Faux débat sur la naturalisation: la nécessité de (re)penser la politique d’accueil vis-à-vis des Syriens en Turquie – par Solène Poyraz

Article  •  Publié sur Souria Houria le 13 novembre 2016

Depuis que le Président Recep Tayyıp Erdoğan a relancé le débat sur la naturalisation des Syriens présents en Turquie lors d’un tour à Kilis au début du mois de juillet 2016, les langues se délient dans l’espace public, les discours de haine se répandent dans les médias et les partis politiques font preuve d’hésitation. Quand certains en profitent pour rapporter des propos xénophobes, surfant sur la croyance d’un certain « effet de seuil » qui aurait été atteint et provoqué un mécontentement populaire général, d’autres rappellent que la nationalité est un droit inscrit dans la constitution. Dans tous les cas, l’inscription de ce débat à l’ordre du jour politique et social marque un changement de perspective – de l’invité temporaire au citoyen permanent – et rappelle la nécessité d’engager une politique réaliste envers ces « invités syriens »1 actuellement sous protection temporaire, dont beaucoup sont nés et/ou resteront en Turquie2.

En nous appuyant sur des rapports et des entretiens réalisés durant l’été 2016 nous revenons ici sur les arguments mobilisés dans les débats sur la naturalisation des citoyens syriens et leur présence en Turquie, et les implications d’un tel débat pour l’avenir du vivre ensemble (voir notre édition du 13 juillet 2016).

Les Syriens, des « invités » qui ne sont plus les bienvenus?

Les premiers ressortissants syriens ont commencé à venir se réfugier en Turquie dès le mois d’avril 2011, soit un mois après le début du soulèvement contre le régime des Assad. Ainsi, la Turquie, une économie émergente qui n’a pas encore fini de régler ses comptes avec l’histoire de ses minorités, a accueilli en 5 ans environ 3 millions de réfugiés syriens. Au vu du nombre massif d’arrivées, et de l’absence totale de préparation juridique et logistique à l’accueil de réfugiés de guerre, le comportement plutôt conciliant et hospitalier des locaux a été souligné par certains rapports et déclarations officiels3.Cependant, le manque d’infrastructures organisées et officielles et de préparation sociale au vivre ensemble est notoire. Des comportements xénophobes ont été relevés, notamment depuis l’été 20144, dans des pôles urbains où la population syrienne est nombreuse tels que Konya, Gaziantep ou Istanbul. Il faut dire qu’en 2014, le nombre de réfugiés syriens présents sur le territoire turc franchit pour la première fois le seuil du million (voir encadré des arrivées). Et les discours de haine qui touche habituellement d’autres communautés de Turquie n’ont pas épargné les Syriens. Ainsi, des faits qui auraient pu se passer entre des Turcs et qui auraient alors été rapportés dans la colonne « faits divers » ont été utilisés par certains médias pour mettre en avant une soi-disant exaspération de la société turque.

De façon générale, qu’ils soient désignés comme des invités (misafir), des réfugiés (mülteci) ou des immigrés (sığınmacı), les « Syriens » (Suriyeliler) sont toujours évoqués comme un groupe social monolithique par les journaux puis la population qui, par ignorance et désinformation, préfèrent voiler les différentes réalités et les différents parcours de vie. Les médias turcs jouent ainsi un rôle important dans l’uniformisation et la criminalisation du groupe des Syriens et la diffusion des discours de haine5. On doit alors relever la tâche qui incombe aux chercheurs et aux intellectuels en général de remédier à cette désinformation qui inspire la méfiance aux deux groupes. Surtout, on doit pointer le rôle de l’État: la générosité des discours du Président turc ne doit pas faire oublier qu’en dehors des politiques discursives, aucune politique d’accueil sur le long terme et d’intégration n’a été correctement pensée pour ces millions de personnes.

  • Les prétextes du racisme

Les références aux Syriens parmi la société turque vont des plaintes contre la mendicité, le nombre d’enfants, les avantages qu’ils reçoivent de l’État, à la peur d’un phénomène de sunnisation et l’utilisation de la langue arabe quasi-générale dans certains quartiers (panneaux, enseignes, menus…). La plupart des sources de mécontentement traduisent en fait le sentiment d’un renforcement de la lutte des places en Turquie. Dans les milieux les plus pauvres, certains soulignent que les Syriens constituent une main d’œuvre moins chère, exploitable à souhait, qui bénéficierait de logements TOKI6 et de soins gratuits (dus par la protection temporaire). La classe moyenne hurle à l’injustice quand les jeunes Syriens se voient offrir des places à l’université ou que les services d’urgence sont « envahis par les Syriens alors qu’ils ne payent pas »7.

