La Syrie est « sûrement » le théâtre de crimes contre l’humanité

Article  •  Publié sur Souria Houria le 28 octobre 2012

Carla Del Ponte, le 7 mai 2005.

Alors que les contours d’une trêve fragile se dessinent depuis quelques jours en Syrie, la magistrate suisse Carla Del Ponte, membre de la commission d’enquête de l’ONU sur les violations des droits de l’homme en Syrie, a estimé jeudi 25 octobre que la Syrie était « sûrement » le théâtre de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, comme dans d’autres pays surlesquels elle a enquêté.

« La similarité bien sûr est liée au fait que nous faisons face aux mêmes crimes, sûrement des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre », a-t-elle déclaré aux médias. « Ma tâche principale sera de continuer l’enquête (…), et de déterminer les hauts responsables politiques et militaires de ces crimes », a-t-elle également déclaré à la presse

Par ailleurs, la commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie a demandé au président syrien Bachar Al-Assad qu’il la recoive à Damas, a indiqué jeudi à Genève son président, le Brésilien Paulo Pinheiro. « Nous avons envoyé une lettre au président Assad, et nous nous attendons à ce qu’il nous reçoive à Damas », a déclaré à la presse le diplomate brésilien.

AMNISTIE POUR LES MILITANTS PACIFISTES

Neuf organisations de défense des droits de l’homme ont demandé jeudi 25 octobre que l’amnistie décrétée mardi par le chef de l’Etat syrien inclue tous les militants pacifistes. « Dans le cadre de l’amnistie annoncée mardi, le président Bachar Al-Assad doit libérer tous les militants pacifistes, les professionnels des médias et ceux qui fournissent une assistance humanitaire », affirment dans un communiqué commun ces ONG, dont Human Rights Watch, Reporters sans frontières, la Fondation libanaise Samir Kassir et le Centre des droits de l’homme dans le Golfe.

Elles rappellent que le décret présidentiel no 71 garantit une amnistie générale, réduisant ou annulant les peines de prison pour la majorité des crimes, à l’exception des personnes accusées de terrorisme. « Bien que Bachar Al-Assad ait déjà promulgué quatre amnisties en 2011 et deux autres en janvier et en mai 2012, les forces de sécurité maintiennent en détention des militants pacifistes », assure le communiqué.

ACCÈS AUX PRISONS SYRIENNES

Des dizaines de milliers de personnes croupissent dans les prisons depuis le début de la révolte contre le régime de Bachar Al-Assad en mars 2011, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). « Pour s’assurer qu’ils n’ont pas été exclus de l’amnistie, le gouvernement doit permettre à des observateurs des Nations unies de visiter les centres de détention », ajoutent-elles.

Selon ces organisations, « les pires abus sont commis dans les prisons syriennes où sont détenus de manière arbitraire des milliers de Syriens, dont des femmes et des enfants, et dans beaucoup de cas y sont torturés ». « Parmi eux figures des militants pacifistes, des défenseurs des droits de l’homme, des avocats, des médecins, des écrivains et des journalistes qui sont détenus de manière souvent arbitraire, au secret, et sont sujets à des tortures et des mauvais traitements », selon ces défenseurs des droits de l’homme.

source: http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/10/25/la-syrie-est-surement-le-theatre-de-crimes-contre-l-humanite_1780849_3218.html



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