Hollande condamne la rencontre des parlementaires avec le «dictateur» Assad

Article  •  Publié sur Souria Houria le 2 mars 2015

L’initiative des députés qui ont rencontré mercredi Bachar el-Assad a provoqué la colère des plus hautes sphères du pouvoir. En déplacement aux Philippines, François Hollande a déploré jeudi la rencontre. «Je la condamne parce qu’il s’agit d’une rencontre entre des parlementaires français qui n’ont été mandatés que par eux-mêmes avec un dictateur qui est à l’origine d’une des plus graves guerres civiles de ces dernières années, qui a fait 200.000 morts. 200.000!» a déclaré le chef de l’Etat lors d’une conférence de presse à Manille.

Avant lui, le premier ministre Manuel Valls a lui aussi exprimé sa réprobation. «Les parlementaires peuvent se déplacer. Mais je veux condamner cette initiative avec la plus grande vigueur. Ils ne sont pas allés voir n’importe qui! Ils sont allés rencontrer Bachar el-Assad, responsable de plusieurs dizaines de milliers de morts. Les parlementaires représentent la souveraineté nationale. Que des parlementaires aient rencontré sans crier gare un boucher, c’est une faute morale!», a tranché le premier ministre sur BFM-TV.

«Assad n’est pas un dictateur autoritaire, c’est un boucher», s’est indigné le premier secrétaire du Parti socialiste sur RTL. La visite des députés ne passe pas rue de Solférino. Et pour cause l’un des quatre élus est socialiste: le président du groupe amitié France-Syrie à l’Assemblée nationale Gérard Bapt. Jean-Christophe Cambadélis a annoncé ce matin que l’élu serait sanctionné pour cette initiative. Ce dernier a pour sa part évoqué une «mission personnelle».

«J’ai écrit à Gérard Bapt, je le convoquerai et je prendrai des sanctions», a prévenu le premier secrétaire du PS. «Je le déferrerai devant la Haute autorité du Parti socialiste», a-t-il ajouté. Cette dernière devra statuer sur une possible infraction des statuts du parti et pourrait prononcer une exclusion du député de Haute-Garonne. Pourtant, ce dernier n’a pas rencontré Bachar el Assad, contrairement au député UMP Jacques Myard, au sénateur UMP Jean-Pierre Vial, et au sénateur UDI François Zocchetto.

Une démarche saluée à droite

 

Le point de vue de PS est loin d’être partagé au sein de l’opposition. «L’initiative des quatre parlementaires en Syrie est une bonne chose. J’aurais aimé que le gouvernement français les appuie», a regretté Florian Philippot, invité sur France Inter. Un point de vue partagé par divers cadres à l’UMP, comme par exemple Claude Guéant. La visite de cette délégation parlementaire française est une première depuis la fermeture de l’ambassade de France en 2012 suite aux massacres qui ensanglantent le pays. Leur déplacement va à l’encontre de la ligne officielle française qui écarte toute reprise de dialogue avec le régime de Damas. Une position mise à mal par la montée en puissance de l’Etat islamique.

 



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