La crise syrienne au prisme de la variable religieuse (2011-2014) (4/4) – publié par François Burgat

Article  •  Publié sur Souria Houria le 1 octobre 2014

II.2  –  Les trois sources, interne, régionale et mondiale de la radicalisation jihadiste

“Depuis le début de l’année 2013 une autre guerre se déroule en Syrie, une guerre dont le prétexte est un évènement tragique survenu vers la fin du 7ème siècle” relève à juste titre Zyad Majed (1). Plus encore, la fracture sunnite chiite ne va pasêtre la seule à se creuser une nouvelle fois sous les coups de la crise syrienne.

 En 2013, au cours de la troisième  année de la révolte se sont  irrésistiblement affirmés des acteurs – les Jihadistes –  différents de la grande majorité de ceux qui avaient jusqu’alors peuplé ses rangs. Il est progressivement apparu que l’originalité de cette nouvelle composante du paysage armé résidait dans le fait que ses membres inscrivaient leur engagement militant au sein d’une  temporalité et d’une territorialité clairement distinctes de celles du printemps syro-syrien.Les “jihadistes” étaient également les seuls à assumer le recours à des les attentats suicides. Leur principale spécificité tenait toutefois à leur agenda politique, qui ne se superposait pas à ceux du reste de l’opposition syrienne.Alors que celle ci entendait construire des institutions permettant de répartir indistinctement le pouvoir entre les citoyens indépendamment de leur appartenance confessionnelle, les jihadistes affirmaient  leur volonté, (qu’ils mirent immédiatement en pratique dans les territoires dont ils prirent le contrôle) d’édifier un Etat dont les principes organisationnels seraient tirés directement de leur interprétation de la loi musulmane. Ils se démarquèrent donc explicitement, de l’affirmation démocratique du reste de l’opposition en prônant d’accorder de jure des droits inférieurs aux membres des confessions autres que musulmane sunnite. Initialement rattaché au successeur irakien d’al Qaïda (“L’Etat islamique en Irak”, puis “en Irak et au levant”) sous la dénomination du “Jabhat al-Nusra”,  la majorité d’entre eux s’autonomisèrent en2013 de leur direction irakienne (c infra). La montée en puissance de camp jihadiste, perçu comme à tout le moins associé à l’opposition, est rapidement parvenu à confisquer une partie de sa visibilité et, plus encore à en affecter la popularité, en Syrie pour une part,et plus systématiquement encore à l’étranger.

Si l’on veut cerner la portée exacte et donc également les limites de cette lente mais néanmoins réelle dynamique de radicalisation, il faut non seulement condamner ses débordements les plus répulsifs – des assassinats de masse (d’officiers ou de soldats alaouites puis celle d’otages étrangers) dont la dimension sectaire est explicitement assumée, la dégradation des édifices religieux autres que sunnites, l’application littéraliste des peines pénales de la loi islamique -notamment.  Il faut tout autant se pencher sur sa partie immergée, qui recèle les clefs de sa genèse et donc cellede ses possibles évolutions. La facilité avec laquelle le régime a réussi à enfermer son opposition dans l’image répulsive de sa composante la plus radicale ne peut être comprise si l’on sous estime mais pas davantage si l’on surdétermine son rôle dans ce processus, au détriment d’autres facteurs, plus“endogènes”, locaux mais également régionaux et internationaux. Ils sont constitutifs d’une  poussée jihadiste qui déborde largement l’espace syro-irakien et résulte de volontés  et de dynamiques diversifiées, servant des intérêts distincts au point d’être, ici et là, contradictoires mais qui doivent néanmoins être toutes prises en compte.11111

