Qui sont les seuls à ne pas tirer profit de l’existence de ‘Dâ‘esh’ ? Ne cherchez plus : ce sont les Arabes ! par Abdel-Wahhab Badarkhan

Article  •  Publié sur Souria Houria le 15 septembre 2014

in Al-Hayat, 21 août 2014 – par Abdel-Wahhab Badarkhan (journaliste et écrivain libanais)

traduit de l’arabe par Marcel Charbonnier

http://www.alhayat.com/Opinion/Abdulwahaab-badrakhan/4227743/وحدهم-العرب-غير-مستفيدين-من-وجود-«داعش»

Photo_Abdel-Wahhab Badarkhan

L’on entend de-ci et de-là des justifications bizarres et totalement étrangères à son identité réelle de l’existence de l’organisation de l’Etat islamique (‘Dâ‘esh’), et en particulier du fait qu’on lui ait laissé beaucoup de temps pour rassembler ses troupes et continuer (jusqu’à aujourd’hui) à attirer et à enrôler toujours plus de volontaires pour sa « guerre sainte » (jihâd).

Ce qu’il y a de frappant dans l’explication généralement donnée de ce phénomène, c’est le fait que tout le monde en accuse tout le monde : cela montre-t-il autre chose que le fait que tout le monde (sans exception) en est d’une manière ou d’une autre responsable et que toutes les parties montrent du doigt les autres parties qui sont leurs ennemis ou qui simplement les gênent, ou encore le côté vers lequel elles ont intérêt à orienter les regards afin de faire en sorte qu’il soit condamné ?

Par le passé, le régime syrien a désigné divers pays de la région censés cultiver et financer le terrorisme, et donc troubler la pureté de la perpétuation dudit régime et la perpétration en chaîne de ses crimes. En revanche, il s’est toujours tu à chaque fois que les réalités établissaient qu’il se coordonnait militairement avec « Dâ‘esh » et il a toujours préféré que cette organisation terroriste soit présente dans des régions qu’il ne voulait pas voir tomber entre les mains de l’Armée Syrienne Libre. Par ailleurs, jusqu’à tout récemment, l’on n’avait encore jamais relevé d’affrontement armé entre le régime syrien et « Dâ‘esh ». Le régime de Damas pense que faire le lien entre sa crise et la crise irakienne lui permettrait de servir ses intérêts, dès lors que la « lutte contre le terrorisme » est désormais la priorité des priorités régionales et que c’est ce qu’il appelait de ses vœux depuis le début de sa crise il y a de cela trois ans et demi. Dès lors que cette bataille (contre le terrorisme) s’est rapidement internationalisée, elle représente pour Bachar al-Asad la clé de sa réhabilitation en tant que partenaire dans cette lutte. Mais sa stupidité politique (sans doute volontaire) le pousse à fermer les yeux sur ce qu’il s’est réellement passé en Irak et sur les conditions politiques mises par les forces internationales à toute intervention de leur part, dont la première est la nécessité qu’il existe un Etat (irakien et/ou syrien) légitime, un gouvernement inclusif et un réel règlement politique.

Quant à l’Iran et à ses satellites (alliés de Damas), ils n’ont pas non plus combattu « Dâ‘esh » en Syrie. Au contraire, ils ont composé avec cette organisation en laquelle ils voyaient un « auxiliaire » dans leur combat pour sauver le régime Asad. Ils ont combattu l’opposition syrienne (de manière générale), mais ils ont concentré leur discours et leur propagande sur les « takfiris » (les extrémistes musulmans sunnites), car ils voulaient faire en sorte que leur guerre puisse justifier l’expansion de l’influence iranienne dans le Mashreq arabe et dans les pays du Golfe arabique et de faire croire que le rôle de l’Iran consistait à lutter contre le « terrorisme sunnite ». Les événements irakiens étaient supposés contribuer à confirmer cette fonction de l’Iran et à inciter le monde à adopter celle-ci et à en permettre la mise en œuvre. Mais les grandes puissances concernées observaient la situation en Irak et elles en avaient déduit depuis longtemps qu’il n’y avait de la part de l’Iran nul effort pour affaiblir « Dâ‘esh », mais, bien au contraire, qu’il existait une convergence d’intérêts entre cette organisation et lui. De même, la gestion iranienne de la crise irakienne tendait à prouver le contraire dès lors qu’elle consistait à attiser le foyer terroriste en Irak et à créer artificiellement dans ce pays un « terreau favorable » au développement du terrorisme auquel nous avons assisté.

