L’Impasse Syrienne 1/3

Article  •  Publié sur Souria Houria le 11 septembre 2011

Entrevue de Algerie Network

Devant le flot de nouvelles et d’analyses provenant de la crise syrienne, de valeur analytique bien souvent inégale, et pas toujours exemptes de manipulations factuelles, nous avons décidé de réaliser une série d’entretiens sur le sujet en essayant de nous abreuver à d’autres sources. Voici le 1er de ces entretiens, en 3 parties, avec Jean-Marie Cléry, universitaire qui a vécu de nombreuses années en Syrie et dans le monde arabe.

Q1 : Depuis la mi-mars, plus de trois mois après le déclenchement des révoltes en Tunisie et en Égypte, le régime de Bachar al-Assad en Syrie se trouve confronté à un mouvement de contestation. Qu’est-ce qui rapproche et différencie l’actuel régime syrien et la situation sociale de la Syrie de celles de l’Égypte de Moubarak et de la Tunisie de Benali ? Les raisons de la révolte dans ces 3 pays sont-elles identiques ou différentes ?

JMC : Contre quelle Syrie une partie de la société s’est-elle soulevée dans le prolongement des printemps tunisien et égyptien ? A côté d’indéniables spécificités, nationales ou régionales, il existe bien évidemment un dénominateur commun analytique entre la révolte syrienne et ses homologues arabes : un même socle des faiblesses et autres contre performances du régime baasiste et, partant, d’identiques revendications ou d’identiques « ressources » pour ceux qui souhaitent le contraindre à se réformer soit, à défaut, l’abattre.

1°) C’est d’abord l’usure du système, due sans surprise à sa longévité extrême ; ce sont ensuite toutes les expressions de l’autoritarisme et du clientélisme qui s’y sont développées dans les carences béantes de l’État de droit.

La liberté d’expression est en Syrie particulièrement limitée, autant qu’hier en Libye ou en Tunisie, les lanternes rouges de la région. Elle est de toute évidence très inférieure à ce qu’elle est en Algérie, où la division des clans au pouvoir donne parfois jusqu’à aujourd’hui l’illusion d’un espace de débat pluraliste, ou au Yémen ou en Égypte, où le régime avait abandonné la velléité de contrôler la totalité de l’espace médiatique. Facebook était interdit en Syrie jusqu’en mars avant d’être paradoxalement autorisé, le pouvoir espérant ainsi démontrer  l’exceptionnalité syrienne dont il cherchait alors à se prévaloir sur la scène arabe pour exorciser ses craintes « printanières ».

Dans la Syrie d’où monte la révolte de mars 2011, on peut emprisonner, torturer et même faire disparaître sans aucune contrainte légale et avec un très faible coût politique. La loi d’exception – en vigueur sans discontinuer depuis mars 1963 et levée début avril sans que les pratiques du régime aient pour autant changé – n’y est d’ailleurs pas pour grand-chose. A l’instar de celui de la Tunisie de Ben Ali, de l’Égypte de Moubarak  ou de la Libye de Kadhafi, le régime syrien gouverne au nom d’une légitimité qu’il dit populaire et révolutionnaire, mais qui le maintient en réalité hors de portée de tout contrôle populaire, électoral ou juridictionnel. Et il est seul habilité à définir les exigences supérieures de la révolution ou de la résistance nationaliste à l’État hébreu et les entorses qu’elles sont supposées justifier aux droits individuels et collectifs les plus élémentaires.

Spécificité syrienne, en revanche, ce régime est à la fois issu de et étroitement identifié à une minorité religieuse (les Alaouites, une expression très minoritaire du chiisme), très déconsidérée aussi bien d’un point de vue religieux que social par la bourgeoisie sunnite à qui elle a longtemps fourni sa main-d’œuvre domestique. Autre différence essentielle avec la configuration tunisienne ou égyptienne, où l’armée a joué le rôle essentiel que l’on sait, en Syrie l’ancrage de l’encadrement militaire est très spécifiquement lié à cette communauté qu’Hafez al-Assad a utilisée pour verrouiller son pouvoir.

