Carla Del Ponte compare l’avenir d’Assad à celui de Milosevic

Article  •  Publié sur Souria Houria le 30 septembre 2015

Le président Bachar el-Assad sera rattrapé par la justice même s’il reste au pouvoir dans le cadre d’une solution négociée au conflit syrien, a déclaré lundi l’ancienne procureure du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, Carla Del Ponte.

« M. Assad est président, traitons par conséquent avec l’institution présidentielle. Si nous pouvons obtenir un cessez-le-feu avec le président, pourquoi pas ? Mais ensuite, la justice viendra », a déclaré à des journalistes la magistrate suisse, qui est membre de la commission d’enquête des Nations unies sur la Syrie.

« Souvenez-vous de l’ancienne Yougoslavie », a poursuivi Carla Del Ponte. « (Slobodan) Milosevic était président, il y a eu les négociations de paix à Dayton et ils ont conclu un accord. Milosevic était encore président mais la justice a pu être exercée. Juste un exemple du passé. »

Samedi, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a affirmé que Bachar el-Assad devait partir, tout en indiquant que le calendrier restait à déterminer dans le cadre de négociations pour résoudre le conflit.  »

 

Des avions de combats russes en Syrie?
Parallèlement, la Russie a déployé 28 avions de combat en Syrie, ont confirmé lundi à l’AFP des responsables américains. « Il y a 28 avions russes de chasse et d’attaque au sol » déployés sur un terrain d’aviation dans la province de Lattaquié (ouest de la Syrie), un fief de M. Assad, a indiqué l’un de ces responsables sous couvert de l’anonymat.

Un second responsable américain a également confirmé le chiffre de 28 appareils de combat, ainsi que la présence « d’une vingtaine » d’hélicoptères russes de combat et de transport. Ce responsable a également indiqué que la Russie opérait des drones au-dessus de la Syrie, sans donner plus de détails.

Depuis plusieurs semaines, Washington s’alarme du renforcement de la présence militaire russe en Syrie, un soutien pour le régime du président Assad. Les Etats-Unis ont indiqué qu’une intervention directe des forces russes pour soutenir le régime syrien risquait « d’attirer encore plus d’extrémistes, d’enraciner M. Assad et de bloquer le chemin vers une résolution du conflit ».

Le Kremlin de son côté appelle à une coalition plus large contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui inclurait la Syrie et l’Irak.

 

Tir d’obus sur l’ambassade de Russie
Après un tir d’obus dimanche sur le territoire de son ambassade à Damas, Moscou a dans ce cadre appelé à « des actions concrètes » en Syrie, accusant les opposants au président syrien d’en être responsables.

« Le 20 septembre, à 09h00 GMT, un obus a été tiré sur le territoire de l’ambassade de Russie à Damas » sans causer de dommages, a affirmé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. « Nous condamnons ce bombardement criminel contre la présence diplomatique russe à Damas. Nous attendons une condamnation claire de cet acte terroriste de la part de toute la communauté internationale, y compris des acteurs régionaux », précise le communiqué. La diplomatie russe ajoute n’attendre « pas seulement des paroles mais des actes » condamnant ce bombardement. « La roquette a été tirée depuis le quartier de Jobar, où sont retranchés les groupes hostiles au gouvernement syrien », précise le communiqué.

 

Pas de répit dans les violences
A Alep, au moins 18 civils ont été tués lundi dans un nouveau bombardement de l’armée syrienne sur un quartier tenu par les rebelles, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Il y a au moins 18 morts et des dizaines de blessés, mais aussi de nombreuses personnes ensevelies sous les décombres », a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH. D’après lui, « un missile sol-sol s’est abattu sur un quartier résidentiel de Chaar dans l’est de la ville. Les gens se sont alors attroupés (…) et l’armée a tiré des obus sur le même secteur », a-t-il indiqué.

Un journaliste de l’AFP a vu une scène de chaos où des hommes transportaient en criant des blessés dégagés des décombres d’immeubles. « C’est est un marché populaire et toutes ces victimes faisaient leurs courses, » a témoigné un résident.

Plus à l’est, des frappes de l’aviation sur la ville de Raqqa, capitale syrienne du califat auto-proclamé de l’EI, a coûté la vie à cinq personnes. Une autre localité en majorité contrôlée par l’EI a également été la cible des raids du régime: la province riche en pétrole de Deir Ezzor. Les frappes ont précisément visé le village de Murat, faisant 13 morts, dont sept enfants.

A la frontière entre la Turquie et la Syrie, quatre personnes ont été tuées dans un double attentat suicide à la voiture piégée mené par l’EI contre Ras al-Aïn, une ville contrôlée par les forces kurdes, rapportent l’OSDH et l’agence officielle syrienne Sana. D’après l’OSDH, des membres des forces de sécurité kurdes figurent parmi les victimes de ces attaques menées contre un barrage. Selon l’agence Sana, « des kamikazes terroristes ont fait explosé une importante quantité d’explosifs » à l’extérieur de la ville, précisant que quatre autres personnes ont été blessées.

source : http://www.lorientlejour.com/article/945486/carla-del-ponte-compare-lavenir-dassad-a-celui-de-milosevic.html

date : 21/09/2015



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