Un journaliste syrien au tableau

Article  •  Publié sur Souria Houria le 13 avril 2015

Dans le cadre de l’opération «Renvoyé spécial» organisé par la Maison des journalistes (MDJ) et le CLEMI, des lycéens, élèves de première ES, de terminale L ainsi que des volontaires ont pu rencontrer Nabil Shofan, journaliste syrien originaire de Homs, aujourd’hui réfugié en France. Ils nous ont fait parvenir le compte rendu de cette rencontre.

«En 2011, lors du Printemps arabe, des manifestations pacifistes ont eu lieu en Syrie pour obtenir la démocratie et des libertés. Nabil Shofan travaillait dans un journal local qui relayait les événements et donnait son opinion. Il a été arrêté par les autorités qui lui ont dit : «Si tu donnes ton opinion, on te tue !». Il a donc décidé de s’installer en Jordanie où il a continué de travailler pour les médias syriens. Il sera arrêté par le gouvernement jordanien et va être ensuite torturé.

Nabil Shofan a pu donner aux lycéens son analyse de la situation dramatique que traverse son pays.
Nabil Shofan a pu donner aux lycéens son analyse de la situation dramatique que traverse son pays.

 

Nabil Shofan nous a indiqué que des pays étrangers étaient impliqués dans le conflit, comme l’Iran, l’Irak et les Etats-Unis. Le gouvernement syrien est aidé de manière indirecte par l’Iran et la Russie. L’organisation djihadiste DAESH est également présente dans le conflit, des individus de toutes nationalités viennent combattre en Syrie. Il n’y a cependant pas de combats entre DAESH et Bachar El-Assad, l’état islamique combat «The Free Syrian Army», l’Armée de la Syrie Libre. Nabil Shofan nous a expliqué que Bachar El-Assad et DAESH ont un but commun : supprimer les libertés. L’organisation État Islamique contrôle la majorité des points pétroliers syriens et irakiens, les combats sont aussi présents dans ces régions. Elle est très présente aussi dans les réseaux sociaux qu’elle utilise pour sa propagande. Nabil Shofan nous a appris que 200 000 familles chrétiennes vivaient à Homs avant sa chute et rappelé que le conflit syrien n’est pas un conflit de religions. Sur les 22 millions de Syriens, 10 millions ont migré vers d’autres pays principalement frontaliers.

Aujourd’hui, Nabil Shofan n’a plus de contact en Syrie et n’a pas connaissance directement des derniers événements qui s’y déroulent. Les derniers souvenirs qu’il a de son pays sont des enfants déscolarisés, des gens en colère et le ciel syrien rempli d’avions, ceux des forces loyalistes et ceux de l’armée américaine.

Nabil Shofan a terminé son intervention en parlant des élections en nous rappelant notre droit de vote et notre grande chance d’être né dans un pays libre ! Mais cette liberté, précieuse et fragile, tous les habitants du monde n’en jouissent pas !»

 



Abonnez-vous à notre newsletter