Ces réactions sont propres aux sociétés d’accueil ; la présence massive et hors-camps des Syriens en Turquie, pour bénéficier d’une certaine liberté de mouvement et de travail, encourage encore davantage ces légendes urbaines. Ainsi, en 2011, on racontait que chaque famille syrienne recevait 1000$ par mois; sur ce sujet, un militant de la plateforme antiraciste DurDe (Dis Stop) s’exprime: « J’ai calculé une fois, si l’État donnait de l’argent à chaque famille… c’est juste pas possible ». Aujourd’hui, on entend un peu partout que les jeunes Syriens prennent la place des Turcs dans les universités alors que, comme le rappelle l’hebdomadaire Agos, les bourses universitaires pour les étrangers existent depuis les années 1990 et seuls 1500 étudiants syriens sur 16 000 étudiants étrangers au total en bénéficient8.

Le fait est que les Syriens présents en Turquie ne sont plus désormais des « invités » qui ont besoin de protection et voient la Turquie comme un pays de transit : c’est désormais un « pays cible » et les Syriens deviennent des « immigrants » qui s’installent. Alors que l’enquête de Metropoll réalisée en mars 2016 affirmait déjà que 83% des Turcs interrogés seraient contre l’attribution de la nationalité turque aux réfugiés syriens, les déclarations du Président turc sur la naturalisation de certains Syriens semble raviver le sentiment de « remplacement » éprouvé par une partie de la société turque dans un contexte économique et social qui se durcit.

Sur la page d’un « référendum » lancé en ligne « Suriyeli mültecilere vatandaşlık verilmeli mı ? » (« Faut-il donner la nationalité aux réfugiés syriens? »), les commentaires anonymes donnent un bref aperçu des différentes réactions données à chaud. On y retrouve la peur du terrorisme: « donner la nationalité aux Syriens c’est placer volontairement de la dynamite sous la patrie ». Du pur racisme et xénophobisme nationaliste: « déjà on s’en sort pas avec les animaux qui ont été ramenés par le sultan Yavuz Selim, on ne veut pas d’un nouveau troupeau ». Deux autres commentaires relevés dévoilent la thématique de la sunnisation de la « nation turque » qui jouerait en faveur de l’AKP: « l’AKP n’est pas la nation. Dans 10 ans, ils seront 10 millions et ce parti le sait !!! », « les Syriens sont nos frères inchallah nous vivrons ensemble avec nos frères de religion RTE »9.

Cette peur d’un éventuel processus de « sunnisation » de la société turque est d’autant plus évoquée parmi les personnes d’origine alévie. Un stambouliote d’origine alévie (Sivas) interrogé en juillet 2016 donne son avis sur le projet d’installation d’un camp pour les réfugiés syriens dans la région alévie de Maraş: « ils ont augmenté le taux de Sunnites chez nous. Pourquoi les installer à Maraş dans un lieu calme avec des Alévis ? Pourquoi ne pas les mettre ailleurs ? ». Selon la porte-parole du parti de gauche pro-kurde, le HDP (Parti Démocratique des Peuples), Ayhan Bilgen, il s’agit là d’un plan démographique volontaire pour placer des Arabes dans les régions habitées par les Alévis et les Kurdes sunnites10.

Selon le chercheur Umut Korkut11, évoquer le conflit en cours comme « une guerre entre des victimes Sunnites et des oppresseurs Alaouites » fait partie du projet du gouvernement pour expliquer le traitement préférentiel qui a été réservé aux réfugiés syriens et permettre de « prévenir les sentiments xénophobes et nationalistes » en faisant jouer l’affect religieux. L’annonce a d’ailleurs été faite pendant la rupture du jeûne pendant le mois de Ramadan et dans la ville de Kilis où désormais les Syriens (130 000) sont plus nombreux que les Turcs (90 000).

Les préoccupations de certains citoyens turcs vis-à-vis de l’utilisation des réfugiés par le pouvoir se justifie par le fait que la crise syrienne ait été traitée comme une « affaire domestique » turque dès 201112 et que les réfugiés ont dès le début été gérés par un bureau (AFAD) qui dépend directement du Premier Ministre (Erdoğan, puis jusqu’au mois de juillet 2016, Davutoğlu, théoricien de la politique étrangère turque).

