Syrie. La Coalition nationale réaffirme les bases de sa participation aux pourparlers de Genève 2 – par Ignace Leverrier

Article  •  Publié sur Souria Houria le 25 novembre 2013

Plusieurs hauts dirigeants de la Coalition nationale des Forces de la Révolution et de l’Opposition syrienne ont rappelé, le 21 novembre, sur quelles bases et à quelles conditions celle-ci entendait participer aux négociations de paix de Genève 2.

Farouq TAYFOUR (3)

Vice-président de la Coalition, Farouq Tayfour a d’abord confirmé que la délégation de l’opposition aux négociations de Genève 2 sera « unique et unifiée ». Il a affirmé que « la déclaration de Londres des Etats Amis du Peuple syrien constituera la référence de base de la Coalition à Genève ». Il a indiqué que « la Coalition a constitué deux équipes pour préciser sur quelles bases elle entend participer aux négociations. L’une de ces équipes sera chargée d’expliquer sa position et les principes qui la sous-tendent à l’Armée syrienne libre, aux Conseils locaux et aux autres organisations révolutionnaires en Syrie. L’autre dialoguera avec la communauté internationale pour lui exposer en détail ce que le peuple syrien attend et exige de cette conférence ».

Selon lui, l’Iran ne peut jouer aucun rôle à cette occasion. Il considère en effet que « l’Iran, qui est associé à l’assassinat des Syriens, fait partie du problème et ne peut donc en aucune manière contribuer à la solution ». Il a par ailleurs critiqué l’indifférence manifestée par la communauté internationale face à la mort des Syriens et dénoncé le refus des Russes d’entendre les autres points de vue sur la Syrie.

Badr JAMOUS

Pour Badr Jamous, secrétaire général de la Coalition, « c’est exclusivement à cette dernière que revient la responsabilité de constituer la délégation de l’opposition à Genève 2. La Coalition n’ira pas en Suisse pour y faire de la figuration, mais pour parvenir aux objectifs des négociations tels qu’ils figurent dans les conditions de la Coalition ».

Lou'ay SAFI

Louaï Safi a insisté de son côté sur le fait que la Coalition, dont il est le porte-parole, « n’acceptera la présence d’aucun autre organisme lors des négociations de Genève 2 », considérant que celle-ci est « la seule partie habilitée à choisir les membres de la délégation de négociation à la conférence ». Il a averti la communauté internationale que « la décision de la Coalition de participer n’est pas séparable des précisions qui l’ont accompagnée, à savoir la nécessité d’unabandon du pouvoir de Bachar al-Assad, le transfert du pouvoir à une structure de gouvernement intérimaire dotée de la totalité des prérogatives présidentielles, militaires et sécuritaires« . La Coalition a également conditionné sa présence à Genève à « l’accès des caravanes de secours à la totalité des régions actuellement encerclées et à la libération immédiate de tous les détenus« .

De son côté, l’Armée syrienne libre a salué « toute solution politique fondée sur le principe du jugement des criminels et à la mise en place d’une structure intérimaire disposant de toutes les prérogatives », y compris l’exclusion de Bachar al-Assad et de son entourage de l’avenir de la Syrie.

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De façon convergente, les responsables de la Coalition confirment donc leur intention de participer à la Conférence de paix de Genève 2. Elle correspond sans doute aux souhaits de nombreux Syriens. Ils veulent en finir avec une crise qui a fait sans résultat jusqu’ici des centaines de milliers de morts et de blessés. Ils veulent mettre un terme à l’errance des millions de citoyens jetés sur les routes à l’intérieur et à l’extérieur des frontières de la Syrie. Ils veulent voir cesser la destruction d’une partie considérable des infrastructures publiques et privées du pays. Ils veulent surtout interrompre la spirale de violence qui aboutit à faire oublier à la plupart des opinions publiques que la majorité de la population syrienne, qui ne veut pas voir une dictature religieuse se substituer à un régime autoritaire, corrompu et mafieux prétendument laïc, continue d’aspirer au changement, à la liberté, à la dignité et à la démocratie.

En affirmant, de manière également convergente, que c’est à la seule Coalition que revient la responsabilité de décider de la composition de la délégation de l’opposition à cette conférenceils ne ferment pas la porte aux autres composantes de cette opposition, ni même à tous ceux qui se sont récemment bousculés à Genève pour convaincre Russes et Américains d’intercéder en leur faveur. Mais, plaçant les Amis du Peuple syrien devant leurs responsabilités, ils leur rappellent qu’ils doivent se montrer cohérents avec eux-mêmes. C’est à la Coalition, toute imparfaite qu’elle soit, qu’ils ont décidé en novembre 2012 de reconnaître la légitimité de la représentation des aspirations de la population syrienne. Ils ne doivent donc pas tenter de lui imposer, pour siéger avec elle du même côté de la table, des hommes et des femmes dont les revendications, en-deçà des attentes de la population syrienne, contribueront à affaiblir leur position de négociation et faciliteront, volontairement ou non, le maintien au pouvoir de Bachar al-Assad et de son régime.

source : http://syrie.blog.lemonde.fr/2013/11/22/syrie-la-coalition-nationale-reaffirme-les-bases-de-sa-participation-aux-pourparlers-de-geneve-2/

date : 22/11/2013



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