L’ONU impuissante, pathétique
Les « bonnes feuilles », que les éditions Futuropolis nous ont aimablement autorisé à reproduire, montrent en particulier un entretien par Skype entre un jeune activiste de Daraya et un représentant de l’ONU qu’il avait rencontré lors d’une mission dans le quartier au début des événements. Ce représentant de l’ONU se révèlera dans le récit à l’image de son organisation, impuissante et pathétique, voire cynique. Après avoir refermé « La Dame de Damas », je suis tombé sur le passionnant entretien accordé au site OrientXXI par Lakhdar Brahimi, l’ex-diplomate algérien qui fut l’émissaire de l’ONU en Syrie, d’août 2012 à mai 2014, et qui confie honnêtement :« Nous nous sommes trompés. Tout le monde s’est trompé lamentablement à chaque fois, pas seulement en Syrie. »
« On peut mourir en silence, hein ? »
Avec des dessins d’un réalisme surprenant et des dialogues au plus juste, « La Dame de Damas » permet de comprendre l’engrenage fatal qui s’est joué en Syrie, la brutalité du régime, la naïveté, sans doute, des premiers révolutionnaires, la radicalisation, le poids des réseaux humains, familiaux. Et la trahison de la communauté internationale qui fait dire à Karim, l’un des jeunes héros de l’histoire, lors de son échange avec le représentant de l’ONU :« En attendant qu’Obama et Poutine tombent d’accord, on peut mourir en silence, hein ? »Hélas, oui. source : http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2015/08/20/exraits-dame-damas-revolution-syrienne-bd-260848 date : 20/08/2015
Extrait de « La Dame de Damas », de Jean-Pierre Filiu et Cyrille Pomès, éd. Futuropolis, août 2015