Nous avons proposé de considérer que  – lorsqu’ils ne sont pas le produit des manipulations directes des régimes (comme ce fut lecas notamment lors de la guerre civile algérienne des années 1990) – les membres de la  génération jihadiste,  adeptes du recours à l’action armée au service d’une rupture radicale avec l’univers notamment institutionnel perçu comme inspiré de la culture politique occidentale – peuvent être approchés comme des sortes de “laissés pour compte” des enceintes politiques dont ils entreprennent de se démarquer ou de combattre. L’hypothèse générale que nous formulons est que les jihadistes combattants dans le paysage syrien peuvent être ainsi respectivement considérés comme des «laissés pour compte » de l’institutionnalisation de l’opposition syrienne s’agissant des Syriens,  et, s’agissant des étrangers,  comme des déçus/exclus des systèmes  politiques du reste du monde : arabes d’une part (2) -de l’Irak de Maliki  principalement à l’Egypte de Sissi ou au Maroc de Mohamed VI (3) – mais également de près de 80 nations, pas seulement orientales, incluant la Russie, la plupart des pays d’Europe et lesEtats-Unis.

1 La filière syrienne du jihadisme : “sunniser” et radicaliser

La première dynamique de radicalisation a donc été étroitement liée à la stratégie du régime qui consistait à donner, par toutes sortes de moyens, une visibilité décisive à une composante de son opposition capable de la discréditer. Il chercha par tous moyens à crédibiliser ainsi la représentation tronquée, forgée par ses soins dès le début de la crise : celle d’une agression lancée contre la Syrie par des commandos sunnites jihadistes financés par l’Occident et ses alliés Israélien ou arabes conservateurs pour la punir de  sa résistance à l’ordre régional israélo-américain. Il l’a fait de plusieurs façons complémentaires : en faisant un usage immédiat d’une violence répressive à la fois disproportionnée avec la mise en cause dont il faisait l’objet et très sélective selon les appartenances respectives des protestataires (4). Il l’a fait ensuite en libérant dès le mois de mai 2011 des militants dont il savaient qu’ils grossiraient les rangs de la composante salafiste de l’opposition armée. Il l’a fait également en accordant pour un temps  à la composante jihadiste naissante un traitement privilégié la mettant à l’abri des raids aériens concentrés sur le reste de la rébellion (5). Il l’a fait enfin en mobilisant lui même des soutiens étrangers (au Liban, en Iran et en Irak notamment)  inscrivant leur action dans une logique clairement sectaire. Toute considération liant le phénomène du  “jihadisme” sectaire doit en effet prendre en compte le fait que dans le courant de l’année 2013, lorsque  près d’une dizaine de milliers combattants du hizbollah faisaient basculer le sort de la bataille de Qusayr, donnant lieu à Damas à de bruyantes célébrations religieuses autour du tombeau de la sainte chiite Sayeda Zainab, le nombre de combattants “jihadistes étrangers”combattant au service du régime pouvait être légitimement considéré comme plus important que celui des étrangers présents dans les rangs de l’opposition.

Le pendant externe de cette première variable de la jihadisation de l’opposition est directement lié aux atermoiements déjà mentionnés des “amis” occidentaux “de la Syrie” : en grande partie faute de disposer de critères rationnels d’appréciation de la prégnance de l’islam politique dans la région, ces amis européens et américains de la Syrie ont laissé en les ostracisant se développer le nombre des “déçus de lacoalition”. Errant entre des groupes divisés, dépourvus d’armement et de finances, bon nombre d’opposants ont fini par se tourner vers les brigades disposant d’une logistique, notamment irakienne, beaucoup plus conséquente. La montée en visibilité et en puissance des jihadistes (la première ayant souvent précédé la seconde) a ensuite et surtout été liée à l’évolution de deux autres théâtres protestataires, irakien pour l’un et plus largement mondial pour l’autre. Les manœuvres attestées du régime syrien n’auraient pu en aucune façon lui donner la dimension qu’elle a connue si elle n’avait pas eu, en Afghanistan puis en Irak d’abord, en Syrie ensuite, comme dans le reste du monde, une historicité et une assise militante propre.

