110.000 euros pour la Syrie

Article  •  Publié sur Souria Houria le 22 janvier 2013

Femmes du Maroc de Lalla Essaydi, estimé entre 10.000 euros et 15.000 euros, a été vendu à 10.600 euros. (Crédits photo: Lalla Essaydi/SYRIART/IMA)

Sous le marteau d’Antoine Godeau, de Pierre Bergé & Associés, 60 % des œuvres contemporaines d’artistes arabes ont été vendues à l’IMA, lundi soir.

Dans la salle comble du 9e étage de l’Institut du monde Arabe, lundi soir, à Paris, le commissaire priseur a eu bien du mal à distinguer les bras levés pour une enchère ou simplement pour un salut. «Concentrez-vous sur la vente!», exhorta-t-il maintes fois mais tout sourire, face à un public composé essentiellement de néophytes militants.

Antoine Godeau, marteau de la maison Pierre Bergé & Associés, dispersait là 67 œuvres offertes par des artistes peintres, sculpteurs, photographes et vidéastes, du Maghreb, du Proche et du Moyen-Orient, au profit de la population syrienne. «La guerre a déjà fait plus de 40.000 morts en moins de deux ans et des bombardements dévastent le pays», rappela en préambule José Garçon, à l’origine du projet, via son association éphémère Syriart. À la tribune, l’ancienne journaliste du quotidien Libération, toujours spécialiste du Maghreb et du Proche Orient, coanima la vente, présentant chaque artiste comme autant de symboles de liberté en terre musulmane.

40 % d’invendus

Au final, la vente a rapporté 110.000 euros, tout juste dans les estimations. Une déception? «Non. C’est toujours comme ça dans les ventes de charité, affirma aussitôt après Antoine Godeau. Il y avait une dizaine d’acheteurs. Nous n’avons que 40 % d’invendus, ce n’est pas mal.»

Pièce phare de la vente, une impression chromogénique de la Marocaine Lalla Essaydi, 56 ans, Femmes du Maroc, 2008, a trouvé preneur pour 10.600 euros. Autre tête d’affiche: une photographie du Syrien Jaber el-Azmeh, 39 ans, de sa série en rouge et noir Blessures, réalisée en 2012, a été acquise pour 2600 euros. Quant à l’encre et goudron sur papier du Marocain Jaber el-Azmeh, 54 ans, coup de cœur de Pierre Bergé, Sans Titre, 2012, il a été acheté pour 6000 euros, un prix très raisonnable, d’autant plus que l’acquéreur n’avait pas de frais en sus des enchères. Les petits Palestinautes de l’Israélienne Larissa Sansour, enfin, ont réveillé la salle: cinq petits personnages en vinyle étaient proposés. Estimés entre 400 et 700 euros, ils sont partis pour 1100 euros pièce.

La somme récoltée va être reversée, à 60 %, pour trois associations syriennes, les 40 % restant vont servir les actions en Syrie de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).

source : http://www.lefigaro.fr/culture/encheres/2013/01/22/03016-20130122ARTFIG00442-110000-euros-pour-la-syrie.php

date : 22/01/2013



Abonnez-vous à notre newsletter