Au vu des derniers événements en Irak et du recours de la communauté internationale au Kurdistan autonome et aux forces des Peshmergas pour faire face à l’expansion de Dâ‘esh dans ce pays, la propagande iranienne s’est mise à inclure ces « takfiristes » dans le « complot sioniste » et dans le « complot américain », tandis que le secrétaire général du Hezbollah Hasan Nasrallah se mettait quant à lui à considérer que les Etats-Unis auraient « fermé les yeux » sur le développement de l’organisation Dâ‘esh et qu’ils en auraient facilité les agissements « afin de pouvoir en tirer parti ». Cette accusation est peut-être fondée, mais elle reflète surtout le mécontentement de l’Iran au sujet de l’intervention américaine actuelle en Irak. De plus, cette accusation peut être lancée contre beaucoup de pays, dont l’Iran et l’Amérique font partie. En effet, la liste de ceux qui ont fermé les yeux et qui ont fait preuve de bienveillance à l’égard de Dâ‘esh est longue. C’est pourquoi il convient de redéfinir Dâ‘esh en « entité du renseignement » étant née ayant grandi grâce à ceux qui en retirent un profit. Mais Nasrallah (et, avec lui, l’Iran) ignore délibérément (pire, ferment les yeux) à leur tour sur le fait que les Américains ferment les yeux sur le rôle que le Hezbollah et l’Iran jouent en Syrie. En effet, la même logique montre que l’Amérique et Israël ont eux aussi tiré profit du rôle joué par l’un et par l’autre.

Au Caire comme à Riyad, des craintes se recoupent avec des exhortations insistantes à coopérer, à s’allier ou à organiser un congrès international afin de faire face au terrorisme sous ses formes nouvelles. Il est certain qu’une non-réponse internationale – et a fortiori une non-réponse américaine – ne ferait qu’intensifier les craintes arabes. En effet, le problème n’est pas seulement l’élimination de l’organisation Dâ‘esh. Il est beaucoup plus vaste et lourd de beaucoup plus de dangers : ce qui est visé, en fin de compte, au travers de la participation de nombre de partenaires au ‘grossissement’ systématique de cette organisation terroriste et via certaines utilisations douteuses qui en sont faites, c’est la modification des cartes et/ou la déchirure du tissu social des régions dans lesquelles ce mouvement met en pratique sa sauvagerie. On peut aisément parler à ce sujet de « complot ». En effet, la quantité des acteurs visibles et dissimulés en suggère l’existence et les tentatives constantes de faire de la Syrie et de l’Irak un creuset dans lequel on confinerait tous les mouvements terrorismes et le danger que ceux-ci représentent dans la région correspondent à un souhait occidental qui avait déjà été manifesté dans le contexte de la « guerre au terrorisme » (de 2003, ndt). Tout cela ne suffit pas à résumer la question par le recours à la théorie du complot ou à tout autre type de théorie. En effet, les données qui ont résulté tant de l’invasion de l’Irak par les Américains (en 2003) que des conséquences des révoltes du « Printemps arabe » qui ont ébranlé la cohérence des pays arabes… ont créé une situation ouverte à toutes les immixtions, à tous les interventionnismes et à tous les opportunismes. Dâ‘esh est apparu dans ce contexte non seulement pour pousser les mutations arabes vers l’anarchie, mais aussi (plus particulièrement) pour assurer (à son su ou à son insu) une couverture de ses autres rôles. Si l’on pose la question de savoir qui profite de Dâ‘esh et des crimes, la seule réponse certaine que l’on obtienne est une négation : « Une chose est sûre, ce ne sont pas les Arabes ! ».

