19/12/2012 : Témoignage de retour de Syrie « Une société résiste à la dévastation »

Article  •  Publié sur Souria Houria le 13 décembre 2012

  C e r c l e s  d e  C o n t r o v e r s e s 

fondés par Khaled Roumo en 2005 *

Témoignage de retour de Syrie « Une société résiste à la dévastation »

Avec

H a l a  K o d m a n i :  journaliste  franco-syrienne 

 Mercredi 19 décembre de 18h30 à 20h30
Espace le Scribe l’Harmattan 
19 rue Frédéric Sauton 

Métro : Maubert – Mutualité 

Participation aux frais 5 €

 

* Déjà invités : 

Georges Corm, Christine Delphy, Samair Amin, Georges Labica, Ghaïss Jasser, Salam Kawakibi, Monique Cerisier-Ben Guiga, Maurice Buttin, Hassan Balawi, Monique Crinon, Denis sieffert, Régis Morelon, Jean Rabinovici, Philippe K. Mbaya, Feriel Fattès

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Texte fondateur 

Une tradition vieille de 10 siècles 

« L’anecdote nous est rapportée par un théologien musulman d’origine espagnole … [qui se rend en Orient] dans le dessein d’y compléter sa formation juridique et théologique… Il arrive à Bagdad, se rend à la mosquée pour qu’on lui indique où rencontrer des maîtres et des gens avec lesquels il est possible de discuter.

Plusieurs savants qu’il connaît déjà, lui sont recommandés, mais il apprend en même temps qu’il existe à Bagdad des cercles appelés des « cercles de controverses »1, où se retrouvent des gens de toutes autres croyances. Il s’y rend, et voici la scène qu’il nous décrit. A une assistance déjà fournie s’agrègent délégation sur délégation qu’accueille à chaque fois le président de séance. Tous se lèvent jusqu’à ce que les nouveaux venus aient pris place. L’assemblée enfin au complet, le préposé aux débats ouvre la séance en ces termes :

« Selon notre contrat, personne ici ne tirera argument de son Livre sacré, et surtout pas les musulmans à partir de leur Coran (le président n’était certainement pas musulman), simplement parce qu’il ne constitue pas notre référence. Ici, nous en appelons donc à la seule raison.» 

La discussion s’engage alors dans une ambiance aimable et cordiale. Stupéfait, le théologien se demande s’il se trouve bien en pays musulman… Car l’assemblée était composée d’athées, de juifs, de chrétiens, de manichéens. Elle comptait des adorateurs de feu, et toutes sortes de gens d’horizons intellectuels et spirituels les plus divers, Et cela dans la capitale du califat, du représentant de l’islam ! Et le même climat attend ce théologien dans un autre cercle encore… »2

1 Ces cercles fleurirent dès le Xe siècle dans différentes parties du monde musulman.

2. Voir : Mohammed Talbi, Penseur libre en islam , Albin Michel, 2002, p. 237, 238, d’après l’ouvrage cl

 



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