Six ans de la Révolution syrienne : des étudiants se mobilisent contre l’immobilisme

Article  •  Publié sur Souria Houria le 23 mars 2017

Six ans de la Révolution syrienne : des étudiants se mobilisent contre l’immobilismeSix ans de la Révolution syrienne : des étudiants se mobilisent contre l’immobilisme 17 mars 2017   International

Le 18 mars marque la sixième année de la Révolution syrienne. Des étudiants de la Sorbonne, soutenus par diverses associations (Sorbonne Solidaire, Antenne Jeune Amnesty International Paris 1, le collectif SIAMO et Youare), se mobilisent avec leurs ami-e-s syrien-ne-s pour favoriser l’accès à l’information, la prise de conscience et inciter à une participation massive aux commémorations et au rassemblement, organisé le 18 mars à 15h place du Panthéon. 

 

Ils soutiennent la révolution démocratique en Syrie, et condamnent la dictature du « docteur », Bachar al-Assad. Partisans d’un « ni Bachar ni DAESH », ils dénoncent la complaisance de certains médias et politiques à faire de Bachar al-Assad l’unique rempart contre DAESH. Le 18 mars 2011 est une date symbolique, celle des répressions dans le sang de manifestations pacifiques dans des villes syriennes, qui firent quatre morts. Six ans après, aucune issue démocratique n’a vu le jour en Syrie. Plus que jamais, l’appel à manifester s’impose pour ces étudiants et leurs amis syriens.

Pendant dix jours, le Comité de soutien aux 6 ans de la Révolution Syrienne – Sorbonne a engagé une campagne d’information pour sensibiliser au sort de la Syrie et impliquer les étudiants de l’université. Leur manifeste fait clairement état de cette prise de conscience et d’une sensibilisation nécessaire : « Conscients qu’à travers la Révolution syrienne, ce sont les droits de l’Homme et la dignité humaine qui sont défendus, ils souhaitent mobiliser les étudiants pour que l’importance du soutien à la Révolution démocratique syrienne soit reconnue ». À Tolbiac, Saint-Charles, au Panthéon, à la Sorbonne, les étudiants volontaires se sont succédé pour distribuer tracts informatifs, et pour visionner un court-métrage en réalité augmentée sur Alep. Ils ont créé une page Facebook pour relayer articles et sites informatifs relatifs à la révolution syrienne. Le but ? Parler, échanger, renseigner, parce que « la révolution continue », nous déclare Media Ugurlu, 25 ans, syrienne et future étudiante en sciences politiques.

Ainsi plusieurs volontaires nous ont fait part de leur frustration concernant les décisions internationales entreprises à la suite de la révolution. « J’ai honte de l’immobilisme des pays occidentaux face aux crimes commis impunément en Syrie » nous révèle Hanna Rajbenbach, 24 ans, française, étudiante en Droit pénal international. « On n’est pas d’accord avec les trois candidats à l’élection présidentielle qui défendent Bachar ». Pour Ammar Almamoun, syrien de 27 ans et étudiant en Esthétique et Études culturelles, informer est devenu capital : « C’est une manifestation pour reconnaître qu’il y a quelque chose de mal qui se passe en Syrie, pour informer du crime contre l’humanité qui se déroule en Syrie. ». Il ajoute : « Même si les gens ne peuvent rien faire, il faut connaître et reconnaître la situation. Le 18 mars, c’est la puissance de dire non pour la première fois dans l’histoire récente de la Syrie ».

Le mois de mars a donc une résonnance particulière pour les étudiants réfugiés. Ghaith Alali, 19 ans, originaire de Homs et futur étudiant en Gestion et Finance, se rappelle d’un tournant fort de la révolution : « Je regardais à la TV un homme déchirer la photo d’Hafez al-Assad. Mon père, communiste, était très ému. J’avais 14 ans, mais j’ai petit à petit commencé à comprendre ce qu’il se passait. À partir de ce moment-là, les Homsiotes n’ont plus voulu être neutres. » Tammam Alomar, syrien de 30 ans et étudiant en Arts plastiques, parle, quant à lui, d’un « rêve et d’un espoir ». Il nous confie : « Je suis né le 18 mars 2011 ». Tammam a aussi réalisé de nombreux graphiques sur la révolution, publiés sur la page Facebook du Comité de soutien aux 6 ans de la Révolution Syrienne – Sorbonne.

Affiche du collectif « Le peuple syrien connaît son chemin », par Tammam Alomar

L’information et la lutte mémorielle sont également de mises dans les associations syriennes en France. Majd Massouh, 29 ans, chargé de développement à CODSSY (Collectif de Développement et Secours Syrien), s’inquiète de « l’oubli ». « Je ne veux pas entendre dans dix ans « il y a eu une guerre civile en Syrie », et qu’on ne parle pas de révolution pacifique ».

Les étudiants de la Sorbonne et les associations de soutien à la Révolution syrienne comptent sur la mobilisation de tous pour commémorer et défendre ce que furent les évènements de mars 2011 en Syrie. Le rendez-vous est fixé ce samedi 18 mars à 15h place du Panthéon.

Pour en savoir plus sur la mobilisation : page Facebook de l’évènement.



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