2  Le croisement dangereux d’une révolte transconfessionnelle avec la filière jihadiste des laissés pourcompte sunnites  irakiens

Une révolution en cache parfois une seconde, qui peut la parasiter et en confisquer partiellement la visibilité, voire les finalités.  Tel a été, à certains égards, le cas de la  rencontre entre  la révolte nationale syrienne et une autre mobilisation protestataire à la fois nationale, régionale et mondiale : celle qu’a initiée la composante radicale du camp sunnite irakien, en se fédérant avec le reste des perdants de la chute du régime de Saddam Hussein. Sous la  présidence de l’ex numéro 2 du Comité pour la“débaasisation” du régime, Nouri al-Maliki, premier ministre  depuis le 20 mai 2006, soutenu et cautionné dans sa posture par l’Iran voisin, le gouvernement irakien s’est révélé incapable d’assurer une représentation crédible des sunnites, anciens alliés privilégiés du pouvoir baasiste déchu, laissant les exactions des milices chiites se développer au détriment rapide de la construction d’un Etat de droit(6). Une opposition sunnite pacifique certes vu le jour, avant de tirer les conséquences de son insuccès et de se militariser. Très vite qualifiée de terroriste et traitée comme telle  parles milices du premier ministre, lâchée par les Américains après leur départ,elle s’est  progressivement réconciliée avec les groupes radicaux rapatriés d’Afghanistan (7) qu’elle avait un temps combattu .  Dans le courant du mois de Ramadan/août de l’année 2011, dans des conditions aujourd’hui en partie éclaircies (8), le futur Etat islamique, alors “Jabhat al Nusra” sous la direction d’Abou Mohamed al-Golani a adopté le territoire syrien comme contre-champ de sa stratégie régionale et espace de la renaissance d’une organisation alors en perte de vitesse (9).

Conjoncturellementau moins, jusqu’à sa poussée victorieuse en Irak en juin 2014 et l’annonce par A Baghadi, le premier jour du Ramadan 2014 de son ambition de prendre la tête d’un caliphat restauré, l’EIIL a eu avec le régime syrien une période de manifeste convergence d’intérêts. Cette convergence s’est  manifestée notamment par le fait que les combattants de l’EIIL ont longtemps concentré leurs efforts sur le développement de leur assise dans les zones libérées, limitant leur  coopération opérationnelle avec les autres groupes armés. Plus encore, les locaux ou les convois de l’Etat islamique se sont vus régulièrement  épargnés, on l’a dit,  les bombardements que subissaient quotidiennement non seulement les combattants de l’ASL mais tout autant les  civils  des zones qu’ils contrôlaient.  Si l’intérêt du régime à encourager, auregard de leur utile fonction d’épouvantail (10), le développement d’une opposition radicale a été très vite perceptible, l’autre versant de cette   “convergence d’intérêts, vue cette fois du point de vue de EIIL, soulignée en temps réel notamment par Romain Caillet,était moins évidente. L’agenda de l’EIIL étant de préserver  la pérennité de la partie syrienne de son «État » transnational  en cours de formation, la chute du régime de Damas était loin de constituer une priorité de sa stratégie : “elle  entraînerait (en effet) immédiatement la formation contre lui d’une coalition regroupant la plupart des rebelles sunnites et les restes du « régime alaouite », voire l’intervention des drônes américains” dans le droit fil d’un scénario que les jihadistes ont expérimenté dans le contexte irakien, lorsque l’Etat islamique d’Irak, à partir de 2007, dut faire face au front réunissant  à la fois “l’armée américaine, les troupes du gouvernement de Nouri Al-Maliki, mais aussi les milices sunnites de la « Sahwa» ».

En juin 2013,la  déroute de l’armée irakienne devantcelle de l’Etat islamique de…Baghdadi  a contribué à changer profondément la donne. Le soutien occidental “contre ISIS” que les Syriens n’avaientpas réussi à mobiliser pour leur défense est, par la vertu d’un Pearl Harbour onstitué par l’assassinat de deux journalistes américains,  de nouveau à l’ordre du jour. Et l’ennemiiranien des trente dernières années est soudainement en train de devenir, de facto,  un allié.

