Syrie : les hommes d’affaires s’engagent contre le régime, qui fête son dernier anniversaire du 8 mars

Article  •  Publié sur Souria Houria le 11 mars 2012

Alors que le régime syrien célèbre, ce 8 mars, le 49ème anniversaire du coup d’Etat mené par le Baath, en 1963, les désertions des hauts officiers, des hauts fonctionnaires et des hommes d’affaires se multiplient. Ce qui fait dire aux insurgés que le Baath fête son dernier anniversaire. Pourtant, le régime persiste dans la répression et serait prêt à éliminer 16 millions de Syriens pour se maintenir au pouvoir.

 

Des sources syriennes concordantes affirment que le ministre des Affaires étrangères Walid Al-Moallem, dont la démission avait été rejetée par Bachar Al-Assad, s’est récemment emporté contre des propos tenus par Maher Al-Assad, le frère du président chargé de la répression. Au cours d’une réunion restreinte, et face aux remarques sur le nombre important des victimes de la répression, notamment à Homs, Maher aurait cyniquement déclaré : « quand mon père (Hafez Al-Assad) a pris le pouvoir, la Syrie ne comptait que 8 millions d’habitants ». Ces propos qualifiés de « blague macabre », ont été interprétés, notamment par Al-Moallem, comme étant la preuve que « Maher est prêt à réduire la population à son niveau initial, pour permettre à la famille Assad de se maintenir au pouvoir ». Ce qui revient à dire que la famille Assad est prête à tuer 16 des 24 millions de Syriens. Ce qui revient également à dire que le régime reconnaît indirectement que l’opposition est majoritaire, démentant sa propagande qui s’articule sur le soutien massif des Syriens au président !

Or, la multiplication des désertions dans la haute fonction publique et dans la hiérarchie militaire affaiblit considérablement le régime. Après le contrôleur général des finances du ministère de la Défense, début janvier dernier, l’adjoint du ministre de l’Energie a rallié l’opposition, hier mercredi. Ce jeudi, un membre du conseil de la province d’Idlib a démissionné de ses fonctions ainsi que du parti Baath, appelant ses collègues à faire de même. Aujourd’hui aussi, trois généraux ont rejoint le Conseil militaire des déserteurs en Turquie, sans oublier le nombre croissant des officiers, sous-officiers, officiers de rang et soldats qui rejoignent l’insurrection.

Si les officiers déserteurs et les hauts fonctionnaires peuvent théoriquement être remplacés par le régime, décidé à poursuivre la répression, il n’en est pas de même pour les hommes d’affaires, de plus en plus nombreux à prendre leur distance du régime. En effet, ce 8 mars 2012 a vu la création du « Conseil des hommes d’affaires syriens » (Syrian Businessman Council), regroupant plusieurs hommes d’affaires syriens de l’intérieur et de l’étranger. Leur objectif est de « rassurer les investisseurs étrangers, privés et étatiques, sur l’avenir économique prometteur de la Syrie de l’après-Assad ».

Le Syrian Businessman Council (SBC), qui regroupe des hommes d’affaires de toutes les confessions et les ethnies, met toutes ses capacités financières et son expertise au service du peuple syrien pour traverser cette période avec le minimum de dégâts, et affirme qu’« il dispose des fonds nécessaires pour reconstruire le pays. La prochaine Syrie aura une économie forte et sera gérée avec rationalité et compétence. Les fonds qui seront injectés garantiront les intérêts des Syriens et de leurs partenaires étrangers, y compris étatiques ». Dans son communiqué, le SBC ajoute qu’« il a entrepris des contact avec les institutions régionales et internationales, économiques et politiques, pour renforcer la confiance mutuelles et donner sa vision de la Syrie nouvelle ». Enfin, le SBC encourage et soutient les efforts du Conseil National Syrien (CNS) afin de « concrétiser le rêve du peuple syrien et atteindre ses objectifs » (pour tout contact : Syrian.b.c@hotmail.com).

Ainsi, le régime semble condamné à oublier la date du 8 mars, l’anniversaire du coup d’Etat qui a propulsé le Baath au pouvoir en 1963, et qui a confisqué le pays depuis 49 ans. Les opposants syriens affirment que leur mouvement se poursuivra jusqu’à la chute du régime, et assurent que ce dernier ne fêtera pas son cinquantenaire.

source: http://www.mediarabe.info/spip.php?article2138



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