Les négociations de Genève par Omar Al Assaad

Article  •  Publié sur Souria Houria le 18 mai 2016

Les négociations de Genève.

C’est dans le cadre des rencontres mensuelles organisées par Souria Houria conçues et animées par l’écrivain et éditeur syrien Farouk Mardam Bey que s’est tenue la dernière séance « Les négociations de Genève » avec Bassma Kodmani , directrice exécutive de l’Initiative arabe de réforme (ARI) et membre de la délégation de l’opposition syrienne aux négociations de Genève.

Mme Kodmani a commencé par exposer les événements qui ont précédé les négociations en considérant que l’été dernier fut la période la plus critique du problème syrien avec le flux des réfugiés vers les pays de l’Union Européenne et l’émergence du problème sécuritaire lié à ces derniers ainsi que l’absence d’une action américaine face à l’intervention massive des russes dès l’automne dernier.

Dans son exposition chronologique des événements elle a signalé la première conférence de Vienne qui a abouti au premier groupe de soutien pour la Syrie composé de 17 pays suite à laquelle il semble qu’il y a une décision internationale de régler le problème syrien  ou de préparer un environnement favorable à sa résolution. Kodmani a précisé que résoudre ce problème ne veut pas forcement dire trouver LA solution, et c’est là où est le danger car résoudre, au sens américain du terme, veut dire arrêter les massacres, quant à la Russie, son intervention en Syrie lui procure une légitimité internationale  et une respectabilité militaire au niveau internationale et c’est son but dans cette intervention.

Le message reçu par les syriens après ces événements c’est qu’il y a un semblant de consensus international pour régler le problème, et afin de répondre à ce message il était nécessaire de trouver une plateforme assez représentative de l’opposition syrienne qui inclut les différents courants de l’opposition sur le terrain qu’ils soient politique ou militaire.

Kodmani a considéré que le Communiqué de Vienne en novembre 2015 a précisé la formule politique et les paramètres des négociations. C’est sur cette base que s’est formé la délégation de l’opposition  dans l’objectif de représenter les diverses forces politiques et militaires qui ont participé sérieusement aux discussions de Riad pour la composition du Comité des négociations après avoir tous reçu des signaux forts de la communauté internationale indiquant que la conférence de Riad doit refléter l’accord entre les américains et les russes. C’est ce qui a alimenté les négociations à Riad entre les différents courants pour aboutir à la délégation qui s’est rendu à Genève en février 2016  et comptait parmi ses commissions une pour surveiller la situation humanitaire  et une autre concernée par la cessation des hostilités.

Kodmani a signalé que le groupe des 17, qu’elle considère comme 15 + 2  signalant le rôle prépondérants des américains et des russes, était d’accord sur l’importance de la cessation des hostilités.

Concernant la position de l’opposition, elle a ajouté que le consensus international était en faveur d’un cesser le feu, refusé par l’opposition qui parlait plutôt d’une trêve provisoire qui aboutirai à la cessation des hostilités. La différence est très importante entre le cesser le feu, et la cessation des hostilités, le premier permet un repositionnement des troupes alors que la deuxième est le gel des positions sur le terrain.

Elle a considéré que la plus importante réalisation du Comité a été de faire respecter la cessation des hostilités par les différentes forces de l’opposition sur le terrain ce qui a donné à ce dernier lors des négociations une crédibilité pour discuter des sujets de fond. L’opposition arrive à Genève avec une décision soutenue internationalement pour discuter de la transition politique considéré comme LA question essentielle et ne veut pas parler ni de la question humanitaire ni du sujet principal repris dans tous les  discours internationaux  qui est  la « guerre contre le terrorisme ».

Elle a considéré que ce qui a été réalisé à Genève n’était pas significatif surtout que le régime a refusé de discuter des points importants et a déclaré qu’il n’acceptait pas la discussion sur la transition politique en Syrie et maintenait sa propre interprétation du chapitre sur la transition qui apparait dans tous les documents internationaux.

Elle a signalé que le Comité de l’opposition a quitté Genève pour analyser la position de la Russie et son accord avec les Etats Unis même si l’impression générale est qu’il n’existe pas d’accord entre les russes et les américains pour une solution politique mais l’accord est limité à la fin du conflit.

Elle a ajouté que le Comité de l’opposition à Genève a empêché la réalisation de certaines projets à l’encontre des intérêts des syriens et a insisté sur des points importants comme l’unité de la Syrie et de ne pas faire passer l’idée de la fédération qui glisserait vers une confédération dans le futur. Le Comité a également insisté au fait de ne pas permettre à la communauté internationale de décider de la forme politique et du contrat social en Syrie qui sont des décisions qui devraient être prises par les syriens entre eux et non imposées par la communauté internationale.

Traduit par R.S.


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