3 D’Orient ou d’Occident : les “jihadistes sans frontières” ou leslaissés-pour-compte de l’intégration politique mondiale des musulmans.

Gonflantsignificativement les rangs des jihadistes irakiens et syriens et  donnant explicitement à la crise syrienne unedimension planétaire, une troisième catégorie d’acteurs, en provenance de prèsde 80 nations, a fait irruption  sur lascène révolutionnaire syrienne. Comme leurs confères syriens ou irakiens, les“Angry Sunnis” et autres “jihadistes sans frontières”  peuvent être perçus comme autant de laisséspour compte de leurs  enceintes politiques  respectives.  Ils viennent principalement du monde arabe :du Maroc, de Tunisie, d’Egypte et de Libye notamment  où les ouvertures “printanières” inachevées ou brutalement refermées avec la caution des Occidentaux ont laissé intactes d’importantes frustrations. Ils viennent également d’un certain nombre d’arènes asiatiques, les victimes tchétchènes de la répression russe (ou, en moindre nombre, les victimes ouïgoures de la répression chinoise) rêvant à la fois de prendre en Syrie leur revanche et de conquérir leur statut de sunnites“libres”. Ils viennent enfin des Etats-Unis mais plus encore d’Europe occidentale, et notamment de France. C’est là que quelques centaines d’entre eux ont cédé à la tentation de la migration – “hijra” (11)  vers des terres perçues comme “musulmanes”. Ils espèrent y  vivre librement les exigences sociales de leur religiosité. Ils pensent d’autant plus devoir combattre pour l’établissement de ce “sunnistan” idéal qu’ils ont pu vérifier qu’aucun Etat de la région – qui tous, de l’Egypte à la Jordanie,  expulsent régulièrement les musulmans européens en recherche religieuse – n’accepte d’en jouer le rôle. Ils signalent ainsi l’échec ou les limites des politiques d’intégration  d’un grand nombre de pays : celui de VladimirPoutine bien sur (et de ses prédécesseurs) en Tchétchénie notamment, mais également la France, de Manuel Valls…et de la totalité de ses prédécesseurs.

La naissance du jihadisme contemporain, version al-Qaïda, mobilisation visant à frapper  les Etats-Unis d’abord, l’Europe ensuite,  en tant que clef de voûte de la pérennité de régimes arabes considérés comme profondément illégitimes peut être corrélée, pour la dater, à l’internationalisation de la répression des oppositions islamistes,  telle que proclamée notamment lors du Congrès “antiterroriste” de Charm al-Cheikh en1996,  par les dirigeants autoritaires des enceintes nationales arabes de concert avec ceux de  l’arène régionale israélo arabe et (au lendemain de la militarisation de la diplomatie pétrolière des Etats Unis rendue possible par l’effondrement de l’URSS) ceux de  la superpuissance étatsunienne dans l’arène mondiale (12).

Selon les contextes où il s’est ancré, en Afghanistan d’abord puis en Irak et en Syrie,le jihadisme “global” contemporain a pris des tonalités et énoncé des priorités stratégiques différentes. Mais ses composantes sont demeurées les mêmes :lutter contre les acteurs (étatiques ou infra étatiques)  qui les empêchent de mettre en oeuvre l’expression politique et sociale de leur conception de la foi musulmane sunnite. Leurs adversaires sont prioritairement les puissances occidentales projetées dans la région mais également les communautés  chiites, surtout lorsqu’elles sont impliquées(comme en Iran mais également en Irak et au Liban)  dans la gestion des Etats et, comme ils l’ont démontré en Irak, toutes les  minorités religieuses même lorsqu’elles ne sont pas impliquées dans le rapport de forceavec l’Occident. Une dimension nouvelle du phénomène s’est confirmée et explicitée dans la crise irakienne puis syrienne : c’est la capacité desgroupes radicaux à relayer les attentes, notamment irrédentistes,  de leur environnement : celles des populations touaregs du Mali, celles des “sudistes” du Yémen ou des “Nordistes”musulmans du Nigeria et  aujourd’hui celle d’une large composante des Sunnites irakiens puis syriens.

