Alors que 24 autres civils ont été tués par les tirs des forces de sécurité, lundi soir en Syrie, les Nations unies se divisent entre, d'un côté, l'Europe et les Etats-Unis qui veulent une résolution contre Damas, et de l'autre côté, la Russie et les pays émergents qui menacent d'opposer leur veto.

Même si une résolution était votée, Moscou et Pékin apposeraient un veto. Ainsi pourrait-on résumer les débats entre les membres du Conseil de sécurité des Nations unies au sujet de la situation en Syrie. Là où il y avait unanimité sur la Libye, la réunion, qui s'est déroulée dans la nuit de lundi à mardi, a été stérile. La Grande-Bretagne la France, l'Allemagne et le Portugal, soutenus par les Etats-Unis, veulent pousser à l'adoption d'une résolution condamnant la répression. Mais la Russie et la Chine, deux des cinq membres permanents du Conseil, avaient déjà menacé d'opposer leur veto à un projet de résolution, soutenues par les autres puissances émergentes (Brésil, Inde et Afrique du Sud).
Les discussions reprennent mardi, mais chacun devrait rester sur ses positions. Des diplomates ont indiqué aux agences de presse qu'il était probable que le Conseil de sécurité décide une simple déclaration, non contraignante. Pourtant, les Nations unies ont conscience de l'évolution inquiétante de la situation. Un haut responsable a ainsi signalé dans un rapport, rédigé à l'adresse des membres du conseil de sécurité, qu'en plus des morts –plus de 2.200 depuis le début des manifestations en mars–, on comptait 3.000 disparus et 12.000 personnes jetés en prison.