Le mot de SouriaHouria au rassemblement du 03/03/2012 « Hommage à Edith Bouvier, William Daniels, à Homs et au peuple syrien ! »

Article  •  Publié sur Souria Houria le 4 mars 2012

Afin de rendre hommage au peuple syrien et aux journalistes et photographes Rami al Sayed, Gilles Jacquier, Marie Colvin, Rémi Ochlik, Édith Bouvier, William Daniels, Paul Conroy et Javier Espinosa qui se sont rendus à Homs pour témoigner des exactions commises par le régime syrien, nous reprendrons des passages de l’éditorial de Jacques Sergent dans Libération du jeudi 23 février et l’article publié le 2 mars 2012 sur le blog « Dans L’enfer de Homs. Journal de résistants syriens ».

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Vendredi 2 mars, la joie se mêle à la tristesse. Joie de fêter le retour des journalistes Édith Bouvier et William Daniels et tristesse de constater qu’Homs est de nouveau orpheline. Les journalistes présents étaient le dernier pont jeté entre l’occident et la ville d’Homs…

« Que comptent une poignée de journalistes alors que des milliers de Syriens sont morts depuis un an, que des milliers d’autres sont égaux devant la barbarie du régime syrien ?

Il reste que nous devons reconnaître que nous sommes tous égaux tant il est évident que Bachar el-Assad cible délibérément les témoins de sa sauvagerie, qu’ils soient Français, Syriens ou de toute nationalité. Des hommes et des femmes sont prêts à risquer leurs vies pour informer. C’est leur métier. Sans leurs témoignages, Al-Assad, comme tant d’autres avant lui, aurait pu continuer impunément à tuer et torturer son peuple. Leurs récits, leurs images, sont autant de barrages à la barbarie. Ils en sont d’autant plus nécessaires… »

Mais aujourd’hui, que faisons-nous de ces mots ? De ces vidéos ? De ces images ?

« Le printemps arabe n’est plus amusant à Homs, comme pouvait être celui de la place Tahrir.

Il est surtout plus long et il n’y a pas de Bengazi libérée qui puisse soulager les consciences. Non, ici, on a abandonné les gens qui ont cru aux valeurs de l’Occident et sont allés chercher leur liberté de la gueule du monstre assadien en pensant que le monde les aiderai, tandis que le monstre, lui, ne connaissait que trop bien l’hypocrisie et la faiblesse de ce monde !

Aujourd’hui les Syriens paient de leur sang et de leur chair ces valeurs auxquelles ils ont cru pendant que le régime utilise à son avantage l’hypocrisie de ces mêmes valeurs.

« Mais où est le monde, où est l’humanité ? » répète sans cesse un homsiote qui a perdu sa famille, errant dans les rues tout en risquant de recevoir à sont tour une balle de sniper. Cette phrase nous l’entendons tous, nous la répétons tous devant les images insoutenables.

« Je n’arrive plus à regarder la télé, quand il parle de ta ville, je change de chaîne », me dit une amie française en rajoutant :  » Je me demande ce que font les dirigeants quand ils voient tout ça ».

Ils font comme toi, lui dis-je, ils changent de chaîne.

Pour que les gens ne changent plus de chaînes, continuons à porter la voix de nos frères et sœurs, de nos amis, en Syrie qui jour après jour, avec courage, continuent de crier leur soif de liberté et revendiquent leur droit à la dignité malgré la répression bestiale du régime.

Il faut crier pour eux, chanter pour eux, alerter et interpeller les politiques, les artistes, les intellectuels et les citoyens.

Rédacteur SouriaHouria



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