Un dernier commentaire nous a frappé: « Ne dites pas n’importe quoi. On a déjà du mal à se regarder, comment on va regarder ces hommes ? Leurs possibilités sont plus grandes que les nôtres. Difficile de dire qui sont les réfugiés: eux ou nous ». Pouvant être interprété de bien des manières, ce commentaire traduit le sentiment de lassitude éprouvé par une partie de la société turque face aux difficultés économiques et sociales grandissantes.

  • Une nationalité sans citoyenneté?

Beaucoup de Syriens interrogés13 sur les effets de la naturalisation répondent que cela pourrait leur faciliter la vie dans leur quotidien (pour le travail, les déplacements à l’étranger,…). Il faut rappeler qu’en Turquie, les réfugiés syriens sont placés sous protection temporaire depuis octobre 2011, une bricole juridique qui leur est spécifique car ils ne peuvent prétendre au statut de réfugié, n’étant pas originaires d’un pays européen14.

C’est un statut ambigu, presque improvisé qui leur donne accès aux soins et à l’éducation. Des droits qui sont fragiles et limités: un récent rapport de l’Unicef estime à 500 000 le nombre d’enfants syriens non scolarisés en Turquie. Ce « non statut » empêche de penser l’installation et l’intégration des Syriens qui risquent également à tout moment d’être expulsés. Le débat lancé sur la naturalisation dissimule alors les vraies problématiques, parmi lesquelles on trouve l’absence de statut et l’éducation des enfants et des jeunes qui sont livrés à eux-mêmes dans les rues et laissés aux mains d’organisations religieuses tandis que les centres indépendants communautaires peinent à trouver des financements.

Dans un article de Siyasi Haber du 10 juillet 2016, un jeune syrien interrogé expliquait:

Ici, notre vie c’est comme si on avait appuyé sur la touche « pause »…on ne peut pas travailler correctement ni faire de projets pour le futur. Si on nous accordait la nationalité, je la demanderais par défaut, parce que je n’ai pas d’autre solution, parce que j’ai besoin de papiers. Si seulement on pouvait ne pas parler de l’avenir de mon peuple et des intentions de vote dans la même phrase. Ça, ça me dérange.

En effet, les médias et le parti kémaliste CHP (parti républicain du peuple) ont beaucoup insisté sur la réserve de votes que cela pourrait représenter notamment pour les trois grandes élections à venir : locales, générales et présidentielles, notant qu’en 2019, l’électorat pourrait compter 1,9 million de citoyens turcs en plus. Alors que certains se persuadent que « les Syriens voteront forcément pour l’AKP pour les remercier », il faut rappeler que dans le contexte des dernières élections beaucoup de citoyens Turcs ont pu expliquer leur vote pro-AKP par des motifs clientélistes. De plus, on doit prendre en compte le maintien de la double nationalité et l’ancrage politique syrien. Se sentiront-ils politiquement impliqués dans cette « Nouvelle Turquie »? Abdul, originaire de Damas15, explique :

Je ne sais pas si la naturalisation me concerne, Erdoğan n’a pas été clair, si je pouvais la prendre je la prendrais mais je ne resterai ici que jusqu’à la fin de la guerre.

Alors qu’on se demande si les Syriens voteront et pour qui ils voteront, en d’autres termes s’ils useront de leur citoyenneté en territoire turc, le dossier d’Agos intitulé « Ce que tu appelles nationalité, c’est l’affaire d’un siècle»16 n’hésite pas à revenir sur le cas des Rums et des Arméniens qui ont eu la nationalité turque mais peuvent aujourd’hui encore rester des citoyens de seconde zone. Le militant de la plateforme antiraciste DurDe, qui a d’ailleurs été fondée juste après l’assassinat du journaliste d’origine arménienne Hrant Dink, rappelle que leur lutte se concentre aujourd’hui autant sur la défense des minorités arménienne, que rom, rumeliote, et des réfugiés syriens, voire assyriens.

Cette question de l’intégration recouvre alors de nombreuses problématiques propres à la construction de l’État nation en Turquie, peut servir à mettre en perspective les sources du racisme envers les réfugiés syriens et nous invite à revenir sur l’histoire non seulement des minorités mais aussi des migrations en Turquie.