Ankara est angoissée par l’idée que Dâ‘esh ne s’étende et l’on y assiste à des supputations à court ou à long terme sur l’ampleur que risque de prendre cette guerre contre le terrorisme d’un genre nouveau et sur les divers rôles qui se dessinent pour la Turquie. En ce qui la concerne, comme en ce qui concerne d’autres partenaires de par le monde, la question syrienne n’est désormais plus importante en soi, et il en va de même en ce qui concerne la question irakienne, car tant l’Irak que la Syrie se sont dissous dans leurs crises respectives et ces deux pays ne sont plus que des théâtres d’opérations pour la question qui préoccupe au plus haut point la communauté internationale, à savoir la lutte contre le terrorisme (en Irak, dans un premier temps, jusqu’à ce que les circonstances permettent de porter ce combat contre lui également en Syrie). La Turquie a été exposée à des accusations (fondées) d’avoir facilité le passage d’un grand nombre de ceux qui ont constitué par la suite les rangs de Dâ‘esh ou du Front d’Al-Nuçra. Mais la Turquie aspire à participer à des frappes contre le terrorisme en Syrie lorsque le temps en sera venu. Tout en cherchant à apercevoir ce qu’il y aura après cette guerre, elle ne dissimule pas ses critiques « complotistes » contre les intentions américaines, britanniques et israéliennes (voire allemandes). Personne ne sait combien de temps durera cette guerre, mais Ankara s’attend à ce qu’elle aboutisse à une sorte d’accord Sykes-Picot bis dans lequel les grandes puissances s’appuieraient sur les deux puissances régionales que sont la Turquie et l’Iran. Quant à Israël, les Turcs considèrent que ce pays aurait pu jouer un rôle régional à l’avenir, mais qu’il en a dilapidé l’opportunité et perdu la capacité.

Bien que la décision adoptée par le Conseil de sécurité mette en évidence une compréhension internationale globale des divers aspects de la question du terrorisme de Dâ‘esh, et bien qu’elle suggère que la communauté internationale est plus sérieuse et plus déterminée à s’opposer à cette organisation terroriste, les orientations américaines, ainsi (dans une certaine mesure) que celles de l’Union européenne ne reflètent aucun désir de se doter d’une représentation globale du problème ni d’envisager un vaste effort collectif pour y faire face. Il est vrai que le fait d’avoir appuyé cette décision sur le chapitre 7 (de la Charte de l’Onu) constitue un début d’initiative internationale, mais 1) cela reste très insuffisant et très en-dessous de ce qu’il faudrait faire en comparaison avec les horreurs perpétrées par Dâ‘esh, qu’aucune dissuasion n’empêchera de poursuivre ses exactions, 2) cette décision fait appel au recours à l’arme des sanctions contre une organisation ne reconnaissant aucune des règles prévalant en matière de droit international, 3) elle s’appuie sur les résolutions précédentes qui avaient été prises à l’encontre du terrorisme, mais sans appeler à la constitution d’une nouvelle coalition internationale. Mais aussi, plus important, 4) cette décision s’attaque à la question de Dâ‘esh comme si celle-ci était sortie du néant : elle ne comporte aucune allusion aux circonstances de son surgissement ni à la responsabilité des partenaires régionaux et mondiaux (ou à la responsabilité des régimes syrien et irakien) ni à l’échec de la gestion politique, sécuritaire et diplomatique et au rôle qu’ont joué ses errements dans l’aggravation des deux crises (syrienne et irakienne)…

