Un groupe d'enfants dans le camp de réfugiés d'al-Zaatri, en Jordanie, proche de la frontière syrienne. Crédits photo : MUHAMMAD HAMED/REUTERS
Intervenir en Syrie est une négociation de tous les jours. Comme quasiment toutes les autres ONG occidentales, la présence de Médecins sans frontières n'est pas autorisée par le régime en place. Chaque jour, il faut composer avec les contraintes qu'impose le gouvernement pour intervenir sur les zones qu'il contrôle encore. «Et négocier, pas à pas, pour franchir les lignes de front et accéder aux zones rebelles. De nombreuses régions du pays demeurent innaccessibles, la population se meurt faute de soins et d'aide. C'est une véritable catastrophe humanitaire», s'indigne Audrey Landmann, responsable des opérations en Syrie et tout juste de retour de la région d'Idlib, au Nord.
Une situation humanitaire intolérable qui tue presque autant que les bombes. Face à cette situation, l'aide internationale apparaît dérisoire, paralysée par l'insécurité mais aussi le positionnement politique et les pesanteurs bureaucratiques des bailleurs de fonds. L'ONG lance d'ailleurs un nouvel appel aux dons, à quelques jours de l'anniversaire des deux ans de la révolution syrienne. Réunis au Koweït à la fin du mois de janvier dernier, une soixantaine de pays ont promis plus de 1,5 milliard de dollars d'aide humanitaire à destination de la population syrienne. «Cela ne suffira pas à combler la situation de crise humanitaire actuelle. Il faut faire plus, beaucoup plus», lâche enfin Audrey Landmann. «Il faut que les pays donnent de l'argent, mais surtout qu'on arrête avec toute cette hypocrisie. Les pays frontaliers de la Syrie tolèrent la présence d'ONG et le passage régulier d'aide humanitaire, mais aucun n'est prêt à reconnaître officiellement cette aide. Pourtant, ce geste faciliterait le travail des ONG et permettrait l'acheminement de moyens plus importants pour palier à l'absence de structures médicales dans certaines zones», explique encore la jeune femme.
Avant la guerre, le système de santé en Syrie était très performant. Le pays disposait de médecins bien formés ainsi que d'unités de production de médicaments. Mais aujourd'hui, toutes les institutions se sont effondrées, les médicaments viennent à manquer, ou sont devenus trop chers pour la plupart des syriens. «La médecine est utilisée comme une véritable arme de persécution et de répression par le pouvoir en place», affirme Marie-Pierre Allié, la présidente de MSF. Des maladies courantes, et que l'on soigne en principe facilement prennent aujourd'hui une ampleur dramatique. «Aujourd'hui, la dose d'insuline s'achète à plus de 30 dollars. Peu de malades ont les moyens de se soigner. J'ai vu arriver dans notre hôpital en Syrie plusieurs patients diabétiques, le pied nécrosé qui n'arrivaient plus à réguler leur diabéte. On a dû amputer» constate MSF.
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Les obstacles à l'aide humanitaire en Syrie - par Edith Bouvier
L'ONG Médecins sans frontières, présente en Syrie depuis plus d'un an, lance un cri d'alarme. Il faut au plus vite parvenir à un accord politique pour faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire. MSF renvoie dos à dos le régime de Bachar el-Assad qui bloque l'accès à certaines zones ainsi que les institutions et les pays voisins pour leur manque de courage politique.
Un groupe d'enfants dans le camp de réfugiés d'al-Zaatri, en Jordanie, proche de la frontière syrienne. Crédits photo : MUHAMMAD HAMED/REUTERS
Intervenir en Syrie est une négociation de tous les jours. Comme quasiment toutes les autres ONG occidentales, la présence de Médecins sans frontières n'est pas autorisée par le régime en place. Chaque jour, il faut composer avec les contraintes qu'impose le gouvernement pour intervenir sur les zones qu'il contrôle encore. «Et négocier, pas à pas, pour franchir les lignes de front et accéder aux zones rebelles. De nombreuses régions du pays demeurent innaccessibles, la population se meurt faute de soins et d'aide. C'est une véritable catastrophe humanitaire», s'indigne Audrey Landmann, responsable des opérations en Syrie et tout juste de retour de la région d'Idlib, au Nord.