  • Un retour historique nécessaire

Le rapport de Kemal Kirisçi, « Syrian refugees and Turkey’s challenges : Going beyond Hospitality » publié en mai 2014, rappelle qu’à partir des années 1920 jusqu’au milieu des années 1990, la Turquie a accueilli plus d’un million de réfugiés musulmans originaires des Balkans. En 1989, ce sont plus de 300 000 Pomaks (minorité turcophone de Bulgarie) qui ont fui les persécutions du régime communiste en Bulgarie lors d’une vague d’émigration appelée « büyük gezi ». On note qu’un tiers seulement de ces réfugiés est rentré tandis que les autres ont pris la nationalité turque après qu’on ait décidé qu’ils étaient « d’ascendance et de culture turque »17.

Dès lors, la Turquie a surtout été familière des migrations internes: de l’Anatolie et de l’Est du pays vers les métropoles en expansion de l’Ouest. La question de la nationalité ne s’est pas posée mais, déjà, les médias affichaient les images des arrivées en masse dans les gares d’Istanbul où les köylüdébarquaient. Kurdes, alévis, populations d’Anatolie, tous ont alors subi le rejet et la haine de la part d’une partie des citadins qui moquaient (et moquent encore) leur accent prononcé, leur şalvar, et leur pauvreté, là encore encouragés par une certaine presse.

Lors des autres vagues de migration, la Turquie s’est montrée davantage réticente pour des raisons de sécurité nationale mais a accepté d’ouvrir ses frontières sous la pression internationale notamment. On constate alors que la politique de la porte ouverte pratiquée par l’AKP pour les Syriens marque une rupture inédite. En 1991, 500 000 personnes ont fui le régime de Saddam Hussein et sont venues se réfugier en Turquie. En 1988, le pays avait déjà accueilli 60 000 Kurdes qui fuiyaient les massacres de Halabja ; ces derniers ont eu le statut d’invités (comme les Syriens aujourd’hui), sont restés dans le sud-est et une majorité d’entre eux est rentrée avec la création d’une zone de sécurité pour qu’ils puissent rentrer.

La politique d’accueil turque s’est ainsi construite et imprégnée de ces derniers mouvements spécifiques de réfugiés. Dès 1994, on met en place la première législation nationale en termes d’asile qui donne en effet la priorité à la sécurité nationale plutôt qu’aux droits de l’homme.

La plus importante vague de réfugiés syriens est arrivée, elle, juste au moment de la reconstruction de la politique d’asile de la Turquie avec la mise en place en 2013 de la Direction Générale de Gestion des Migrations (GDMM) qui était chargée de penser une nouvelle loi concernant à la fois l’immigration en masse et individuelle et qui est directement reliée au Premier ministre.

Contrairement aux Kurdes d’Irak qui avaient eux aussi bénéficié du statut d’invités et étaient restés dans le sud-est de la Turquie, une majorité de Syriens est véritablement installée dans les principaux pôles urbains et une grande partie d’entre eux est présente sur le territoire turc depuis 5 ans, remplissant ainsi un des critères d’attribution de la nationalité. Alors que la Turquie a toujours adopté une approche en termes d’identité et de sécurité nationales, l’intégration des migrants Syriens représente désormais un défi majeur à la fois pour l’État et la société, tout en reposant la question de l’intégration des autres minorités.

Etant donné l’état des politiques de l’AKP concernant la coexistence des différentes communautés en Turquie aujourd’hui, il faut souligner ici la responsabilité qui incombe alors aux associations turques et syriennes qui offrent des espaces intermédiaires d’échanges et de rencontres entre les différentes parties de la société. En touchant des problématiques du quotidien et en mettant en place des projets pratiques, les associations peuvent permettre une meilleure connaissance de l’Autre et de ses réalités. Au niveau d’Istanbul, il peut s’agir d’une aide bénévole aux réfugiés syriens notamment dans l’éducation des enfants comme le fait magistralement l’association Mutfak dans le quartier de Tarlabaşı. Il existe aussi des ateliers de conversation anglais, turc, arabe qui permettent un véritable échange linguistique et social (initiative Tabadul lancée par des jeunes Turcs). Enfin, au niveau culturel, on trouve aussi des projets réalisés en commun comme des concerts (IKGV Human Resource Development Foundation), des conférences (Hamisch : https://www.facebook.com/Hamisch-474575212646327/?fref=ts) ou des expositions (librairie Pages associée à l’exposition sur les caricaturistes du Moyen-Orient). Ces initiatives, combinées aux recherches de terrain des chercheurs et des intellectuels pour une meilleure information et compréhension, ainsi que le travail de sensibilisation aux discours de haine dans les médias (entamé par le projet Nefret söylemi) sont à renforcer pour penser et améliorer le vivre ensemble en Turquie.

