La télévision syrienne dément les propos prêtés au président Bachar al Assad

Article  •  Publié sur Souria Houria le 20 janvier 2014

La télévision d’Etat syrienne a démenti dimanche les propos prêtés à Bachar al Assad par l’agence de presse russe Interfax, selon laquelle le dirigeant syrien aurait dit n’avoir aucune intention de quitter le pouvoir et ajouté que la question n’était pas un sujet de discussion.
Les citations attribuées à Assad « ne sont pas exactes et le président Assad n’a pas accordé d’interview avec cette agence », a déclaré la télévision syrienne.
L’agence russe n’a pas évoqué d’interview avec le président syrien mais le contenu de ses discussions avec une délégation de parlementaires russes reçus à Damas.

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Le président Bachar al Assad exclut toute discussion sur un éventuel départ
Le président syrien Bachar al Assad a redit dimanche qu’il n’avait aucune intention de quitter le pouvoir et a ajouté que la question n’était pas un sujet de discussion, rapporte l’agence de presse russe Interfax.
« Si nous souhaitions renoncer, nous l’aurions fait dès le début », a-t-il dit lors d’une rencontre avec une délégation de parlementaires russes à Damas, dont les échanges sont relayés par Interfax.
« Nous protégeons notre pays. Cette question n’est pas un sujet de discussions », a poursuivi le président syrien, s’exprimant à quelques jours de l’ouverture en Suisse de la conférence internationale de Genève II, à laquelle la Coalition nationale syrienne, principale représentation de l’opposition en exil, a accepté de participer.
Ses propos illustrent le fossé qui sépare les protagonistes avant l’ouverture des discussions, mercredi prochain à Montreux.
Le processus diplomatique, parrainé par les Etats-Unis et la Russie, vise à trouver une issue à la crise syrienne, en cours depuis bientôt trois ans.
Les Nations unies espèrent que les négociations entraîneront une transition politique en Syrie tandis que le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a affirmé qu’il ne devait pas y avoir de place pour Assad dans la Syrie à venir.
Le gouvernement syrien a prévenu lui qu’il voulait que la conférence de paix se concentre sur la lutte contre le « terrorisme ».

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Les Occidentaux saluent la venue de l’opposition à Genève II
Des pays occidentaux ont salué la décision « courageuse » de l’opposition syrienne de se rendre en Suisse pour négocier avec le régime, mais les objectifs des deux camps semblent inconciliables, l’opposition martelant que son seul objectif est de se débarrasser d’Assad.
Les chefs de la diplomatie française Laurent Fabius et américaine John Kerry ont qualifié de « courageuse » la décision de la Coalition de l’opposition syrienne, qui a accepté samedi, après des semaines d’atermoiements et de pression occidentales et arabes, de participer à la conférence de paix de Genève II qui s’ouvre mercredi.
« En dépit des provocations et des exactions du régime », ce choix « est celui de la recherche de la paix », s’est félicité M. Fabius.
« Nous savons tous que le processus sera difficile mais je dis au peuple syrien : nous nous tiendrons à vos côtés (…) dans la recherche de la liberté et de la dignité que tous les Syriens méritent », a assuré John Kerry.
A Berlin, le chef de la diplomatie a salué « une petite lueur d’espoir », soulignant que « le moindre progrès (…) sur le passage des convois humanitaires ou des accords de cessez-le-feu au niveau local, serait un succès ».
Et Londres a rappelé que tout accord exigerait que le président Bachar al-Assad quitte le pouvoir.
Le régime a pourtant maintes fois répété qu’il ne comptait pas « remettre le pouvoir à qui que ce soit » lors de Genève II, et qu’il revenait à Bachar al-Assad de mener la transition.
Les deux parties arriveront donc avec des objectifs diamétralement opposés à ce rendez-vous diplomatique lancé à l’initiative des Etats-Unis et de la Russie pour trouver une solution politique susceptible de mettre fin à une guerre civile qui a fait plus de 130.000 morts en près de trois ans en Syrie.
Le président de la Coalition de l’opposition, Ahmad Jarba, a en effet fermement rappelé samedi à Istanbul que ces négociations avaient « comme unique but de satisfaire les demandes de la révolution (…) et avant tout de retirer au boucher (Assad, ndlr) tous ses pouvoirs ».
Il a accusé M. Assad et son gouvernement de faire du « terrorisme d’Etat », affirmant que le régime était responsable de la présence sur le terrain des combattants de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), liés à Al-Qaïda, que des combats meurtriers opposent actuellement aux rebelles.
M. Jarba a aussi prévenu que la participation à la conférence ne signifiait pas la fin des opérations contre les forces d’Assad menées par l’opposition et sa branche armée, l’Armée syrienne libre (ASL).
Signe des vifs débats au sein de l’opposition sur l’opportunité de négocier avec le régime, seuls 75 des quelque 120 délégués de l’opposition modérée rassemblés à Istanbul ont pris part au scrutin à bulletins secrets, et 58 ont voté pour.
Samedi, pour la deuxième journée consécutive, la Turquie et le Qatar, mandatés par l’ensemble des parrains occidentaux et arabes de l’opposition, ont réuni à Ankara quatre groupes de combattants rebelles syriens, dont le Front islamique, pour les convaincre de l’utilité de Genève II, a-t-on appris de source diplomatique.
Au moins trois de ces groupes, qui ne font pas partie de la Coalition, ont donné leur accord pour intégrer la délégation de l’opposition en Suisse, selon cette même source.
Sous l’influence de son fidèle soutien russe, le régime syrien avait de son côté fait vendredi une série de concessions humanitaires, proposant un « échange de prisonniers » et un plan prévoyant « l’arrêt de toutes les actions militaires » dans la région d’Alep (nord).
Samedi encore, au moins 34 personnes dont cinq enfants ont péri dans cette région dans des raids aériens de l’armée, selon une ONG syrienne.
Première manifestation concrète des promesses du régime : pour la première fois depuis septembre 2013, de l’aide alimentaire est entrée samedi dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, à Damas, assiégé par l’armée depuis des mois.

