Bachar Al-Assad, le président qui a déçu tout le monde – par A. Le Goff

Article  •  Publié sur Souria Houria le 29 novembre 2011

Il aurait pu être un autre président. Lors de son intronisation au pouvoir en 2000, après la mort de son père Hafez Al-Assad, Bachar Al-Assad a suscité l’espoir d’échapper au destin autocratique qui lui était promis. Les capitales arabes bruissaient des échos d’un « printemps de Damas ». La rumeur a été rapidement dissipée. « Il apparaît même que d’autoritaire sous Hafez Al-Assad, le pouvoir est devenu sultanique, livré à l’arbitraire présidentiel », analyse Caroline Donati dans L’Exception syrienne. Entre modernisation et résistance. (Ed. La Découverte). De fait, depuis mars, chaque discours de Bachar Al-Assad est un plaidoyer à sa gloire. Au carrefour d’une région poudrière, le président syrien se sait protégé d’une intervention militaire, comme ce fut le cas en Libye. « En ce qui concerne la menace d’un recours à la force […], toute initiative contre la Syrie aura des conséquences plus graves [pour ses auteurs] que ce qu’ils pourraient supporter », a-t-il récemment déclaré. Pourtant, Bachar Al-Assad est de plus en plus isolé sur la scène internationale, à l’exception notable de la Russie et de la Chine. À Paris, Nicolas Sarkozy, qui avait choisi de renouer avec lui après son arrivée au pouvoir en 2007, lui a finalement tourné le dos, se retrouvant dans la même situation que son prédécesseur Jacques Chirac, séduit puis déçu à l’identique. Les images de la réconciliation, prises lors de l’invitation du président syrien au défilé du 14 juillet 2009 à Paris, sont juste un peu gênantes. Car Paris a beau répéter que son rapprochement avec Damas a permis une normalisation des relations syro-libanaises, personne n’a jamais ignoré que les geôles syriennes ont toujours débordé d’opposants.

source: http://www.20minutes.fr/article/832522/bachar-al-assad-president-decu-tout-monde



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