Rappel

Arrivée des Syriens par année (données de l’AFAD et UNHCR)

  • 2011 : 7600
  • 2012 : 103 000
  • 2013 : 562 000
  • 2014 : 1 000 050
  • 2015: 1 900 000
  • 2016 : 2 747 000 (mois de juin)
  1. Les migrants Syriens qui arrivent en Turquie ont juridiquement le titre d’ »invités ». Ils ne peuvent être reconnus comme réfugiés du fait de la clause géographique qui n’a toujours pas été levée par la Turquie. [↩]
  2. La tentative de coup d’État du 15 juillet 2016 a ensuite envahi l’espace médiatique. Reléguant la question de la naturalisation des migrants syriens à l’arrière-plan, la situation politique a également révélé des fractures dans la société, des réactions xénophobes contre les Syriens ou les Kurdes ou, au contraire, a-t-on pu voir une opinion publique cherchant à mobiliser des Syriens lors de la « fête de la démocratie » qui a suivi. [↩]
  3. C.Batchelor, porte parole de l’UNHCR, à propos de l’accueil des réfugiés syriens par la Turquie: « c’est un grand hommage à l’esprit humanitaire, non seulement du gouvernement turc mais de tout le peuple turc ». [↩]
  4. De nombreux lynchages ont été perpétrés par des groupes de jeunes Turcs sur des jeunes Syriens durant l’été 2014. Ces actes de violence ont été filmés puis diffusés sur les réseaux sociaux. [↩]
  5. On relèvera ici les unes populistes et xénophobes du journal de gauche kémaliste Sözcü. Voir par exemple sa une du vendredi 8 juillet 2016 qui dénonce le fait que les Turcs payent les taxes et sont au chômage alors que l’on donne tout gratuitement (beleş) aux Syriens. [↩]
  6. Agence turque du développement de logement. [↩]
  7. Entretien avec Zeynep, mère au foyer, habitant dans le quartier stambouliote de Bahçelievler. [↩]
  8. “Vatandaşlık dediğin yüz yıllık bir hikaye », Agos, 13 juillet 2016. [↩]
  9. Les commentaires évoqués ont été lus sur le référendum en ligne : referandum.co/r « Suriyeli mültecilere vatandaşlık verilmeli mı ? » [↩]
  10. “Nationalisme xénophobe contre réfugiés syriens”, Kedistan, 14 juillet 2016, http://www.kedistan.net/2016/07/14/nationalisme-xenophobe-refugies-turquie/ [↩]
  11. Umut Korkut, « Pragmatism, moral responsibility or policy change : the Syrian refugee crisis and selective humanitarianism in the Turkish refugee regime », Comparative Migration Studies, 2016, 4:2. [↩]
  12. Discours de Recep Tayyıp Erdoğan, alors Premier ministre, en août 2011. [↩]
  13. Entretiens menés dans les rédactions des journaux Agos ou Siyasihaber.org et entretiens que j’ai pu réaliser avec des Syriens présents à Istanbul durant l’été 2016. [↩]
  14. Lors de la signature du Protocole de 1967 relatif au statut des réfugiés qui supprime les clauses temporelle et géographique imposées par la Convention de Genève de 1951, la Turquie n’a supprimé que la clause temporelle. [↩]
  15. Participant aux rencontres linguistiques organisées par l’initiative Tabadul. [↩]
  16. « Vatandaşlık dediğin yüz yıllık bir hikaye », Agos, 13 juillet 2016. [↩]
  17. Selon l’acte d’installation entré en vigueur en 1934 et réitéré en 2006, seuls les personnes d’ascendance et de culture turque peuvent migrer et s’installer en Turquie » dans “Syrians go Home”: the Challenge of the Refugee Influx from the Syrian civil War in Turkey”, Andrés Mourenza et Imanol Ortega, In : “Guests and Aliens”: Re-Configuring New Mobilities in the Eastern Mediterranean After 2011 – with a special focus on Syrian refugees, E. Aksaz, J.-F. Pérouse (éds.), Les dossiers de l’IFEA, juillet 2016. URL : http://books.openedition.org/ifeagd/1871 [↩]


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