Et malgré tout, les Syriens continuent de créer – par Ignace Leverrier

Article  •  Publié sur Souria Houria le 17 janvier 2015

Pour les Syriens chassés de leurs foyers, qui errent depuis des mois d’une ville à l’autre en quête d’un toit et de nourriture, ou qui grelottent de froid sous les tentes de leurs camps en Turquie ou au Liban, 2015 commence comme 2014 à fini : abandonnés à leurs bourreaux « laïcs » de l’Etat de barbarie ou à la barbarie de leurs bourreaux « religieux » de l’Etat islamique, par une communauté internationale incapable de s’entendre pour qualifier les crimes qui se déroulent en Syrie et de s’engager pour leur mettre un terme.

Dessin de Naser al-Jaafari

Et malgré tout, ils créent !

De l’intérieur comme de l’extérieur du pays, des centaines et peut-être des milliers de Syriennes et de Syriens ayant pris goût à la liberté et au bonheur de communiquer ne cessent de produire des dessins et des caricatures, de peindre, de modeler, de sculpter et de photographier, d’écrire des romans, des récits et des poèmes, d’enregistrer des chansons, d’imaginer et de jouer des pièces de théâtre, de tourner des documentaires et des films des fictions… Ils y mettent la diversité et la richesse de leurs sentiments face aux événements qu’ils traversent, eux-mêmes, leurs proches, leurs amis et l’ensemble de leurs concitoyens.

Il est possible de suivre leurs productions en parcourant les pages de divers sites Internet, qui nous livrent à intervalles plus ou moins réguliers le produit de leur moisson dans les différents champs évoqués. Comment les ignorer quand certains, comme Creative Memory, s’astreignent à nous les présenter en français.

Timbre d'hommage au travail de Creative memory

Pour comprendre ce qui se passe en Syrie, il faut écouter, avant les experts et les commentateurs, ce que les Syriens nous racontent, nous chantent ou nous donnent à voir de multiples façons. Leurs œuvres nous disent que la révolution n’est pas morte, qu’elle est mal en point mais qu’elle refuse d’être confisquée, qu’elle se poursuit autrement et sur un autre rythme, mais qu’elle ira jusqu’au bout parce que ceux qui ont goûté à la liberté ne peuvent y renoncer.

La visite de ces sites ne laisse pas indifférent. Elle interdit de reprendre de bonne foi les rengaines du pouvoir en place et d’assimiler ceux qui veulent avant tout récupérer leurs droits et être des citoyens à des « infiltrés », des agents de l’étranger » ou des « terroristes ». Ils ne sont que des femmes et des hommes, des jeunes des deux sexes et de tous âges, aspirant à vivre debout, à dire leurs joies et leurs peines, et à s’exprimer comme ils en ont envie. Tout simplement.

 

source : http://syrie.blog.lemonde.fr/2015/01/15/et-malgre-tout-les-syriens-continuent-de-creer/

date : 15/01/2015



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