Communiqué « Hier naïfs, aujourd’hui déterminés » du 17/08/2014

Article  •  Publié sur Souria Houria le 19 août 2014

Communiqué du Collectif Urgence Solidarité Syrie

Hier naïfs, aujourdhui déterminés

 

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, vendredi 15 août 2014, à l’unanimité, une résolution visant à empêcher le recrutement et le financement de jihadistes en Syrie et en Irak. Nous ne pouvons qu’approuver une telle décision. Mais nous ne pouvons aussi que nous étonner qu’elle ne s’applique ni au régime de Bachar al-Assad qui, depuis 3 ans, a favorisé le développement des groupes jihadistes, ni aux milices du Hezbollah fortement impliquées depuis près de deux ans en Syrie.

Alors que l’opposition syrienne démocratique réclamait une aide en matériel militaire  pour protéger la population civile des barils de poudre, nous avons cru, avec la plus grande naïveté,  à la sincérité des dirigeants des grandes puissances occidentales, dont la France, qui déclaraient qu’ « une résolution du Conseil de sécurité est nécessaire pour rester dans le cadre du Droit International. L’Europe doit être unanime. La France seule ne peut prendre l’initiative ».

Oui ! Nous avons été naïfs ! En 48 heures, les grandes puissances viennent de jeter un voile pudique sur les beaux principes de Droit International et d’unanimité européenne, en décidant de livrer immédiatement des armes performantes aux Kurdes irakiens.

Le malheur des Syriens tiendrait-il au fait que les 1 400 gazés de la Ghouta orientale n’étaient pas chrétiens ? Serait-il lié au fait que la Syrie ne produit que très peu de pétrole en comparaison de l’Irak ?

Alors que les démocrates syriens restent déterminés à reprendre en main leur avenir, il faut redire que le régime de Bachar al-Assad et les groupes jihadistes, tous deux coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’Humanité à grande échelle, ne sont pas dissociables.

Depuis maintenant trois ans, les démocrates syriens interpellent les grandes puissances sur les conséquences de leur passivité et sur leur responsabilité dans la montée du radicalisme. Ce serait aujourd’hui une erreur politique et morale grave de dissocier, pour des raisons confessionnelles et économiques, ce qui se passe en Irak d’une part et en Syrie d’autre part.

A l’instar de leur intervention en Irak, les puissances occidentales doivent « rapidement » agir contre l’Etat Islamique et le régime syrien en aidant massivement l’opposition démocratique et en mettant en place une zone d’exclusion aérienne.

Depuis 48 heures nous avons compris que la chose était possible si l’on en avait la volonté.

 

Contact presse : urgencesyrie@gmail.com.

 



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