Strasbourg Opération « Un train pour la Syrie ». Les périls de l’inaction. Par Olivier Claudon

Article  •  Publié sur Souria Houria le 12 décembre 2012

Les participants ont débattu au TNS pendant qu’une délégation se rendait au Parlement européen pour sensibiliser les députés. Photo DNA – Christian Lutz-Sorg

Une centaine de personnes emmenées par Jack Ralite étaient hier à Strasbourg pour mobiliser autour de la cause syrienne. Si rien ne bouge, les djihadistes seront de plus en plus nombreux, ont-ils prévenu.

L’histoire n’est qu’un éternel recommencement. À Strasbourg il y a vingt ans, des réseaux de la société civile se mobilisaient pour tenter de faire cesser la guerre de Bosnie et le siège de Sarajevo, qui venaient de commencer au printemps.

Hier au Théâtre national de Strasbourg plus d’une centaine de personnes avaient répondu à l’appel des associations la Vague blanche, Souria Houria et l’Appel d’Avignon engagées dans le soutien à la révolution syrienne. Elles étaient pour la plupart venues en train de Paris dans le sillage de Jack Ralite, l’ancien ministre.

Tandis qu’une délégation accompagnée de l’adjointe au maire Nawel Rafik-Elmini se rendait au Parlement européen pour solliciter une reconnaissance ferme de la coalition nationale syrienne opposée au régime Assad, la majorité des militants ont échangé sur la situation syrienne. Et surtout sur les perspectives du conflit et les solutions pour faire cesser la guerre.

De Srebrenica à Alep et Homs…

Le lieu se voulait symbole car « c’est du monde que le théâtre se nourrit », a expliqué la directrice du TNS, Julie Brochen. Dans le même temps, « il faut se nourrir de la longue portée de mots pour anéantir les armes ».

Dans le couloir, une grande banderole opérait un raccourci sans fard entre la Bosnie d’hier et la Syrie d’aujourd’hui puisque derrière le slogan « Srebrenica, plus jamais ça ! » étaient énumérés les hauts lieux des combats syriens, Alep, Damas, Homs, Derra. Une façon de dire que l’irrésolution des nations engendre des drames. D’ailleurs, sur scène, le philosophe Jean-Luc Nancy, qui enseigna à Strasbourg, a jugé comparables les deux situations : « Ce qui était une revendication de démocratie d’un peuple se transforme en une complexité de rapports entre des communautés qui, de plus en plus, s’identifient comme telles ».

Il a en particulier fait état de la montée en puissance des islamistes et des djihadistes dans les rangs ou aux côtés de l’Armée syrienne libre (ALS).

Si leur nombre grandit, c’est en raison de l’absence de réactions de la communauté internationale, a dit le président de l’association Alsace-Syrie, Nazih Kussaibi. « Les Syriens aspirent à la liberté, la justice, l’égalité et la laïcité, a-t-il ajouté. Ce peuple se bat pour un régime démocratique où il n’y aurait pas de différences confessionnelles ou ethniques. L’ASL qui défend la population civile est dans sa grande majorité non islamiste. Mais la guerre dure et amène de plus en plus de combattants étrangers. D’où l’importance d’y mettre fin le plus rapidement possible. »

À défaut, la révolution pourrait bien être détournée.

source : http://www.dna.fr/actualite/2012/12/12/les-perils-de-l-inaction

date : 12/12/2012



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