George Sabra à Paris pour remettre de l’ordre dans l’opposition

Article  •  Publié sur Souria Houria le 6 février 2012

28/01/2012

Pendant 42 ans, George Sabra a contesté le pouvoir des Assad à Damas, de planques en rencontres clandestines. Figure respectée de la révolution, il a quitté son pays pour Paris, refuge de l’opposition syrienne, avec pour mission d’y jouer les premiers rôles.
L’ancien militant communiste, chrétien, a grossi le flot de ces opposants qui ont fui la répression sanglante du régime de Bachar el-Assad et trouvé refuge en Turquie, au Liban et en Europe, notamment en France. Il reçoit dans un appartement parisien où il a posé ses valises à la mi-décembre après avoir traversé à pied la frontière entre la Syrie et la Jordanie. À 65 ans, il a été dépêché par l’opposition interne pour remettre de l’ordre dans le travail du CNS.
« Le CNS est parfois comme paralysé. Il va trop lentement par rapport à ce qui se passe en Syrie », estime-t-il à l’AFP en sirotant un café à la cardamome. « Il faut des réponses plus rapides et plus de soutien du Conseil national syrien. Nous avons besoin de nourriture, de médicaments ». Candidat pour succéder à Burhan Ghalioun, M. Sabra déplore le « manque de coordination » et la cacophonie qui prend parfois le conseil. « Il y a tellement de personnes qui font des déclarations », relève-t-il. « Il faut que la responsabilité des déclarations soit confiée à des personnes définies. » « Politiquement, le Conseil a réussi. Mais concernant l’argent, l’aide aux civils, c’est un échec », déplore-t-il.
Depuis sa création à l’automne, le CNS s’est toujours gardé d’évoquer une intervention étrangère alors que la rue syrienne se faisait, elle, de plus en plus insistante. « Nous devons prendre une décision claire. Les Syriens ont besoin d’être protégés contre les bombes, contre les tueries quotidiennes », estime l’opposant. « Notre devoir est de trouver les moyens et les méthodes pour arriver à cela. L’ONU est un bon endroit pour en discuter, surtout depuis que la Ligue arabe a introduit cette question au Conseil de sécurité », souligne-t-il.
Il mentionne également les problèmes entre le CNS et l’ASL. « Il doit y avoir plus de coordination », insiste-t-il, évoquant la nécessité d’un « conseil militaire ».
Signalons qu’emprisonné huit ans par le régime de Hafez el-Assad, Georges Sabra a goûté de nouveau l’année dernière aux geôles syriennes après avoir participé à des manifestations. Après un premier séjour d’un mois et un second de deux mois en prison, il est libéré le 19 septembre et rentre de nouveau dans la clandestinité, un retour aux réflexes de survie de sa jeunesse. « Il était plus difficile d’être dans la clandestinité en 1985. Là, je n’ai changé que deux fois de planques en deux mois. J’ai même habité à une cinquantaine de mètres des services de sécurité », sourit l’ancien instituteur. « C’est la première fois que je quitte la Syrie depuis un voyage aux États-Unis en 1978 », dit-il en rappelant que le régime lui avait confisqué son passeport. Il vit désormais grâce à l’aide d’un fils médecin.
« Tout le monde sera candidat (pour succéder à Burhan Ghalioun). Mais celui qui pourra convaincre toutes les tendances du conseil sera président », dit-il. « Je pense que les Frères musulmans peuvent être d’accord avec moi. Et le fait que je sois chrétien n’est pas un problème.

Date : 28/01/2012

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