C’est la raison pour laquelle se généralisent les doutes et les méfiances, dans le monde arabe, à l’égard de la position internationale de manière générale, et à l’égard de la position des Etats-Unis en particulier. En effet, les frappes aériennes (américaines) ne seront que d’une efficacité limitée pour changer le fait accompli que Dâ‘esh a réussi à créer en moins de deux mois. Quant à la décision d’armer le Kurdistan irakien autonome, elle est naturellement attribuée au fait que les puissances internationales n’ont pas trouvé d’autres partenaire en lequel elles pourraient avoir confiance et sur lequel elles puissent se reposer. Mais les Peshmergas kurdes ne sauraient constituer une alternative à l’armée de l’« Etat » irakien (si tant est que celui-ci existe encore) et le fait d’avoir recours à eux n’augure d’aucune solution à l’impasse structurelle et professionnelle dans laquelle cette armée est tombée (une impasse qui s’ajoute bien entendu à celle dans laquelle est tombée l’armée syrienne). Il est évident que les plans internationaux actuels se rapportent à l’Irak et qu’ils utilisent la « légitimité » de son gouvernement, mais que l’on n’en attend pas de résultats décisifs avant un an au minimum, en supposant que les circonstances politiques à Bagdad s’amélioreront grâce au nouveau gouvernement et qu’elles permettront de donner un nouvel élan moral et « national » à la campagne anti-terroriste. Si c’est ce qui se produira effectivement, nous nous attendons à voir Dâ‘esh se replier en Syrie : comment pourrait-on imaginer une guerre contre le terrorisme dans ce pays dépourvu de tout horizon politique ?

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وحدهم العرب غير مستفيدين من وجود «داعش

عبدالوهاب بدرخان*

تتردد تبريرات عجيبة غريبة عن هوية تنظيم «داعش»، وبالأخص عن منحه فسحة زمنية طويلة ليجمع صفوفه ويستمر حتى الآن في استقطاب مزيد من المتطوّعين لـ «الجهاد». واللافت في تفسير الظاهرة أن الكلّ يتهم الكلّ، فهل يفيد ذلك بأنهم متورّطون جميعاً بلا استثناء، وأن كل طرف يشير الى الطرف الذي يعاديه أو يزعجه، أو الجهة التي يرى مصلحةً في توجيه الأنظار اليها وإدانتها.

سبق للنظام السوري أن سمّى دولاً اقليمية ترعى الارهاب وتموّله، وبالتالي تعكّر صفو بقائه وسلاسة جرائمه، لكنه صمت دائماً كلما بيّنت الوقائع أنه نسّق قتالياً مع «داعش» وفضّل وجوده في مناطق لا يريدها في يد «الجيش الحرّ»، ولم تُسَجَّل معارك بين النظام و «داعش» إلا في الآونة الأخيرة. يعتقد نظام دمشق ان ربط أزمته بالأزمة العراقية يناسبه لأن «محاربة الارهاب» أصبحت عنوان الاستحقاق الاقليمي الداهم، وهو ما دعا اليه منذ بدايات أزمته قبل نحو أربعة أعوام. وطالما أن هذه المعركة تدوّلت سريعاً، فهي عند نظام بشار الاسد مفتاح اعادة تأهيله ليكون شريكاً فيها، إلا أن الغباء السياسي المتعمَّد يدفعه الى التعامي عما حصل فعلاً في العراق وعن الشروط السياسية التي وضعتها القوى الدولية للتدخّل، وعلى رأسها أن تكون هناك دولة ذات شرعية وحكومة جامعة وحل سياسي حقيقي.

أما ايران وتوابعها، حلفاء دمشق، فهم بدورهم لم يقاتلوا «داعش» في سورية بل تعاملوا معه كـ «رافد» لهم في معارك انقاذ نظام الاسد، قاتلوا المعارضة السورية لكنهم ركّزوا خطابهم ودعايتهم على «التكفيريين»، اذ أرادوا استثمار حربهم هذه لإيجاد مسوّغ لتمدّد النفوذ الايراني على المشرق والخليج العربيين وتظهير وظيفته بأنه في خدمة محاربة «الارهاب السنّي». كان يُفترَض أن يساهم الحدث العراقي في تأكيد هذه الوظيفة وفي ترغيب العالم بـ «شرائها» وتفعيلها، إلا أن الدول الكبرى المعنيّة كانت تراقب الوضع في العراق واستنتجت باكراً أنه لم يكن هناك جهد ايراني لإضعاف «داعش»، بل تداخل مصالح بين الطرفين، كما أن الادارة الايرانية للأزمة العراقية كانت على العكس تضغط لتأجيج البؤرة الارهابية ولتصنيع مفتعل لـ «البيئة الحاضنة» له.