Une situation humanitaire intolérable qui tue presque autant que les bombes. Face à cette situation, l'aide internationale apparaît dérisoire, paralysée par l'insécurité mais aussi le positionnement politique et les pesanteurs bureaucratiques des bailleurs de fonds. L'ONG lance d'ailleurs un nouvel appel aux dons, à quelques jours de l'anniversaire des deux ans de la révolution syrienne. Réunis au Koweït à la fin du mois de janvier dernier, une soixantaine de pays ont promis plus de 1,5 milliard de dollars d'aide humanitaire à destination de la population syrienne. «Cela ne suffira pas à combler la situation de crise humanitaire actuelle. Il faut faire plus, beaucoup plus», lâche enfin Audrey Landmann. «Il faut que les pays donnent de l'argent, mais surtout qu'on arrête avec toute cette hypocrisie. Les pays frontaliers de la Syrie tolèrent la présence d'ONG et le passage régulier d'aide humanitaire, mais aucun n'est prêt à reconnaître officiellement cette aide. Pourtant, ce geste faciliterait le travail des ONG et permettrait l'acheminement de moyens plus importants pour palier à l'absence de structures médicales dans certaines zones», explique encore la jeune femme.
Avant la guerre, le système de santé en Syrie était très performant. Le pays disposait de médecins bien formés ainsi que d'unités de production de médicaments. Mais aujourd'hui, toutes les institutions se sont effondrées, les médicaments viennent à manquer, ou sont devenus trop chers pour la plupart des syriens. «La médecine est utilisée comme une véritable arme de persécution et de répression par le pouvoir en place», affirme Marie-Pierre Allié, la présidente de MSF. Des maladies courantes, et que l'on soigne en principe facilement prennent aujourd'hui une ampleur dramatique. «Aujourd'hui, la dose d'insuline s'achète à plus de 30 dollars. Peu de malades ont les moyens de se soigner. J'ai vu arriver dans notre hôpital en Syrie plusieurs patients diabétiques, le pied nécrosé qui n'arrivaient plus à réguler leur diabéte. On a dû amputer» constate MSF.
Un groupe d'enfants dans le camp de réfugiés d'al-Zaatri, en Jordanie, proche de la frontière syrienne. Crédits photo : MUHAMMAD HAMED/REUTERS
Intervenir en Syrie est une négociation de tous les jours. Comme quasiment toutes les autres ONG occidentales, la présence de Médecins sans frontières n'est pas autorisée par le régime en place. Chaque jour, il faut composer avec les contraintes qu'impose le gouvernement pour intervenir sur les zones qu'il contrôle encore. «Et négocier, pas à pas, pour franchir les lignes de front et accéder aux zones rebelles. De nombreuses régions du pays demeurent innaccessibles, la population se meurt faute de soins et d'aide. C'est une véritable catastrophe humanitaire», s'indigne Audrey Landmann, responsable des opérations en Syrie et tout juste de retour de la région d'Idlib, au Nord.
Une situation humanitaire intolérable qui tue presque autant que les bombes. Face à cette situation, l'aide internationale apparaît dérisoire, paralysée par l'insécurité mais aussi le positionnement politique et les pesanteurs bureaucratiques des bailleurs de fonds. L'ONG lance d'ailleurs un nouvel appel aux dons, à quelques jours de l'anniversaire des deux ans de la révolution syrienne. Réunis au Koweït à la fin du mois de janvier dernier, une soixantaine de pays ont promis plus de 1,5 milliard de dollars d'aide humanitaire à destination de la population syrienne. «Cela ne suffira pas à combler la situation de crise humanitaire actuelle. Il faut faire plus, beaucoup plus», lâche enfin Audrey Landmann. «Il faut que les pays donnent de l'argent, mais surtout qu'on arrête avec toute cette hypocrisie. Les pays frontaliers de la Syrie tolèrent la présence d'ONG et le passage régulier d'aide humanitaire, mais aucun n'est prêt à reconnaître officiellement cette aide. Pourtant, ce geste faciliterait le travail des ONG et permettrait l'acheminement de moyens plus importants pour palier à l'absence de structures médicales dans certaines zones», explique encore la jeune femme.
Avant la guerre, le système de santé en Syrie était très performant. Le pays disposait de médecins bien formés ainsi que d'unités de production de médicaments. Mais aujourd'hui, toutes les institutions se sont effondrées, les médicaments viennent à manquer, ou sont devenus trop chers pour la plupart des syriens. «La médecine est utilisée comme une véritable arme de persécution et de répression par le pouvoir en place», affirme Marie-Pierre Allié, la présidente de MSF. Des maladies courantes, et que l'on soigne en principe facilement prennent aujourd'hui une ampleur dramatique. «Aujourd'hui, la dose d'insuline s'achète à plus de 30 dollars. Peu de malades ont les moyens de se soigner. J'ai vu arriver dans notre hôpital en Syrie plusieurs patients diabétiques, le pied nécrosé qui n'arrivaient plus à réguler leur diabéte. On a dû amputer» constate MSF.