« Il y a un manque de tout » en Syrie – Par K. L. avec Julia Delage et Tiffany Osswalt

Article  •  Publié sur Souria Houria le 3 juin 2015

Alors que se réunit mardi à Paris la coalition internationale qui doit définir sa stratégie face aux avancées du groupe Etat islamique en Irak et en Syrie, BFMTV a rencontré des Syriens qui décrivent la situation sur place, le changement de stratégie du groupe terroriste et enfin ses attentes face à la réunion.

 

La stratégie à adopter face aux avancées du groupe Etat islamique en Irak et en Syrie sera au centre d’une réunion mardi à Paris des pays de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, dont les quelque 4.000 raids en dix mois n’ont pas réussi à stopper les jihadistes.

Depuis le début de la rébellion contre le pouvoir deBachar al-Assad en mars 2011, le conflit en Syrie a dégénéré en une guerre civile complexe où jihadistes, rebelles et le régime cherchent à étendre leurs zones de contrôle. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), l’Etat islamique contrôle actuellement au moins la moitié du territoire syrien.

« Une catastrophe sanitaire et humanitaire »

« Ce qu’on attend de la communauté internationale? Le minimum, ce serait d’arrêter les bombardements pour que les gens arrivent à vivre normalement », explique Ziad Alissa à BFMTV. Ce médecin franco-syrien fait des allers-retours une semaine par mois pour aider ses collègues en Syrie.

« Il y a une catastrophe sanitaire et humanitaire là-bas », déplore-t-il, avec des barils qui tombent quotidiennement à Alep où les deux tiers de la population ont fui la ville. Eau potable, électricité, médicaments… « Il y a un manque de tout », résume-t-il.

Daesh tente de gagner la sympathie des Syriens

Après la terreur, Daesh tente maintenant de gagner la sympathie des habitants. Mohamad Taha est archéologue, originaire de Palmyre. Il a quitté la Syrie en 2005 mais toute sa famille y est encore. Depuis la prise de Palmyre par Daesh, il prend des nouvelles de sa ville natale presque tous les jours grâce à des activistes qui risquent leur vie pour donner des informations sur les réseaux sociaux. « Ils avaient promis de rétablir l’eau en 24 heures, ils l’ont fait en 6 heures », explique ce réfugié politique à Paris. Il explique aussi que les têtes des buveurs d’alcool ou des fumeurs n’ont pas été coupées. Des gardes veillent sur la cité de Palmyre et les jihadistes n’ont pas touché à l’église, ils n’ont même pas enlevé la croix.

Ce changement de stratégie de Daesh semble opportun alors que certains occidentaux évoquent la possibilité d’une réouverture du dialogue avec Bachar al-Assad.

« Qu’ils soient chrétiens, musulmans… les Syriens seront avec l’Etat islamique. Pour les Syriens, le pire du pire du pire c’est le régime d’Assad, les gens que je connais préfèrent le diable à Assad », explique Mohamad Taha. Il estime que la chute de l’Etat islamique découlera de la chute du président syrien. Pas sûr que les 24 nations réunies à Paris mardi suivent cette analyse.

 

source : http://www.bfmtv.com/international/pour-les-syriens-le-pire-du-pire-c-est-le-regime-d-assad-891611.html

 

 

date : 02/06/2015



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