Le monde devrait-il intervenir en Syrie ? – par Bryony Jones

Article  •  Publié sur Souria Houria le 19 décembre 2011

Traduit de l’anglais par SouriaHouria

La pression est croissante pour les dirigeants du monde de réagir à la répression brutale contre les manifestations anti-régime en Syrie.

Plus tôt dans la semaine, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a déclaré que plus de 5000 personnes avaient été tuées en Syrie depuis le début de la révolte en Mars.

Le gouvernement syrien a lancé un ultimatum aux activistes de la ville révoltée de Homs : arrêter leurs manifestations ou affronter un bombardement, incitant à craindre une augmentation des hostilités.

Des militants des droits de l’Homme ont appelé à une réponse internationale à la violence – mais certains diplomates ont averti que toute intervention pourrait aggraver la situation.

Mousab Azzawi, de l’Observatoire syrien des Droits de l’Homme basé à Londres, a déclaré que les événements en Syrie constituaient une « crise humanitaire », tout comme celle observée en Libye avant l’intervention de l’OTAN, et que la situation méritait une réponse similaire.

« Quand la communauté internationale est allée en Libye pour protéger les civils, ont-ils trompé [tout le monde] ? » a-t-il déclaré durant « Connect the World » de la CNN.

« Parce que si le principe de la protection des civils est la motivation de la communauté internationale, ce qui se passe en Syrie n’est pas différent de ce qui s’est passé en Libye – ce sont les mêmes atrocités, la même tyrannie et les mêmes crimes contre l’Humanité qui sont commis là-bas. »

Mais Oliver Miles, un ancien ambassadeur britannique en Libye, a déclaré qu’il n’y avait pas de comparaison possible entre les deux pays – ou entre la Syrie et l’Irak, un autre exemple très médiatisé de l’intervention internationale.

« La Syrie est différente par beaucoup, beaucoup d’aspects. L’Irak a été envahi par un gouvernement étranger et sept, huit ans après, il est en ruines, » a-t-il déclaré.

« La Libye n’a pas été envahie par un gouvernement étranger, en Libye il y a eu un soulèvement qui, jusqu’ici, semble avoir réussi à renverser une tyrannie et qui est sur la voie d’une construction de quelque chose pour remplacer cette tyrannie.

«La Syrie n’a rien à voir eux. La Syrie est un pays plus grand que la Libye, c’est un pays plus compliqué que la Libye, il n’offre aucune possibilité d’intervention étrangère. »

Miles a déclaré que les politiciens et les diplomates avaient peu de chances de prendre des mesures de grande envergure contre le régime syrien sans le soutien de l’ONU – et que ce soutien était peu probable.

«Je pense que la situation en Syrie est complètement affreuse, et si je pouvais penser à un moyen pour que le gouvernement britannique, ou tout autre gouvernement, ou les Nations Unies puissent intervenir efficacement, je serais tout à fait pour, mais je pense qu’une intervention aggraverait probablement les choses, », a-t-il déclaré sur CNN.

«Lorsque les forces aériennes étrangères ont commencé à prendre part au combat libyen en mars dernier, elles avaient un mandat clair des Nations unies, ce qui signifiait que conformément au droit international, ce que nous avons fait pourrait être défendu comme étant légal.

«  Il n’y a absolument aucune possibilité que nous obtenions un mandat des Nations Unies pour intervenir en Syrie dans l’état actuel des choses. »

Mais Azzawi a affirmé que de telles  attitudes pragmatiques n’ont fait qu’empirer la situation, accusant les puissances étrangères qui n’ont pas su agir de «participer à l’effusion de sang en Syrie» par défaut.

Et il a déclaré craindre l’influence des déserteurs militaires syriens, l’Armée Syrienne Libre, sur les manifestations – à moins qu’on n’offre un soutien international aux combattants.

«Les rangs de l’Armée Syrienne Libre – sans être soutenue par la communauté internationale – sont si petits maintenant, et le grand risque c’est lorsque ces manifestants pacifiques seront tentés par l’ASL de prendre les armes, nous passerons ensuite à une étape de militarisation du soulèvement, ce qui est un très grand risque.

« Les gens en Syrie tentent avec force de respecter le principe de caractère pacifique, »a-t-il dit. »

«Je ne pense pas que cela va durer éternellement, mais si nous avons une militarisation du soulèvement, alors nous nous dirigerons vers une guerre civile et je pense que c’est la dernière chose que la communauté internationale veut voir en Syrie, parce que toute guerre civile en Syrie se propagerait très rapidement aux pays voisins. »

source: http://edition.cnn.com/2011/12/14/world/meast/should-world-intervene-in-syria/index.html 



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