La poussée de l’EIIL, dont le régime syrien affiche la prétention  à vouloir protéger le monde, signale donc uncomplexe entrelacs d’échecs structurels du politique profondément inscrits jusque dans l’histoire coloniale. Celui du régime syrien d’abord, où derrièrele faux semblant du discours laïque, la représentation politique citoyenne était obérée à la fois par l’autoritarisme “laïque” et  par la persistance des divisions confessionnelles. Celui résulte ensuite de la formule politique confessionnalisée mise en oeuvre par les Etats Unis au terme de leur invasion de l’Irak (13). La radicalisation jihadiste est également et enfin l’écho des contre performances d’un grand nombre de régimes, arabes et orientaux…mais tout autant occidentaux, France incluse. Depuis  la fin de l’année 2012,les adeptes occidentaux en général, français en particulier de ce Jihad sans  frontière  occupent dans la perception occidentale de la crise syrienne une place disproportionnée avec leur superficie numérique. Le fondement de ce rejet tient évidemment au fait que le discours jihadiste ajoute- au moins en théorie –  l’Occident tout entier au spectre de ses ennemis régionaux syriens, irakiens ou chiites.

Le paradoxe de cette expression extrême de la crise syrienne est qu’elle fait, à l’instar du thème des “chrétiens menacés” l’objet d’instrumentalisations multiples et contradictoires. Brandi par le régime syrien (et ses alliés, russe ou chiite)comme preuve de l’illégitimité et de la dangerosité de son opposition tout entière, il est tout autant instrumentalisé en Europe non seulement comme lajustification du désengagement à l’égard de l’opposition syrienne tout entière, mais comme l’un des repoussoirs des politiques migratoires ou encore comme« preuve » du bien fondé d’une lecture confessionalisée (et donc dépolitisée)  du conflit israélo arabe enfin (14).

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(…/…conclusion)A paraître

(1)Ziad Majed Syrie, La révolution orpheline,Sindbad Actes Sud, L’Orient des Livres,Paris 2014.

(2) L’islamisme en face,La Découverte, Paris 2010 (3ème édition, poche)

(3) cf  R.Caillet, « L’influence de la guerre en Syrie sur le courant jihadiste marocain», Études et Analyses du Religioscope,n°33, avril 2014, [en ligne] http://goo.gl/c79t0S  Plusieurs commandants jihadistes du groupemarocain Harakat Sham al-Islam ou de l’EI sont réputés avoir  participé activement au Mouvement du 20février, et avoir par la suite manifesté en soutien à la révolution syrienne.

(4) d’autres procédés de différenciationconsistaient notamment à demander aux citoyens d’énoncer leur appartenanceconfessionnelle lorsqu’ils traversaient des check points contrôlés par lerégime.

(5) Enmarge des négociations de Genève 2, un membre de la coalition, brandissant sonportable devant un officiel de la délégation gouvernementale, lança : “Tenez,voilà la position du siège de l’EIIL à Raqa ! Pouvez-vous nous dire pourquoivous ne les bombardez pas ?”

(6) “Ce qu’annoncel’éclatement irakien” Peter Harling, LeMonde diplomatique Juillet 2014. Cf également Toby Dodge From War to aNew Authoritarianism, Routledge, 2013 (../..) Sectarian rethoricism, arfrom being treated, has become entrenched” (…/…) “Prime Minister Nuri alMaliki has, from at lesat 2010 onwards, repeatedly evoked  the “Ba’athist threat” as e key pat of hispolitical strategy to unite the Shi’a electorate behind his continued rule”.