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Syrie : une douzaine de mineurs français concernés par le djihad, selon Manuel Valls
Une douzaine de djihadistes mineurs français sont en transit ou se sont rendus en Syrie, a indiqué dimanche Manuel Valls, alors qu’on a appris cette semaine que deux jeunes de 15 ans de la région toulousaine étaient partis y faire le djihad.
Le ministre de l’Intérieur a rappelé sur Le Grand Rendez-vous Europe1/I>télé/Le Monde que près de 700 Français étaient recensés actuellement par les services français, expliquant que ces départs étaient notamment facilités par la proximité de la Syrie. Vingt et un Français sont morts en Syrie, a précisé le ministre.
« Une douzaine de mineurs se sont rendus en Syrie ou ont voulu s’y rendre, mais le phénomène s’est accéléré au cours des dernières semaines, depuis la fin de l’année 2013 », a affirmé Manuel Valls, précisant que « six mineurs qui ont manifesté la volonté de s’y rendre » ont été recensés. « Les deux adolescents (de la région toulousaine, NDLR) ne sont peut-être pas en Syrie, sans doute en Turquie. Nous agissons en lien avec la famille pour pouvoir les récupérer », a-t-il ajouté.
Ces départs peuvent s’expliquer, selon le ministre, par plusieurs facteurs : « On peut se rendre en Syrie relativement facilement, ensuite ce combat apparaissait juste puisque toutes les grandes puissances condamnaient les agissements du régime de Bachar el-Assad et puis parce qu’il y a sans doute un malaise dans une partie de la jeunesse. »
À ce jour, les services français recensent 250 Français ou résidents en France qui combattent en Syrie. Une centaine sont en transit pour s’y rendre, 150 ont manifesté leur volonté de s’y rendre et 76 en sont revenus, a-t-il détaillé. Pour Manuel Valls, « ce n’est pas dans les mosquées que ces recrutements s’organisent, c’est le plus souvent sur Internet ». « Il n’y a pas de spécificité régionale », a martelé le ministre, « estimant que les deux jeunes de la région toulousaine ont été « radicalisés » par des recruteurs.
« C’est un phénomène qui touche tous les pays d’Europe », a expliqué le ministre, mais aussi « l’Australie, le Canada, les États-Unis et bien sûr, avec une ampleur plus importante, les pays du Maghreb ». « Au-delà du sort des hommes et des mineurs qui se rendent en Syrie, le danger pour nos propres intérêts, c’est le retour. Ces individus marquent leur volonté de combattre au sein d’organisations djihadistes. Le retour est particulièrement délicat », a déclaré Manuel Valls.
Le ministre doit présenter une série de propositions pour faire face à ces radicalisations au président de la République. « Le phénomène m’inquiète, le mot est faible. Il représente pour moi le plus grand danger auquel nous devons faire face dans les prochaines années », a affirmé le ministre. « Nous pouvons être dépassé par ce phénomène vu l’ampleur, nous Français et Européens », a reconnu Manuel Valls.

(19-01-2014 – Avec les agences de presse)

source: http://www.assawra.info/spip.php?article5905



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