Syrie : Assad croit en sa victoire

Article  •  Publié sur Souria Houria le 31 mai 2013

Dans une interview à Al-Manar, la chaîne du Hezbollah, le président syrien a annoncé qu’il pourrait être candidat à sa succession et a menacé Israël.

Bachar el-Assad se présentera à la présidentielle 2014 "si le peuple le veut". © Sipa / Sipa

 

 

Bachar el-Assad s’est exprimé dans une interview à la chaîne Al-Manar, la chaîne du Hezbollah chiite libanais qui doit diffuser l’intégralité de l’entretien qu’elle a eu avec le président syrien. Il affirme qu’il sera candidat à la présidentielle 2014 si « le peuple le veut », au grand dam de l’opposition politique et militaire qui exige son départ du pouvoir. Parallèlement, il a déclaré qu’il y avait en Syrie « une véritable pression populaire » pour ouvrir le front du Golan avec Israël, qui occupe ce plateau depuis 1967. « Il y a une pression populaire claire pour ouvrir le front de résistance (contre Israël) au Golan (…) Il y a plusieurs facteurs, (dont) les agressions israéliennes répétées. » Par ailleurs, il affirme être « très confiant » dans la victoire de ses troupes face aux rebelles.

Malgré les difficultés à organiser une conférence de paix internationale visant à trouver une solution politique au conflit en Syrie, l’ONU a annoncé la tenue d’une réunion préparatoire le 5 juin à Genève entre représentants des États-Unis, de Russie et des Nations unies. Le régime Assad a donné son accord de principe à cette conférence initiée par Washington et Moscou, tout en refusant toute condition, notamment celle liée au départ du président. « Les prérogatives du président sont fixées par la Constitution et le président ne peut pas abandonner ses prérogatives, la Constitution ne lui appartient pas », a-t-il indiqué, affirmant que tout accord sera soumis à un « référendum populaire ».

Genève 2 sans l’opposition ?

De son côté, l’opposition a exclu sa participation tant que « des militants iraniens et du Hezbollah envahissent la Syrie » en allusion aux deux soutiens du pouvoir. Bachar el-Assad a d’ailleurs reconnu pour la première fois que ce puissant mouvement chiite combat aux côtés de ses troupes dans la ville stratégique de Qousseir (centre-ouest), proche de la frontière libanaise, que les loyalistes affirment être sur le point d’en reprendre totalement le contrôle. L’initiative de cette nouvelle conférence internationale sur la Syrie, après celle de 2012, baptisée « Genève-2 » et rassemblant notamment représentants du gouvernement syrien et de l’opposition, a été lancée début mai par les responsables des diplomaties russe et américaine, Sergueï Lavrov et John Kerry.

Alors qu’Israël s’inquiète de la livraison par la Russie de missiles S-300 au pouvoir à Damas, Bachar el-Assad, interrogé sur cette question, a implicitement reconnu en avoir reçu. « Les accords passés avec la Russie ne sont pas liés à la crise (…) Tous les accords passés avec la Russie seront honorés et une partie l’a déjà été dernièrement », a-t-il dit. « Les Russes et nous continuerons d’honorer ces accords. »

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a justifié mardi la livraison des missiles prévue en estimant qu’ils visaient à dissuader toute velléité d’intervention extérieure dans le conflit. Ces missiles ultramodernes peuvent détruire des avions ou des missiles guidés, et selon le ministre israélien des Affaires stratégiques Youval Steinitz, ils peuvent atteindre des avions au-dessus du principal aéroport israélien. Néanmoins, Israël avait auparavant déclaré qu’il ne voulait pas provoquer « d’escalade » avec la Syrie, mais ne permettrait pas le transfert d’armes « stratégiques » au Hezbollah, sa bête noire.

Riposte

Agitant la menace de l’ouverture d’un front avec Israël, qui a mené trois raids près de Damas contre des cibles militaires, M. Assad a dit qu' »il y a une pression populaire manifeste pour ouvrir le front de résistance (contre Israël) au Golan ». « Il y a plusieurs facteurs, (dont) les agressions israéliennes répétées », a-t-il dit. Le plateau du Golan a été occupé par Israël en 1967 et depuis cette date il n’y a pas eu de violences entre les deux pays, théoriquement en état de guerre. M. Assad a également prévenu que son régime allait « riposter à toute agression israélienne la prochaine fois », en référence aux frappes israéliennes.

À Washington, la porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC) a mis en garde la Russie sur de nouvelles livraisons d’armes à Bachar el-Assad, affirmant qu’elles ne feraient « que prolonger la violence ». Elle a estimé que la Russie devait plutôt « convaincre Assad de nommer une équipe dotée de pouvoirs réels pour négocier le transfert total de ses pouvoirs exécutifs à une instance gouvernementale de transition ».

Les combats se poursuivent sur le terrain

Sur le terrain, les combats continuent de faire rage dans le pays où plus de 94 000 personnes ont péri dans le pays en plus de deux ans selon une ONG syrienne, et poussé à la fuite plus de 5 millions de Syriens. À Qousseir, soldats et combattants du Hezbollah se préparent à y attaquer la dernière poche rebelle, alors que l’opposition a lancé un appel « urgent » à la communauté internationale pour sauver « plus de 1 000 civils blessés » piégés dans la ville. « La ville manque totalement de médecins, de personnel soignant et de kits d’aide de première urgence », a ajouté dans un communiqué la coalition de l’opposition.

La télévision syrienne a annoncé la prise du secteur d’Arjoune, une des dernières places fortes de la rébellion dans la ville. Le contrôle de Qousseir, cible d’un assaut lancé le 19 mai par l’armée et le Hezbollah, est essentiel pour la rébellion car la ville se trouve sur le principal point de passage des combattants et des armes de et vers le Liban, et pour le pouvoir, car elle relie Damas au littoral, sa base arrière

Source : http://www.lepoint.fr/monde/syrie-assad-pret-a-etre-president-en-2014-30-05-2013-1674769_24.php

Date : 30/05/2013



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