En attendant de « dialoguer » à Moscou, le régime syrien poursuit ses destructions – par Ignace Leverrier

Article  •  Publié sur Souria Houria le 19 janvier 2015

Dans un rapport rendu public jeudi 8 janvier 2015, le Réseau syrien des Droits de l’Homme recense la destruction d’au moins 38 centres vitaux en Syrie au cours du seul mois de décembre 2014.

La mosquée du cheykh Abdel-Aziz Abazaïd (région de Daraa)

Les édifices détruits se répartissent ainsi :

– 10 écoles,
– 9 lieux de culte,
– 8 établissements médicaux,
– 7 projets d’infrastructure,
– 3 marchés,
– 1 four à pain.

Ces destructions, qui ne recensent pas la totalité des dégâts commis dans ce domaine, sont attribuées aux forces suivantes :

– 28 aux forces gouvernementales,
– 3 aux groupes radicaux,
– 3 à différentes factions de l’opposition armée,
– 4 à des auteurs inconnus.

Le RSDH impute la responsabilité de cette situation à l’impuissance ou à l’apathie de la communauté international devant les drames humains qui se déroulent en Syrie. Le Conseil de Sécurité a fait son travail en adoptant la Résolution 2139, en février 2014, et en réclamant que soit mis « un terme aux bombardements indiscriminés dans les zones habitées ». Mais il s’est abstenu d’exercer les pressions qui auraient pu contraindre le régime syrien à la mettre en application.

L’observation de ces destructions permet en effet de constater que, s’il arrive aux forces radicales et aux groupes de l’opposition de détruire des infrastructures nécessaires aux populations dans les régions sous leur contrôle ou dans celles qu’elles contestent aux forces gouvernementales, seules ces dernières cherchent délibérément, dans leur stratégie de sanction des populations, à rendre inutilisables les édifices et services publics dont celles-ci ont besoin pour vivre ou pour survivre.

date : 15/01/2015

 



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