Hommage posthume à Hana Yousef Ayush, morte à al-Qusseir dans l’exercice de ses fonctions – par Ignace Leverrier

Article  •  Publié sur Souria Houria le 15 juin 2013

Hana Yousef Ayush était infirmière. Elle travaillait à al-Qusseir, apportant à sa manière sa contribution à la « Révolution syrienne pour la dignité et la liberté ». Elle prenait soin des malades et des blessés avec un total dévouement. Elle consacrait son temps à aider les personnes dans le besoin de toutes les façons possibles.

Hana’ Yousef Ayush

Hana se déplaçait d’un établissement de soin à l’autre. Elle a ainsi contribué à sauver la vie de milliers de Syriens. Après la création de l’hôpital de campagne d’al-Qusseir, elle a accompagné les combattants dans les différents quartiers de la ville et dans ses environs, pour traiter les victimes civiles, hommes, femmes et enfants. Elle soignait aussi les combattants.

Malgré le manque de médicaments et de matériels à sa disposition, Hana a déployé des trésors d’ingéniosité pour répondre aux besoins et faire face aux défis d’une situation déplorable. Sans se laisser impressionner par les raids aériens, les bombes et les missiles qui tombaient aux alentours, elle a poursuivi son travail sans relâche. Par son courage, elle a redonné espoir aux blessés dont elle s’occupait et elle leur a permis de continuer de rêver à une existence meilleure. C’est en accomplissant ce qu’elle considérait son devoir qu’elle a perdu la vie.

En coopération avec des combattants de l’Armée Syrienne Libre et le personnel médical de la ville, elle s’était attelée au transfert de plus de cinq mille civils, parmi lesquels de nombreux blessés, et à leur acheminement vers des zones plus sûres. Le 7 Juin 2013, elle a été atteinte par l’un des missiles tirés sur al-Qouseir par les forces d’al-Assad et le Hizbollah.

La mort de Hana est une perte considérable pour tous les Syriens. Ils n’oublieront jamais ni son dévouement, ni l’acharnement qu’elle mettait à prendre soin des autres. Elle est morte en héros aux yeux de ceux qu’elle avait pris en charge. Elle doit être considérée comme telle par le monde entier.

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Des dizaines de Hana, infirmières, médecins, institutrices ou femmes au foyer, sont mortes en Syrie depuis le début du soulèvement en s’occupant de leurs concitoyens : ici en prodiguant des soins, là en assurant les approvisionnements, ailleurs en préparant la nourriture, en garantissant le gite ou en s’occupant des enfants. Car, même quand elles sont inévitables, les armes ne suffisent pas à elles seules à faire une révolution.

Avoir pour Hana Yusef Ayush une pensée, c’est rendre hommage à l’ensemble des femmes dans la révolution syrienne.

source : http://syrie.blog.lemonde.fr/2013/06/12/hommage-posthume-a-hana-yousef-ayush-morte-a-al-qusseir-dans-lexercice-de-ses-fonctions/

date : 12/06/2013



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