue nuit, longue de quarante ans Ce fut l’ère du mensonge, le règne des brigands J’ai perdu mes amis, j’ai langui mes parents J’ai ruminé ma peine, j’ai enterré l’instant
La dame de Damas s’est levée ce matin Liberté dans les cœurs, aube à portée de main
Ce ne sont pas des lions, ce ne sont que des chiens Aboyeurs enragés, ivres de leur venin La Syrie leur est due et nous sommes leurs serfs Un pays aux Assad, et pour nous la misère Nous n’étions que deux cents quand le mur est tombé Le mur de cette peur longtemps accumulée Un cri de nos poitrines en écho a vibré Nous ne voulons que Dieu, Syrie et liberté
La dame de Damas s’est levée ce matin Liberté dans les cœurs, aube à portée de main
C’était au mois de mars, deux mille onze est l’année Nous n’étions que deux cents, sur nous ils ont tiré Cette armée surarmée ne sait qu’est la pitié D’un vendredi à l’autre nous devînmes des milliers Il portait un couffin vers la ville assiégée Les marches étaient de paix en rameaux d’oliviers Il n’avait que treize ans, ils l’ont défiguré Hamza est son prénom de toute éternité La dame de Damas s’est levée ce matin Liberté dans les cœurs, aube à portée de main
C’est une guerre civile, martelait le tyran De sa voix haut perchée de bourreau négligent Le concert des nations endossa le postiche Remplissez les charniers, on ne prête qu’aux riches Les mots pâlissent face à ce fracas d’horreur Carnages et maisonnées emportées avant l’heure Gare aux dénonciateurs frémit chaque Syrien Les fantômes torturent au nom d’Assad ou rien
La dame de Damas s’est levée ce matin Liberté dans les cœurs, aube à portée de main
Abandonnés du monde, nos larmes étaient de sang Toujours porter le deuil, râles jetés au vent Pourtant oui tenir bon, résister résister Peu à peu progresser, et l’étau desserrer Mais tout a une fin, même la barbarie Nous en tremblons le jour, nous en rêvons la nuit Dans leur haine sans fond, ils veulent nous plonger Nous serons plus forts qu’eux, nous saurons pardonner
La dame de Damas s’est levée ce matin Liberté dans les cœurs, aube à portée de main
Cette dame je la chante, c’est la Révolution Sur les murs de Syrie j’écris partout son nom