(7) Abu M al-Zarqawi, arrivé en Irak  début 2002, y a fondé un an plus tard  le groupe“Tawhid wa-l-Jihad en Mésopotamie” . Il a fait ensuite  allégeance à al-Qaïda en octobre 2004, avantque l’organisation ne soit dissoute deux ans plus tard au sein de l’Etatislamique d’Irak. cf

(8)L’un des récits les plus documentés et les plus crédibles de la genèse deJabhat la Nusra/EIIL a été donné par la journaliste libanaise Rania abou Zeid-  in The Jihad next door. The Syrianroots of Irak’s newest civil war.http://www.politico.com/magazine/story/2014/06/al-qaeda-iraq-syria-108214_full.html?print#.U6qF9ajmaX1

(9)in Cf Romain Caillet in L’échec del’offensive de l’armée syrienne libre contre l’Etat islamique en Syrie et auLevant http://orientxxi.info/magazine/echec-de-l-offensive-de-l-armee,0510 ainsi que dans“Qu’est ce que l’Etat islamique” Les Clés du Moyen Orienthttp://www.lesclesdumoyenorient.com/Entretien-avec-Romain-Caillet-Qu.html  : Le 15 Octobre 2006, est créé  l’Etat Islamique d’Irak (Dawlat al-’Irâq al-Islâmiyya), en  avril 2013, son extension en Syrie devientl’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL) avant, le 29 juin 2014 de setransformer en “Etat  Islamique” (EI)dirigé par un du califat dont les frontières ne sont pas précisées, ce quitémoigne de la prétention “universelle” de son fondateur.

(10) Cf notamment Wladimir Glasman : « 2012 enSyrie : l’année de l’épouvantail »,MondesEmergents/Afrique du Nord Moyen-Orient 2013-2014, La DocumentationFrançaise, Paris 2013.

(11) Romain Caillet La Hijra dans le salafisme contemporainReligioscope,http://religion.info/french/entretiens/article_548.shtml#.U-ht-oB_tBM.  David Thompson,  Lesjihadistes français, 2014

(12) F.B.L’Islamisme à l’heure d’al Qaïda, opcit

(13)Selon ce qui, dans la région,  ressembleen fait à une sorte de …tradition : dans la Syrie des années vingt, lapuissance mandataire française, républicaine et laïque chez elle, s’étaitempressée de donner une expression institutionnelle aux divisions ethniques etconfessionnelles du “Bilad as shâm” syro libanais. Cf notamment Sabrina Mervin“L’entité alaouite” une création française. In Le choc colonial et l’islam, les politiques religieuses des puissancescoloniales en terre d’islam Pierre-Jean Luizard, Paris La Découverte, 2006.

(14)Arno Klarsfeld justifie son engagement dans l’armée d’occupation israéliennepar le fait qu’il y “défend les valeurs occidentales en luttant contre l’islamradical”. Le député européen Aymeric Chauprade expose en ces termes salecture   – qui ne semble pas être  confinée aux cercles de son parti (le  Front National), des dynamiques qui onttraversé l’espace politique arabe depuis février 2011  : « Fiction occidentale, le « Printemps arabe » ne fut qu’un sombrefestival qataro-saoudien. Le Qatar et ses amis « Frères musulmans » purents’offrir les régimes Ben Ali en Tunisie, Moubarak en Égypte, Kadhafi en Libye,la terreur et le chaos en Syrie. Quant à l’Arabie Saoudite, elle emporta ledeuxième acte au Caire en éliminant, grâce aux généraux égyptiens, Morsi et sesFrères musulmans mais elle disputa au Qatar l’influence sur les groupesterroristes en Syrie. Toute cette œuvre funeste d’égorgements, dedécapitations, de viols des jeunes chrétiennes ou chiites vierges, d’exécutionssommaires, de prisonniers enterrés vivants, de vidéos macabres postées surYoutube et téléchargées des dizaines de milliers de fois dans nos banlieues,tout cela nous le devons « à nos magnifiques alliés », nos nouveaux amis duMoyen-Orient, gorgés de pétro-dollars, le Qatar et l’Arabie Saoudite ». :-)in “La France face à la questionislamiquehttp://aucoeurdunationalisme.blogspot.fr/2014/08/la-france-face-la-question-islamique.html

 

source : http://www.tunivers.com/2014/09/13114/

date : 29/09/2014



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