وبالنظر الى تطوّر الأحداث الأخيرة في العراق، وتوجّه المجتمع الدولي الى الاعتماد على اقليم كردستان وقوات البشمركة لمواجهة التوسّع «الداعشي»، انعطفت الدعاية الايرانية الى دمج «التكفيريين» في «مؤامرة صهيونية» و «مؤامرة اميركية». واعتبر الأمين العام لـ «حزب الله» حسن نصرالله أن الولايات المتحدة «تغاضت» عن تنظيم «داعش» وسهّلت حركته «لتستفيد منه». قد يكون هذا الاتهام صحيحاً، إلا أنه يعكس خصوصاً استياء ايران من النهج الاميركي الراهن في العراق، ثم أنه اتهامٌ ينطبق على كثيرين، بمن فيهم ايران وأميركا، فلائحة المتغاضين والمسهّلين طويلة جداً، لذلك يتكرّر تعريف «داعش» بأنه «كيان استخباري» نشأ وكبر بفضل المستفيدين منه. لكن نصرالله (وإيران) يتناسى بل يتغاضى بدوره عن التغاضي الاميركي عن دور حزبه وخصوصاً دور ايران في سورية، فالمنطق نفسه يشي بأن اميركا (وإسرائيل) استفادت منهما أيضاً.

في القاهرة كما في الرياض تتقاطع المخاوف مع دعوات ملحّة الى تعاون أو تحالف أو مؤتمر دولي لمواجهة الارهاب بأشكاله الجديدة، ولا شك في أن عدم الاستجابة دولياً – بالأحرى اميركياً – يكثّف الهواجس العربية، فالمسألة لا تتعلّق فقط بالقضاء على تنظيم «داعش» بل بما هو أكبر وأخطر، أي بما هو مراد في نهاية المطاف من مساهمة أطراف كثيرة في التضخيم المنهجي لهذا الكيان الارهابي، ومن الاستخدامات المشتبه بها للتنظيم سواء لتغيير الخرائط أو لتمزيق النسيج الاجتماعي للمناطق التي يمارس فيها همجيته. من السهل الحديث عن «مؤامرة»، لأن هذا الكمّ من اللاعبين الظاهرين والخفيين يوحي بها، ولأن السعي الثابت الى جعل سورية والعراق بؤرة لتجميع الارهابيين وحصر خطرهم في المنطقة يحقق رغبة غربية سبق أن أبديت في سياق «الحرب على الارهاب». كل ذلك لا يكفي لاختزال الأمر بنظرية المؤامرة، ولا شيء غيرها، فالمعطيات التي نجمت عن الغزو الاميركي للعراق، وعن التغلغل الايراني والاستحواذ على العراق، وعن تداعيات انتفاضات «الربيع العربي» التي زعزعت تماسك الدول… أوجدت وضعاً مفتوحاً على كل أنواع التلاعب والاستغلال، وقد برز «داعش» في هذا السياق لا لدفع التحوّلات العربية نحو الفوضى فحسب بل بالأخص لتأمين تغطية (بعلمه أو من دونه) للأدوار الأخرى. وإذ يُطرح السؤال: من المستفيد من «داعش» وجرائمه؟ فالجواب الوحيد المؤكد سلبي، وهو: ليس العرب.

