« L’échec du plan Annan serait une catastrophe » – Par Pierre Barbancey

Article  •  Publié sur Souria Houria le 1 mai 2012

27 Avril 2012

Entretien réalisé par  Pierre Barbancey

Opposant historique au régime syrien, Michel Kilo plaide pour la réussite du plan Annan afin d’éviter la guerre civile et une intervention militaire. Son mouvement, le Forum démocratique, veut unifier l’opposition.

Alain Juppé, tout comme le Conseil national syrien (CNS), évoque maintenant le chapitre VII de l’ONU, ce qui ouvrirait la voie à une intervention armée. Qu’en pensez-vous ?

Michel Kilo. Pour l’instant, il s’agit surtout de rhétorique politique. La mission de Kofi Annan est soutenue par la communauté internationale, par la Russie, par la Chine et par l’opposition en Syrie. Mais si une solution politique n’est pas trouvée, il y a effectivement un risque d’intervention militaire dans quelques semaines ou quelques mois. C’est pourquoi il faut soutenir la mission Annan. L’unification de l’opposition pourrait également créer une atmosphère de changement en Syrie, un nouvel équilibre au profit du peuple syrien. Kofi Annan est l’expression de cette volonté internationale contre la politique et contre les choix du régime syrien.

Mais l’unité de l’opposition syrienne reste à faire ?

Michel Kilo. Cette unité n’existe pas mais l’équipe de Kofi Annan fait des efforts pour aller dans ce sens et nous essayons, de notre côté, en tant que Forum démocratique syrien, d’unifier l’opposition. Nous avons fait une approche auprès de Nabil Al Araby, secrétaire général de la Ligue arabe, avec une proposition détaillée et appelant les diverses composantes de l’opposition syrienne à venir au Caire pour discuter de l’unité et décider l’unité.

 

Quelles seraient les bases d’un tel accord ?

Michel Kilo. La base de discussion serait la charte du Conseil national syrien et l’élaboration d’une position commune vis-à-vis de la communauté internationale, c’est-à-dire de Kofi Annan, et concernant la phase transitoire en Syrie, c’est-à-dire la formation d’un gouvernement de transition nationale défini clairement. Pour que la Russie et le monde sachent ce que sera l’avenir en Syrie et l’unification de notre position à l’égard de l’intérieur, c’est-à-dire 
du mouvement populaire.

La situation sur le terrain montre néanmoins que le cessez-le-feu n’est pas respecté. Est-ce que cela ne remet pas en cause les efforts de Kofi Annan ?

Michel Kilo. Le régime ne veut pas respecter ce cessez-le-feu qui pourrait calmer l’atmosphère. Il va continuer à tirer sur le peuple, il va continuer à bombarder les villes, comme cela s’est passé mercredi à Hama. Mais la présence d’un grand nombre d’observateurs de l’ONU avec les compétences et les moyens techniques nécessaires peut permettre d’empêcher 
le régime de continuer sa politique.

 

Êtes-vous optimiste sur la réussite du plan Annan ?

Michel Kilo. Je ne suis pas optimiste. Kofi Annan fait ce qu’il peut avec le soutien de la communauté internationale. L’alternative, ce serait une catastrophe. Ce serait la guerre civile ou une intervention militaire. Le monde a tout intérêt à la réussite du plan Annan. Et nous, Syriens, encore plus.

Source: http://www.humanite.fr/monde/syrie-%C2%AB%C2%A0l%E2%80%99echec-du-plan-annan-serait-une-catastrophe%C2%A0%C2%BB-495515



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