Même si l’absence de toute expression oppositionnelle n’implique pas que la violence répressive soit le seul mode d’action du régime,  en Syrie comme ce fut le cas en Tunisie et en Egypte, les performances de l’appareil de répression priment quoi qu’il en soit sur celles des institutions de représentation. Derrière ou plutôt au-dessus des appareils gouvernemental et parlementaire et la fiction de représentation populaire qu’ils entretiennent c’est, tout comme le Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS, ex-Sécurité militaire) dans le cas de l’Algérie, un dispositif policier qui prévaut, avec ses structures para-institutionnelles, des règles de fonctionnement s’abstrayant de toute légalité et une culture propre de l’impunité. De la Sûreté générale ou intérieure à la Sécurité militaire en passant par toutes les officines du renseignement, cinq appareils policiers, parfois concurrents (ils l’ont sans doute été dans la phase d’instauration du pouvoir de Bachar) mais le plus souvent complémentaires constituent le véritable socle du pouvoir. Ils sont aidés chaque fois que nécessaire par des milices recrutées ponctuellement au sein de la fonction publique en générale, de la communauté alaouite en particulier.

Un ouvrage à peine romancé (Mustafa Al-Khaleifi,La Coquille,Actes Sud,2007, 272 p.) permet de se faire une idée des méthodes banalisées à partir des années 1980 contre ceux qui transgressaient la règle ou étaient accusés de le faire. Elles sont jusqu’à ce jour gravées dans la conscience des opposants potentiels qui savent le coût qu’ils doivent être prêts à payer, si pacifique soit leur démarche. Cette particularité doit être présente à l’esprit de qui s’étonne parfois des limites, notamment dans les grandes villes, de la mobilisation protestataire. La structure et les pratiques de ce système policier n’ont que peu évolué depuis le début des années 1970.

Le titulaire nominal du pouvoir a certes changé en 2000 mais seulement dans les limites de la filière de « monarchie républicaine » qui a transféré le pouvoir d’Hafez al-Assad à son fils Bachar. Au milieu des années 2000, les promesses de libéralisation politique de ce qui s’est appelé déjà le « printemps de Damas » ont été fugitives. L’échiquier politique tout entier, de la gauche aux Frères musulmans, dans une configuration qui n’est pas sans rappeler celle que les opposants algériens avaient inaugurée en signant en 1995 le pacte de Sant’ Egidio, a eu toutefois le temps de montrer sa capacité à adopter un code de cohabitation très prometteur qui pourrait demain retrouver toute son actualité. Au sommet de l’État, les transformations n’ont été que minimes. La « Première dame » s’est constituée, au détriment de certains ministères, une sphère réservée, mais dans les limites étroites de l’action culturelle et caritative.

La formule politique qui a traversé le temps est donc demeurée caractérisée par des appareils parlementaire et gouvernemental soumis au monopole d’un parti hégémonique (à défaut d’être formellement unique), lui-même soumis au primat inavoué mais bien réel d’un appareil policier multiforme et omniprésent, dont le leadership comme les troupes de choc sont issus de façon privilégiée de la communauté alaouite. Ainsi les agents de la voirie municipale, principalement recrutés parmi les Alaouites, ne sont pas seulement chargés de l’hygiène publique. Ils sont également les rouages d’un système de surveillance et de délation tentaculaire. Et depuis mars 2011, chaque vendredi, entassés dans des bus publics pré-positionnés à proximité des mosquées de Damas, ils fournissent instantanément des contingents de contre-manifestants matraqueurs prêts à disperser violemment les opposants tout en chantant les louanges de Bachar.

