La lâcheté arabe – Ali Boukhlef

Article  •  Publié sur Souria Houria le 11 août 2011

Cela fait plus de 5 mois que les Syriens manifestent pour plus de libertés, de démocratie, mais surtout de dignité. En réponse, le régime de Bachar Al-Assad a opposé la répression. Le dictateur a envoyé ses chars, achetés pour défendre le peuple, pour mater une opposition pourtant pacifique. Tout ce scénario macabre se passe dans un silence assourdissant des pays arabes, pourtant avertis par les révoltes tunisienne et égyptienne. Ce qui est le plus frappant, c’est que ces pays et la Ligue qui les représente se taisent à chaque fois qu’un des peuples de la région est en danger. C’est le cas par exemple de la famine qui sévit en Somalie et qui ne fait bouger personne. La Ligue arabe a finalement réagi hier. Mieux vaut tard que jamais, dit l’adage. Mais dans l’exemple qui se présente à nous, il est quasiment trop tard, puisque des centaines de personnes ont perdu la vie victimes d’atrocités qui rappellent étrangement les crimes commis par les sionistes contre le peuple palestinien. C’est un autre peuple abandonné par la Ligue arabe, ce qui prouve que cet appareil n’a plus pratiquement de rôle précis. Ce qui rend cette «réaction» nauséabonde est le fait qu’elle survient après les mesures prises par d’autres pays de la planète. Les Européens, notamment les Français et les Allemands, ont été les premiers à mettre la pression sur le régime de Damas, sans véritable succès, à cause notamment de l’opposition russe et chinoise au Conseil de sécurité.  Ce qui est navrant est que même les Russes, traditionnels alliés de la Syrie, ont fini par réagir de manière véhémente, mais pas les pays de la région. Le manque de discernement des pays arabes est venu justement du fait que tous les régimes de la région ont maintenant peur de la contagion. Les monarchies du Golfe et ce qui reste encore des régimes autoritaires savent qu’un jour ou l’autre ils devront tomber comme des châteaux de cartes et d’une manière totalement inattendue. Qui aurait pensé qu’un jour le clan Al-Assad allait vivre ce qu’est en train de vivre Bachar aujourd’hui ? Son père avait commis une boucherie en 1982 dans la ville de Hamma, sans que personne ne bouge. Ni les Occidentaux ni les Arabes. Absolument personne.Mais autres temps, autres mœurs. A l’époque, il n’était pas facile de réagir et pas facile de critiquer un régime terrifiant. Les choses ont donc changé. Les révoltes tunisienne et égyptienne sont passées par là. Malgré l’horreur imposée par le régime de Damas, ce dernier finira par s’effondrer, tôt ou tard. L’Histoire récente de la région et du monde a prouvé que malgré la persistance des dictatures et l’absurdité des régimes qui gouvernent, le sort réservé à chaque tyran est souvent impitoyable. Il est cruel, à l’image de ce qu’il a imposé à son peuple pendant son règne. En cela, Al-Assad n’est pas le premier et ne sera certainement pas le dernier. Parce que, comme le disait le Général De Gaulle à propos de l’indépendance de l’Algérie : «Nul ne peut détourner le cours de l’Histoire».

Source: http://www.latribune-online.com/chronique/55799.html



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