Un hôpital roulant de Lyon à la Syrie – par Agnès Rotivel

Article  •  Publié sur Souria Houria le 20 décembre 2012

Pour transporter des installations médicales dans les zones contrôlées par les rebelles syriens, des volontaires ont pris la route à bord de six véhicules partis de France.

Depuis plus d’un an, la photographe Estelle des Dorides suit l’opposition syrienne en France, à travers ses manifestations ou l’arrivée de familles de réfugiés. Quand elle a appris que l’Union des organisations syriennes de secours médicaux (UOSSM) organisait un convoi pour la Syrie, elle a embarqué dans un camion. Cette organisation est composée d’associations de Syriens de Belgique, de Paris et de Lyon.

Une partie du convoi partie de Paris était composée d’un camion de 18 mètres arrivé de Belgique, médicalisé, avec une salle de radio et un cabinet médical ; un camion de 12 mètres rempli de médicaments, de vêtements et de couvertures ; et quatre camionnettes, en fait des ambulances équipées comme de véritables salles d’opération, pour soigner les blessés qui, en Syrie, ont souvent beaucoup de difficultés à rejoindre des hôpitaux pour y être soignés.

Beaucoup d’hôpitaux ont été détruits par les bombardements et, pour les blessés, le temps d’arriver à la frontière turque pour rejoindre un centre de soin, il est souvent trop tard.

L’ensemble du convoi s’est ensuite formé à Lyon et est parti pour Trieste, en Italie, où il a embarqué pour Mersin, en Turquie. La destination finale, à la frontière turco-syrienne, est restée secrète jusqu’au bout.

DE LONGUES ATTENTES AUX FRONTIÈRES

La photographe décrit d’interminables formalités administratives, au port, pour le passage des camions. Si les camions embarquent, certains membres de l’association doivent finalement prendre l’avion, faute de place à bord.

Une fois en Turquie, les tracasseries douanières sont interminables. Les Turcs redoutent que les médicaments ne soient vendus sur place sans payer les taxes. Il faudra du temps et des commissions versées aux douaniers avant que le convoi puisse partir avec ses papiers en règle.

En route pour la frontière syrienne, le convoi s’arrête dans des hôpitaux où sont soignés des Syriens. Les membres de l’équipe en profitent pour rencontrer aussi des réfugiés syriens des camps en Turquie ou d’autres qui vivent dans des appartements loués dans les villes qui bordent la frontière.

UNE DESTINATION TENUE SECRÈTE JUSQU’AU BOUT

À la frontière turco-syrienne, des files de camions attendent avant de pénétrer en Syrie où, par contre, il n’y a plus aucune formalité, car les comités locaux en charge de l’administration des communes syriennes passées aux mains de la rébellion n’ont pas réorganisé les douanes.

La destination du convoi en Syrie est toujours gardée secrète, de peur que l’armée ne bombarde l’hôpital en construction. Arrivé à destination, le matériel est remis au directeur de l’hôpital, dont le service des urgences devait ouvrir cette semaine.

source : http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Un-hopital-roulant-de-Lyon-a-la-Syrie-_EG_-2012-12-19-889625

date : 19/12/2012



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