Les jeunes membres des « Chabiha », miliciens musclés issus eux aussi de la communauté alaouite, sont utilisés pour mener à bien les basses œuvres de la répression (effrayer les autres communautés, collectivement ou individuellement, disperser les manifestants) sans impliquer trop visiblement les agents de la force d’État. Là encore, il est tentant de faire le parallèle avec ce que furent les « Groupes islamiques de l’armée » comme les nommèrent progressivement les observateurs les moins « désinformés », par lesquels le régime algérien réussissait à la fois à frapper ses opposants tout en les discréditant aux yeux d’une opinion publique étrangère (alors plus particulièrement crédule) en leur faisant porter la responsabilité de la violence dont ils étaient les principales victimes. Le pouvoir syrien frappe aujourd’hui ses opposants avec des « bandes armées salafis » dont tout permet de penser qu’elles sont issues des rangs de ses services d’une part, de ses affidés d’autre part.

Sans surprise, ce sont donc les actions de tous ces acteurs quotidiens de la répression (comme en Tunisie ou en Égypte d’ailleurs, où les commissariats ont brûlé avant les symboles politiques du pouvoir) qui ont provoqué les premières manifestations. L’un des tous premiers incidents à avoir été rapporté à l’intérieur de la ville de Damas est né ainsi des insultes adressées par un policier chargé de la circulation au fils de l’un des commerçants du grand souk Hamidiyé. À Deraa, ce sont sans doute les ongles arrachés aux adolescents accusés d’avoir tagué quelques slogans importés des printemps télévisés (le désormais universel « le peuple veut la chute du régime », souvent remplacé depuis le mois de Ramadan par « le peuple veut l’exécution de Bachar ») qui ont donné la tonalité du printemps syrien. Leurs pères lorsqu’ils se sont enquis du sort de leur progéniture s’entendirent ensuite  conseiller « Faites d’autres enfants ! Si vous ne savez pas faire, amenez-nous vos épouses et on s’en chargera ». La révolte fondatrice du printemps syrien n’a pas été le résultat d’une mobilisation initiée par une organisation politique et, dans ce cas précis, même les réseaux sociaux n’ont pas joué un rôle décisif : elle est bien née de la réaction spontanée de la population, toutes catégories confondues, face à un débordement de cette brutalité policière, piétinant tous les codes sociaux, qui est la marque de fabrique du régime.

Le troisième contentieux des opposants avec le régime syrien est son clientélisme et la concentration des dividendes de l’ouverture économique (du milieu des années 2000) dans les mains d’un groupe relativement restreint où les proches (famille et belle-famille) du Président sont surreprésentés. Même si les records détenus par la belle-famille du président Ben Ali ne semblent pas avoir été égalés par le cousin (Rami Ben Makhlouf) du président Bachar, le syndrome « Trabelsi »,  fait bien partie, sur fond d’une paupérisation des classes moyennes accélérées par le désengagement de l’Etat, de la recette du désenchantement syrien et de la révolte qui s’est déclenchée au mois de mars.

2°) À l’inverse, le régime syrien est à certains égards moins démuni que ses homologues tunisien ou égyptien pour affronter la contestation. La comparaison entre le régime de Bachar et celui de Moubarak suggérait une image sans doute simplificatrice mais néanmoins relativement justifiée : l’Égypte de Moubarak bloquait devant Gaza les convois humanitaires qu’y envoyait la Syrie de Bachar. De fait, le régime syrien a conservé sur le terrain du conflit israélo-arabe des ressources plus substantielles que celles de ses voisins égyptien ou jordanien, dont la résistance avait cédé sous les pressions américano-israéliennes.

La plupart des opposants syriens contestent aujourd’hui avec virulence cette lecture et la vertu nationaliste dont se pare, il est vrai sans mesure, le régime de Damas, pour justifier ses abus autocratiques. Ils dénoncent au contraire la passivité relative du régime, notamment sur le front du Golan où le calme a régné depuis 1973. L’attitude de Damas ne saurait pour autant être assimilée à celle du Caire et moins encore à celle d’Amman. Si les blindés syriens n’ont effectivement jamais tenté de reconquérir le Golan, tenant réalistement compte d’un rapport de forces qui leur était parfaitement défavorable, le soutien accordé au Hamas et au Hezbollah par la Syrie n’a pas été depuis vingt ans seulement verbal. Ainsi les premières réticences du Hezbollah devant la répression (un temps perceptibles dans le quotidien libanais Al-Akhbar, interdit de ce fait en Syrie) se sont tues au profit d’un soutien sans faille qui coute de plus en plus cher à une formation que sa résistance exceptionnelle avait fait pourtant ériger en 2006 comme la figure de proue du nationalisme arabe, toutes confessions confondues.

