Un ancien avocat et 60 syriens. Ces documents sont sortis du pays par une soixantaine de Syriens qui risquent pour cela leur vie. Ils sont dirigés par un ancien avocat qui se fait appeler « Adel » et qui se rend dans des bâtiments officiels tout juste abandonnés par le régime. « A chaque fois que le régime perd une position, il bombarde », explique-t-il. « Il vise en particulier des bureaux, même quand ils savent qu’il n’y a plus personne, ça prouve bien qu’ils veulent détruire des preuves ». Lorsque l’endroit est « sûr », Adel et ses équipes récupèrent tout.
Faire sortir les documents du pays. Le plus dangereux reste ensuite de faire sortir ces preuves du pays. « Parfois, on dissimule ces documents dans des camions de contrebande », explique Adel. « Il arrive que des femmes en cachent sous leurs vêtements, parce que personne n’osera les fouiller. Mais le plus souvent quand on ne peut pas passer, on les enterre. Il y a plusieurs endroits que je suis le seul à connaître », ajoute-t-il. Même s’il prend ensuite le risque de plus retrouver ces documents. Adel se souvient : « une fois, j’ai déposé des documents chez une vieille dame, mais quand je suis revenu les chercher, elle avait tout brûlé, elle n’avait rien d’autre pour se chauffer et pour cuisiner ». L’équipe prend aussi de sérieux risques à faire sortir les précieuses preuves, plusieurs ont été torturés et un en est même mort.
Une autre enquête sur l’organisation Etat Islamique. Ce travail permettra d’accumuler donc des preuves contre le régime syrien mais en parallèle, il existe aussi une autre organisation. Une équipe qui, elle, enquête sur les exactions du groupe Etat Islamique, qui contrôle maintenant la moitié du territoire syrien. Ces enquêtes sont financées par plusieurs pays occidentaux parmi lesquels les Etats-Unis, la Suisse, le Canada, l’Union européenne. Et tous travaillent de manière informelle avec la Cour internationale de La Haye.