Syrie : Al-Assad accusé de nier la réalité et d’inciter à la violence

Article  •  Publié sur Souria Houria le 11 janvier 2012

Les puissances occidentales ont vivement condamné le discours du président syrien Bachar Al-Assad, qui a dénoncé mardi un « complot international » pour déstabiliser la Syrie.

Les États-Unis ont accusé le président Al-Assad de nier toute responsabilité dans les violences qui secouent la Syrie depuis des mois. « Il est intéressant de souligner qu’au fil de son discours [le président] Al-Assad a réussi à montrer du doigt un complot étranger si vaste […] qu’il inclut désormais la Ligue arabe, la majorité de l’opposition syrienne et toute la communauté internationale », a déclaré la porte-parole du département d’État américain, Victoria Nuland.

« [Il] semble nier énergiquement toute responsabilité […] quant au rôle de ses propres forces » dans les violences, a-t-elle ajouté.

Même son de cloche du côté de la France. Selon le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, Bachar Al-Assad vit dans un « déni de réalité » en plus d’encourager les violences.

« C’est un discours aux antipodes de ce que l’on pouvait attendre. Il incite à la violence et à la confrontation entre les parties. C’est une sorte de déni de réalité », a estimé M. Juppé.

Le représentant permanent de l’Allemagne auprès de l’ONU, Peter Wittig, a de son côté affirmé ne voir « aucune volonté » dans le discours du président syrien pour faire cesser la répression.

Al-Assad garde le ton ferme

En plus de dénoncer un complot étranger dans son discours, le président Bachar Al-Assad a promis de combattre les contestataires de son régime d’une « main de fer ». Il a en outre assuré avoir le soutien de la population syrienne dans ses actions.

Sans surprise, l’opposition syrienne a elle aussi rejeté le discours du président, l’accusant de vouloir plonger le pays dans la guerre civile.

« Il semble que le pouvoir tienne à sa politique sécuritaire et répressive face au soulèvement populaire », a affirmé à l’AFP Hassan Abdel Azim, chef du Comité national pour le changement démocratique (CNCD), groupe d’opposition basé en Syrie.

« La tête du régime nous a gratifiés d’un discours dangereux dans lequel il a affirmé sa détermination à user de la violence contre notre peuple et à considérer la révolution comme un complot terroriste », a déclaré le chef du Conseil national syrien (CNS), basé à Istanbul, en Turquie.

« Il a ainsi coupé court à toute initiative arabe ou autre pour trouver une issue à la crise », a-t-il ajouté.

Le discours de Bachar Al-Assad survient deux jours après l’examen du premier rapport des observateurs de la Ligue arabe dépêchés en Syrie. La mission arabe a été très critiquée par l’opposition pour leur inefficacité à faire cesser les violences. Selon les Nations unies, 400 personnes ont été tuées depuis leur arrivée le 26 décembre. Deux observateurs koweïtiens ont par ailleurs été blessés lundi près de Lattaquié, selon le Koweït.

source: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2012/01/10/011-syrie-assad-discours-reactions.shtml



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