Pour les Israéliens et leurs alliés européens et américains, la posture du régime syrien  et ses alliances régionales (Téhéran et Hezbollah libanais) sont plus substantielles que ne veulent le reconnaître ses opposants ;  et la perspective de son affaiblissement, voire de son élimination, n’est à l’évidence pas pour leur déplaire. Cette réalité nourrit très logiquement les réticences d’une partie des opposants potentiels, en Syrie ou ailleurs.  L’unanimisme  actuel de la mobilisation occidentale contre cet « autoritarisme syrien », devenu aussi soudainement intolérable qu’il était, depuis 2008, compatible avec les ambitions régionales des puissances occidentales – tranche avec le quasi silence observé par celles ci vis à vis des pratiques en vigueur à Riyadh ou Manama. De là viennent également les états d’âme, très compréhensibles, de certains sympathisants de la cause palestinienne, qui manquent d’enthousiasme pour mêler leur voix à celles de ces subits « défenseurs du peuple syrien » curieusement surgis depuis quelques semaines des rangs des plus inconditionnels supporters parisiens de l’État hébreu.

L’inconfort de toute une génération de militants, arabes ou européens, sollicités de cautionner depuis peu des « libérations » qui s’opèrent avec le soutien des diplomaties européennes voire au forceps des bombes de l’OTAN est bien réel. Qu’y répondre ? Que les diplomaties  des nations dominantes défendent à l’évidence, depuis longtemps, des intérêts trivialement mercantiles plus surement que les principes éthique (christianisation puis civilisation d’abord, progrès ensuite, démocratie et droits de l’homme aujourd’hui) derrière lesquels elles ont toujours aimé les masquer. Il n’en demeure pas moins que pendant plusieurs décennies, la France, pour ne citer qu’elle, a fait, au service de cette stratégie, le choix de soutenir des régimes qui étaient devenus aussi répressifs qu’ils étaient illégitimes.

Le double électrochoc subi en Tunisie d’abord, en Egypte ensuite, a induit un  profond bouleversement de sa stratégie. La défense, par la France, de ses intérêts commerciaux et politiques, aussi cynique et utilitariste qu’elle puisse être, passe désormais par le soutien à l’instauration de régimes moins autocratiques que par le passé.  Longtemps en tension avec les peuples du monde arabe dont elle soutenait les dictateurs les plus discrédités, la diplomatie de Paris est depuis peu en guerre cette fois contre des régimes, ou certains d’entre eux,  qui ne sont pas encore passés à la grande lessive printanière.  Celui de Tripoli était de ceux là et désormais, celui de Damas a pris sa relève. S’opère dès lors cette convergence troublante entre de véritables  dynamiques populaires de libération et le soutien de grandes puissances aux arrière- pensées commerciales et (dans le cas israélien) géopolitiques évidentes.

Faut-il pour autant bouder ce plaisir relatif de voir, une fois n’est pas coutume, les dictateurs dans le collimateur européen ? Faut-il, pour ne pas éprouver la sensation troublante d’appartenir au camp de BHL et de ses alliés – qui ont cautionné une aide  militaire que ni la Tunisie ni l’Egypte n’ont osé apporter à la Libye-  adopter la ligne du  camp algérien ou syrien des « dictateurs sans frontières » et défendre à tout prix la survie de Qadhafi et de Bachar ? Sans doute non. La pilule n’en est pas moins difficile à avaler lorsque se creuse l’écart entre ces nouvelles exigences humanistes que Paris entend imposer avec tant de rigueur à Damas et la prudence des démarches qui devraient être identiques, mais sont loin de l’être, non seulement vis à vis de  régimes qui (à Riad ou à Manama) sont moins gênants pour l’agenda de l’Europe  mais plus spectaculairement, vis à vis de cet exceptionnalisme dont l’Etat hébreu, depuis sa création, jouit interminablement.

