Syrie: les habitants de Treimsa racontent l’horreur

Article  •  Publié sur Souria Houria le 16 juillet 2012

Les observateurs de l’ONU et les journalistes qui ont pu se rendre à Treimsa commencent à donner des indications sur ce qui semble être le massacre le plus important depuis le début de la guerre civile en Syrie, qui aurait fait plus de 150 morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

Les observateurs de l’ONU, présents en Syrie, qui se sont rendus sur place à plusieurs reprises, ont estimé que l’attaque effectuée jeudi dernier « semblait viser des groupes et des maisons spécifiques, en majorité de déserteurs et de militants », mais ont indiqué que le bilan est « toujours incertain ». Ils ont souligné que « de nombreux types d’armes » avaient été utilisés, en particulier « de l’artillerie, des obus de mortiers et des armes légères », en violation du plan de sortie de crise de l’émissaire international Kofi Annan. Plusieurs témoins à Treimsa évoquent en outre des bombardements par des moyens aériens dans cette large vallée sans relief, couverte de champs ouverts.

Le régime syrien a démenti y avoir perpétré un massacre affirmant qu’il n’y a pas eu d' »attaque de l’armée contre des civils, mais des combats entre l’armée régulière et des groupes armés ». Il a nié avoir eu recours à l’artillerie lourde affirmant avoir combattu des « terroristes » dans cette localité sunnite du centre du pays.

Miliciens du régime

Les principaux artisans de la tuerie, dénoncent les témoins, sont les « chabbihas », les miliciens civils du régime, qui ont tué à l’arme blanche et procédé à de nombreuses arrestations. Les habitants racontent comment les maisons ont été soigneusement ciblées puis éventrées par les chars de l’armée, avant que les chabbihas ne les pillent systématiquement et y mettent le feu. Entre une vingtaine et une trentaine d’habitations ainsi que l’école de cette localité du centre du pays ont été incendiées lors de l’attaque perpétrée jeudi par l’armée.

« Bachar président »

L’hôpital semble avoir fait les frais d’un acharnement particulier, comme le montrent les importants dégâts qui lui ont été infligés. Sur les murs et les portes des boutiques, les soldats ont laissé des avertissements explicites: « Bachar président ou nous brûlons le pays! », « Vous êtes les rats et nous sommes les aigles ».

Dans le premier cimetière de la ville, les habitants ont creusé à la hâte une quarantaine de tombes il y a deux jours. Dans chacune reposent trois corps, recouverts de terre fraîchement retournée et de parpaings. Toutes les sépultures n’ont pas encore de nom.

 

Source : http://www.humanite.fr/monde/syrie-les-habitants-de-treimsa-racontent-lhorreur-500820

Date : 15/07/2012



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