Liberté pour le pacifiste Dara Abdallah… et sa plume – Ignace Leverrier

Article  •  Publié sur Souria Houria le 25 octobre 2012

Des agents d’un service syrien de renseignements inconnu ont arrêté à Damas, mardi 23 octobre, Dara Abdallah. Originaire de Qamichli, dans la Jazireh syrienne, le jeune homme est étudiant en quatrième année de médecine à l’Université de Damas. Comme un grand nombre de ses camarades, il participe à la révolution depuis ses débuts, manifestant une générosité, un courage et une conscience politique qui n’ont pas fini de surprendre.

C’est la troisième fois que Dara Abdallah est pris par les moukhabarat depuis le début de la révolution. Cette nouvelle arrestation est intervenue le jour même où le chef de l’Etat annonçait une « amnistie présidentielle ». L’approche de la « trêve » demandée aux parties en présence par Lakhdar al-Brahimi n’a pas dissuadé ceux qui se sont emparés de lui…

Chargés de relayer la propagande officielle, les réseaux loyalistes ont aussitôt diffusé sur Internet des informations le décrivant comme un « terroriste » et affirmé qu’il était « en relation avec l’Armée libre ». Dans le contexte actuel, il s’agit d’une accusation grave. Elle est surtout mensongère. Membre du Courant de l’Edification de l’Etat Syrien, un parti politique laïc créé en septembre 2011 pour favoriser la participation de tous les Syriens à la vie politique et sociale, Bara Abdallah est en réalité pacifiste.

Considéré comme l’un des plus jeunes écrivains syriens, il publie régulièrement des articles dans le quotidien saoudien Al-Hayat et dans le journal libanais Al-Mustaqbal. Il y traite du confessionnalisme et de la question kurde. Il est également l’auteur d’écrits littéraires, publiés par la revue libanaise Al-Ghaoun. L’un d’entre eux était un témoignage humoristique sur l’une des premières manifestations intervenue en Syrie au printemps 2011, dans la mosquée des Omeyyades.

Sur la page Facebook immédiatement créée pour réclamer sa remise en liberté, ses amis insistent tous sur son attachement à la paix et son refus de la violence. Ils indiquent qu’il a commencé à écrire pour exprimer ce qu’il ressentait devant le drame vécu par ses compatriotes depuis mars 2011. Ils rappellent que ses articles dénoncent le recours aux armes et à la guerre. Ils affirment qu’ils ne l’ont jamais entendu appeler à autre chose qu’à combattre l’usage de la force.

« … d’opinion, liberté d’expression, liberté d’opinion, liber… »

LIBERTE POUR DARA ABDALLAH
ET POUR TOUS LES REVOLUTIONNAIRES
EMPRISONNES DANS LES GEÔLES SYRIENNES

Source : http://syrie.blog.lemonde.fr/2012/10/24/liberte-pour-le-pacifiste-dara-abdallah-et-sa-plume/

Date : 24/10/2012

 



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