Q2 : D’une part les « représentants » de l’opposition syrienne semblent divisés, d’autre part ils semblent n’avoir, à l’exception notable des Frères musulmans, qu’une connexion très lâche avec les manifestants dans la rue. Qu’en est-il vraiment ? Qui parmi ces opposants pourrait mener un processus de transition en Syrie, et à quelles conditions ? Des leaders peuvent-ils encore émerger spontanément de la rue ?

JMC : L’une des dimensions de la révolte syrienne – qui, en la rapprochant d’ailleurs de ses homologues arabes, en fait à la fois la force et la faiblesse – est qu’elle n’a pas été initiée par des oppositions partisanes constituées. Que les oppositions traditionnelles aient pris le train en marche n’implique pas pour autant que, plus ou moins transformées par les exigences de l’heure, elles n’ont aucun avenir,.De Mouammar Kadhafi à Bachar al-Assad, les régimes autoritaires ont pour principe de ne jamais laisser émerger un leadership alternatif. Les oppositions syriennes sont donc pour l’heure effectivement peu structurées, les Frères musulmans ne l’étant pas nécessairement beaucoup plus que les autres, la mouvance associative sunnite ayant fait l’objet de la part du pouvoir d’une vigilance entriste ou répressive toute particulière.

A l’extérieur, aucune grande figure de rassembleur ne s’est pour l’heure imposée. Il est très difficile de mesurer la superficie de chacun des groupes qui s’expriment, depuis Paris ou Londres notamment, le cas échéant aux côtés de ces improbables humanistes nouvellement « amis du peuple syrien », dans les médias étrangers. Sur le terrain en revanche, il est vérifié que des comités de coordination sont présents et remarquablement efficaces en matière d’entraide médicale, sociale et financière, ou de centralisation et de diffusion des images de la répression.

Dans l’incertitude où se trouve l’observateur, pour affiner l’image de l’opposition syrienne, le comparatisme retrouve donc toute sa signification. L’exemple tunisien suggère plusieurs pistes. Les porte-parole isolés, même lorsqu’ils ont été médiatisés, n’ont pas nécessairement les ressources nécessaires pour mobiliser une base électorale. Ainsi Moncef Marzouki, candidat fugitif à la présidence de la République en Tunisie, est apparu relativement démonétisé, malgré sa stature médiatique internationale, après son retour au pays. L’exemple tunisien incite surtout à penser que, même si les oppositions partisanes constituées ont été relativement marginales dans le processus de déclenchement de la contestation, cela ne veut pas dire que les « blogueurs » et autre « génération Facebook » se sont purement et simplement substitués aux forces politiques traditionnelles.

Tout au plus, et cela n’est pas négligeable, ont-ils réconcilié une génération largement dépolitisée – où attirée par les trajectoires extrémistes – avec l’action politique légaliste et spectaculairement contribué à fédérer des foyers d’opposition ancrés dans des appartenances sociales, culturelles, idéologiques ou confessionnelles différentes les unes des autres et que, bien évidemment, les autocrates avaient longtemps excellé à opposer entre elles.

Sans grande surprise et contrairement à ce qu’ont écrit tous ceux qui ont annoncé une nouvelle fois leur disparition, les formations islamistes modérées apparaissent ainsi aujourd’hui, en Tunisie tout autant qu’en Égypte, comme très centrales dans le dispositif oppositionnel. Tout porte à penser qu’il devrait en être de même en Syrie. Le label « islamiste », peu scientifique par son imprécision, se prêtant à tous les malentendus, précisons qu’« islamisme » a plus de chance de rimer en Syrie avec « Erdogan » qu’avec « Taliban ». C’est de ce secteur du paysage électoral que pourrait assez vraisemblablement émerger, le cas échéant (mais nous en sommes encore très loin) une majorité électorale.

Source: http://algerienetwork.com/info/entrevue/10245-limpasse-syrienne-13.html



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