Voilà que la Syrie s’invite à nouveau au menu des urgences politiques. Cette fois-ci sous la forme d’un afflux de migrants qui met sous tension nos capacités européennes d’accueil et relance les tentations protectionnistes d’une frange importante de notre opinion publique. Crise des migrants, dites-vous ? On pourra me reprocher de sombrer dans le cynisme, mais je trouve surprenant que la photo d’un enfant ait changé notre perception de la région, et même notre politique dans la région. Car des enfants, des dizaines, sinon des centaines, sont morts en Méditerranée au cours du dernier été seulement. Et des dizaines de milliers ont trouvé la mort depuis qu’a éclaté la révolution syrienne au printemps 2011. Des photos d’enfants morts, cela fait des années que mes réseaux sociaux en sont pleins, depuis les gamins gazés de la Ghouta jusqu’aux petits anges démembrés surpris dans leur sommeil par une bombe-baril.
Qu’importe. La France prend conscience de l’ampleur du drame syrien. Réjouissons-nous en. Et réjouissons-nous aussi de la prise de conscience que le flux migratoire et les drames qui l’accompagnent ne pourront être résolus que par la solution de la crise à la source. La source est en Syrie ? Agissons donc en Syrie !
Ce qui est surprenant dans la décision de François Hollande, c’est la justesse du diagnostic. Bachar Al-Assad, a-t-il rappelé, « c’est lui le responsable de la situation en Syrie. C’est qui, lorsque il y a eu des manifestations, a tiré sur son peuple. C’est lui qui a bombardé des populations civiles. C’est lui qui a utilisé des armes chimiques. C’est lui qui a refusé toute discussion avec ses opposants, quand ils n’étaient pas enfermés ou tués. » De fait, les chiffres du Violation Documentation Center (organisme syrien autrement plus crédible que l’Observatoire des droits de l’homme dont tant de médias se sont entichés) repris par Human Right Watch et la FIDH, rappellent que pour chaque civil tué par l’Etat islamique (EI), sept le sont par le régime. Il ne s’agit pas de minimiser les crimes de masses commis par l’organisation terroriste, simplement de rappeler que le pouvoir en place à Damas (ou ce qu’il en reste : un Etat croupion organisé en mafia et ne devant sa survie qu’à des milices et à des organisations terroristes, dont le Hezbollah libanais) est considérablement plus criminel que l’organisation djihadiste.
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Voilà que la Syrie s’invite à nouveau au menu des urgences politiques. Cette fois-ci sous la forme d’un afflux de migrants qui met sous tension nos capacités européennes d’accueil et relance les tentations protectionnistes d’une frange importante de notre opinion publique. Crise des migrants, dites-vous ? On pourra me reprocher de sombrer dans le cynisme, mais je trouve surprenant que la photo d’un enfant ait changé notre perception de la région, et même notre politique dans la région. Car des enfants, des dizaines, sinon des centaines, sont morts en Méditerranée au cours du dernier été seulement. Et des dizaines de milliers ont trouvé la mort depuis qu’a éclaté la révolution syrienne au printemps 2011. Des photos d’enfants morts, cela fait des années que mes réseaux sociaux en sont pleins, depuis les gamins gazés de la Ghouta jusqu’aux petits anges démembrés surpris dans leur sommeil par une bombe-baril.
Qu’importe. La France prend conscience de l’ampleur du drame syrien. Réjouissons-nous en. Et réjouissons-nous aussi de la prise de conscience que le flux migratoire et les drames qui l’accompagnent ne pourront être résolus que par la solution de la crise à la source. La source est en Syrie ? Agissons donc en Syrie !
Ce qui est surprenant dans la décision de François Hollande, c’est la justesse du diagnostic. Bachar Al-Assad, a-t-il rappelé, « c’est lui le responsable de la situation en Syrie. C’est qui, lorsque il y a eu des manifestations, a tiré sur son peuple. C’est lui qui a bombardé des populations civiles. C’est lui qui a utilisé des armes chimiques. C’est lui qui a refusé toute discussion avec ses opposants, quand ils n’étaient pas enfermés ou tués. » De fait, les chiffres du Violation Documentation Center (organisme syrien autrement plus crédible que l’Observatoire des droits de l’homme dont tant de médias se sont entichés) repris par Human Right Watch et la FIDH, rappellent que pour chaque civil tué par l’Etat islamique (EI), sept le sont par le régime. Il ne s’agit pas de minimiser les crimes de masses commis par l’organisation terroriste, simplement de rappeler que le pouvoir en place à Damas (ou ce qu’il en reste : un Etat croupion organisé en mafia et ne devant sa survie qu’à des milices et à des organisations terroristes, dont le Hezbollah libanais) est considérablement plus criminel que l’organisation djihadiste.
Le drame des migrants est politique, cessons de le voir seulement sous l’angle humanitaire - par Nicolas Hénin
Voilà que la Syrie s’invite à nouveau au menu des urgences politiques. Cette fois-ci sous la forme d’un afflux de migrants qui met sous tension nos capacités européennes d’accueil et relance les tentations protectionnistes d’une frange importante de notre opinion publique. Crise des migrants, dites-vous ? On pourra me reprocher de sombrer dans le cynisme, mais je trouve surprenant que la photo d’un enfant ait changé notre perception de la région, et même notre politique dans la région. Car des enfants, des dizaines, sinon des centaines, sont morts en Méditerranée au cours du dernier été seulement. Et des dizaines de milliers ont trouvé la mort depuis qu’a éclaté la révolution syrienne au printemps 2011. Des photos d’enfants morts, cela fait des années que mes réseaux sociaux en sont pleins, depuis les gamins gazés de la Ghouta jusqu’aux petits anges démembrés surpris dans leur sommeil par une bombe-baril.
Qu’importe. La France prend conscience de l’ampleur du drame syrien. Réjouissons-nous en. Et réjouissons-nous aussi de la prise de conscience que le flux migratoire et les drames qui l’accompagnent ne pourront être résolus que par la solution de la crise à la source. La source est en Syrie ? Agissons donc en Syrie !
Ce qui est surprenant dans la décision de François Hollande, c’est la justesse du diagnostic. Bachar Al-Assad, a-t-il rappelé, « c’est lui le responsable de la situation en Syrie. C’est qui, lorsque il y a eu des manifestations, a tiré sur son peuple. C’est lui qui a bombardé des populations civiles. C’est lui qui a utilisé des armes chimiques. C’est lui qui a refusé toute discussion avec ses opposants, quand ils n’étaient pas enfermés ou tués. » De fait, les chiffres du Violation Documentation Center (organisme syrien autrement plus crédible que l’Observatoire des droits de l’homme dont tant de médias se sont entichés) repris par Human Right Watch et la FIDH, rappellent que pour chaque civil tué par l’Etat islamique (EI), sept le sont par le régime. Il ne s’agit pas de minimiser les crimes de masses commis par l’organisation terroriste, simplement de rappeler que le pouvoir en place à Damas (ou ce qu’il en reste : un Etat croupion organisé en mafia et ne devant sa survie qu’à des milices et à des organisations terroristes, dont le Hezbollah libanais) est considérablement plus criminel que l’organisation djihadiste.