وفي أنقرة قلق من توسّع «داعش» وحسابات قريبة وبعيدة المدى لما يمكن أن تذهب اليه الحرب المتجدّدة على الارهاب وللأدوار التي ترتسم أمام تركيا. فبالنسبة اليها، كما لأطراف دولية اخرى، لم تعد قضية سورية مهمّة في حد ذاتها، ولا قضية العراق، فالبلدان سقطا في أزمتيهما وأصبحا مجرد مسرح للقضية التي تشغل المجتمع الدولي، أي محاربة الارهاب: في العراق أولاً ريثما تترتّب الظروف لاستكمال محاربته في سورية أيضاً. كانت تركيا تعرضت لاتهامات مسندة بأنها سهّلت مرور أعداد كبيرة ممن أصبحوا بعدئذ في صفوف «داعش» أو «جبهة النصرة»، لكنها تتطلّع الى المشاركة في ضرب الارهاب في سورية عندما يحين وقته. وإذ تحاول استشراف «ما بعد» هذه الحرب، فإنها لا تخفي نقداً «مؤامرتياً» للنيات الاميركية والبريطانية والاسرائيلية وحتى الالمانية. ليس معروفاً المدى الزمني لهذه الحرب، لكن أنقرة تتوقع أن تسفر في نهايتها عن «سايكس – بيكو» بإسم آخر تعتمد فيه الدول الكبرى على القوّتين الحاضرتين (تركيا وايران)، أما اسرائيل فيرى الاتراك أنه كانت لديها فرصة للقيام بدور اقليمي في المستقبل، إلا أنها بدّدتها وخسرتها.

على رغم أن قرار مجلس الأمن يظهر إدراكاً دولياً شاملاً لمختلف جوانب الملف الذي يطرحه الارهاب «الداعشي»، ويحاول الإيحاء بأن المجتمع الدولي بات أكثر جديةً وتصميماً على مواجهة هذا التنظيم، إلا أن التوجّهات الاميركية، والى حدٍّ ما الاوروبية، لا تعكس رغبة في تصوّر شامل أو في جهد واسع مشترك. صحيح أن استناد القرار الى البند السابع قد يشكّل بداية تحرك دولي إلا أنه: 1) ظلّ أقل بكثير من المطلوب بالمقارنة مع الفظاعات التي ارتكبها «داعش» ولن يثنيه أي رادع عن المتابعة، 2) استخدم سلاح العقوبات تجاه تنظيم متفلّت من كل النظم والأساليب التقليدية، 3) استند الى القرارات السابقة التي خيضت ضد الارهاب، إلا أنه لم يدعُ الى بلورة تحالف دولي جديد، لكن الأهم أنه 4) يتعامل مع الشأن «الداعشي» كأنه جاء من فراغ، فلم يتضمّن اي اشارة الى خلفيات الحدث ومسؤولية الأطراف الاقليمية والدولية (أو مسؤولية النظامين السوري والعراقي) وفشل الادارة السياسية والأمنية والديبلوماسية وتهوّراتها في تعقيد الأزمتين…

لذلك تعمّ الشكوك والارتيابات عربياً حيال الموقف الدولي عموماً والاميركي خصوصاً. فالضربات الجوية تبقى محدودة الفاعلية في تغيير الأمر الواقع الذي خلقه «داعش» في أقل من شهرين. أما تسليح اقليم كردستان فيُعزى طبعاً الى أن القوى الدولية لم تجد طرفاً آخر يُوثق به ويُعتمد عليه، لكنه لا يشكّل بديلاً من جيش «الدولة» العراقية ولا يحمل أي ملامح حلّ للمأزق البنيوي والمهني الذي سقط فيه هذا الجيش (معطوفاً طبعاً على مأزق الجيش السوري). ومن الواضح أن الخطط الدولية الراهنة تتعلق بالعراق وتستخدم «شرعية» حكومته، لكنها لا تتوقع نتائج حاسمة قبل مرور سنة على الأقل، مع افتراض أن الظروف السياسية في بغداد ستتحسّن من خلال حكومة جديدة تعطي دفعاً معنوياً و «وطنياً» للحملة على الارهاب. في هذه الحال، يتوقّع انكفاء «داعشي» باتجاه سورية، فكيف يمكن تصوّر حرب على الارهاب في هذا البلد من دون أفق سياسي؟

* كاتب وصحافي لبناني



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