REGARDEZ. Deux Jeep des Nations unies ont quitté une manifestation pacifique alors qu'elle subissait des tirs gouvernementaux.
Les manifestants ont eu beau tenter de s'interposer face à la Jeep de l'ONU, celle-ci a préféré accélérer face aux tirs. © Capture d'écran Youtube
La scène est à couper le souffle. Au troisième jour de leur arrivée en Syrie, les six observateurs de l'ONU décident de se rendre à Erbine, à 7 kilomètres au nord-est de Damas. Leur mission, veiller au respect du cessez-le-feu promis il y a une semaine par Bachar el-Assad à Kofi Annan, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe. Sur place, les agents onusiens sont vite rattrapés par l'implacable réalité. Des terroristes armés ? Des djihadistes surentraînés ? Non, ce sont des centaines de manifestants syriens qui défilent en paix, ceux-là même qui défilent à travers le pays depuis plus d'un an.
Agitant les drapeaux vert et noir de la révolution, ils scandent : "Le peuple veut des armes pour l'Armée syrienne libre", en référence à l'armée de soldats syriens dissidents qui s'est donné pour mission de les protéger des exactions de l'armée. D'autres manifestants brandissent une pancarte sur laquelle il est écrit : "Observez de quelle façon Bachar extermine son peuple." Les deux Jeep des observateurs, frappées du sigle UN (pour United Nations, NDLR), sont accueillies à bras ouverts. Pour les manifestants, elles sont les garantes de leur sécurité : difficile d'imaginer les forces de sécurité syriennes tirer à bout portant sur les véhicules des Nations unies, vu le scandale international que cela provoquerait.