Syrie : le double-jeu sadique d’Assad – Par Céline Lussato

Article  •  Publié sur Souria Houria le 21 décembre 2011

Le président syrien ouvre sa porte aux observateurs de la Ligue arabe… et continue de massacrer les manifestants.

Alors que le régime syrien affirme ouvrir le pays aux observateurs de la Ligue arabe, il poursuit plus que jamais, mercredi 21 décembre, sa répression implacable contre les opposants qui crient leur haine d’Assad lors des manifestations quotidiennes qui se poursuivent dans le pays.

Mardi, la Ligue arabe a confirmé l’envoi d’observateurs à partir de jeudi dans le pays.

Un déploiement d’observateurs qui aurait pu être salué par tous si les autorités syriennes n’avaient pas d’ores et déjà limité son champ d’action. L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch a appelé Damas à garantir « un accès total aux observateurs » à travers le pays. Or le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a expliqué lundi qu’ils pourraient « accéder aux points chauds mais pas aux points militaires sensibles ». Or, la plupart des villes syriennes sont encerclées par l’armée, voire quadrillées.

Répression accrue

Un déploiement qui aurait pu être salué par tous si la Syrie n’avait pas dans le même temps accru sa répression. Mardi a été la journée la plus meurtrière dans le pays a affirmé l’Observatoire des droits de l’Homme syrien. 250 personnes ont été tuées par le régime en seulement 48 heures selon le Conseil national syrien. « Une tuerie d’ampleur sans précédent » a dénoncé la France qui a appelé la Russie à « accélérer » les négociations au Conseil de sécurité sur son projet de résolution. « Tout doit être mis en œuvre pour faire cesser cette spirale meurtrière dans laquelle Bachar al-Assad entraîne chaque jour davantage son peuple », a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères français.

Le Conseil national syrien, qui en a appelé mercredi à la Ligue arabe et au Conseil de sécurité, a évoqué « un génocide à grande échelle dans les montagnes de Zaouia, à Idleb et Homs ».

Conditions non respectées

Un déploiement qui aurait pu être salué si les conditions préalables réclamées par les monarchies du Golfe, à la pointe de l’initiative arabe pour la sortie de crise, avaient été respectées. Celles-ci avaient non seulement exigé l’arrêt de la répression mais aussi la libération des détenus avant l’arrivée des observateurs. Non seulement les opposants continuent de tomber sous les balles, mais aucune libération n’a pu être enregistrée à quelques heures de l’arrivée programmée des observateurs. Assad joue une nouvelle fois cruellement sur deux tableaux.

source: http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20111221.OBS7299/syrie-le-double-jeu-sadique-d-assad.html



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