Yassine El-Hajj Saleh sur « l’industrie du meurtre en Syrie » – par Ignace Leverrier

Article  •  Publié sur Souria Houria le 16 mars 2014

Dans un nouvel article publié sur le site de l’Express, l’intellectuel Yassine El-Hajj Saleh démonte avec minutie « l’industrie du meurtre en Syrie« .  Trois années après le début du soulèvement populaire dans son pays, il souligne l’incongruité du maintien en place du régime de Bachar al-Assad, dont la puissance ne repose sur aucune légitimité populaire mais sur « deux systèmes stratégiques de type orwellien, le complexe de la peur, dont la fonction est d’interdire que les choses soient nommées par leurs noms, et le complexe du mensonge, dont la fonction est d’appeler les choses par d’autres noms que les leurs ». Ils « garantissent que les Syriens soient coupés de leurs conditions de vie réelles, qu’ils ne puissent ni les nommer, ni les maîtriser ».

Yassine El-Hajj SalehYassine El-Hajj Saleh

Né à Raqqa en 1961, élève brillant, Yassine El-Hajj Saleh a été admis en première année de médecine à l’Université d’Alep en 1977. Trois ans plus tard, âgé de 19 ans, il est jeté en prison pour appartenance à l’aile démocratique du Parti communiste syrien que dirige alors l’opposant Riyad Turk. Il y restera durant 16 ans. Après avoir décrit en 2006 « l’univers des anciens prisonniers politiques en Syrie« , il a raconté dans un recueil de textes publié en 2012 – Bi-l-khalas ya Chabab ! (A notre salut, les jeunes !) – ses pérégrinations entre différentes prisons et son expérience des geôles de son pays.

Il est entré en clandestinité dès les premiers jours du soulèvement syrien, dont il est considéré comme l’un des principaux théoriciens. Il lui fallait échapper à la liquidation qui menaçait les opposants et les activistes avant les djihadistes et les terroristes. Il a joué un rôle essentiel dans la mise en place des Comités Locaux de Coordination et, par ses articles publiés dans divers journaux et périodiques, il a contribué à la réflexion engagée sur le déroulement et la finalité de la révolution. Il ne s’est résolu à fuir son pays que lorsqu’il n’a pu faire autrement, pris en étau entre la barbarie du régime syrien et celle de l’Etat islamique d’Irak et du Levant.

Il réside désormais en Turquie, où il poursuit son travail de réflexion et d’analyse de la vie politique syrienne. Sa femme, Samira Khalil, elle aussi opposante de longue date, a été enlevée à Douma le 10 décembre 2013, en même temps que l’avocate Razan Zaytouneh avec qui elle travaillait, au sein de l’ONG Violations Documentation Center in Syria, à la collecte et à la diffusion d’informations sur les violations des Droits de l’Homme en Syrie par les parties en conflit.

source : http://syrie.blog.lemonde.fr/2014/03/14/yassine-el-hajj-saleh-sur-lindustrie-du-meurtre-en-syrie/

date : 14/03/2014



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