Syrie : l’ONU dans l’impasse

Article  •  Publié sur Souria Houria le 2 août 2011

Alors que 24 autres civils ont été tués par les tirs des forces de sécurité, lundi soir en Syrie, les Nations unies se divisent entre, d’un côté, l’Europe et les Etats-Unis qui veulent une résolution contre Damas, et de l’autre côté, la Russie et les pays émergents qui menacent d’opposer leur veto.

Conseil de sécurité ONU Nations uniesLes membres du Conseil de sécurité de l’ONU n’ont pas réussi à se mettre d’accord. (Reuters)

Même si une résolution était votée, Moscou et Pékin apposeraient un veto. Ainsi pourrait-on résumer les débats entre les membres du Conseil de sécurité des Nations unies au sujet de la situation en Syrie. Là où il y avait unanimité sur la Libye, la réunion, qui s’est déroulée dans la nuit de lundi à mardi, a été stérile. La Grande-Bretagne la France, l’Allemagne et le Portugal, soutenus par les Etats-Unis, veulent pousser à l’adoption d’une résolution condamnant la répression. Mais la Russie et la Chine, deux des cinq membres permanents du Conseil, avaient déjà menacé d’opposer leur veto à un projet de résolution, soutenues par les autres puissances émergentes (Brésil, Inde et Afrique du Sud).

Les discussions reprennent mardi, mais chacun devrait rester sur ses positions. Des diplomates ont indiqué aux agences de presse qu’il était probable que le Conseil de sécurité décide une simple déclaration, non contraignante. Pourtant, les Nations unies ont conscience de l’évolution inquiétante de la situation. Un haut responsable a ainsi signalé dans un rapport, rédigé à l’adresse des membres du conseil de sécurité, qu’en plus des morts –plus de 2.200 depuis le début des manifestations en mars–, on comptait 3.000 disparus et 12.000 personnes jetés en prison.

« L’horrible répression »

La journée de lundi n’a pas dérogé à la règle : plus de 150 personnes ont été interpellées. Alors que le Ramadan débutait, de nouvelles manifestations ont suivi la prière du soir, à la tombée de la nuit. Une contestation encore suivie d’une répression. Lundi soir, des tirs des forces de sécurité ont tué vingt quatre civils dans la soirée, a affirmé Rami Abdel Rahmane, chef de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme. Des chars de l’armée syrienne ont pilonné un quartier résidentiel à la périphérie de Hama, a déclaré un militant sur place, joint par téléphone.

Le régime, lui, continue d’évoquer une mission légitime. L’agence syrienne officielle Sana a assuré que « l’armée enlevait les barricades dressées par les groupes de saboteurs aux principales entrées d’Hama ». Les autorités évoquent par ailleurs de « vastes affrontements » contre des groupes bien organisés, à l’armement sophistiqué. A en croire les opposants, les manifestants ne sont pas armés. Mais la répression militaire a bel et bien un contre-effet : avec les prières nocturnes du Ramadan, la contestation s’amplifie. Une mobilisation grandissante que la communauté internationale ne pourra ignorer longtemps. L’Italie a d’ailleurs déjà lancé le mouvement en rappelant ses diplomates en poste en Syrie. Rome a dénoncé, comme Paris et Berlin, une « horrible répression » qui pourrait éminemment se transformer en guerre civile.

Source: http://www.lejdd.fr/International/Moyen-Orient/Actualite/Syrie-l-ONU-dans-l-impasse-366887/



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